Changements Climatiques

Les changements du monde par le climat

Objectifs de réduction et équité : étude publiée par le PNAS

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Dans un article pulié par le PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America), des chercheurs proposent un système équitable de répartition des réductions d’émissions. Un système intéressant, mais qui n’est pas encore abouti.

Référence : Sharing global CO2 emission reductions among one billion high emitters, PNAS, 2009

Les discussions sur l’équité des réductions d’émissions sont plétores ; la notion de justice environnementale est inscrite dans la convention cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques, avec la notion de « responsabilité partagée mais différenciée » qui indique que la responsabilité historique des pays n’est pas la même. Par ailleurs, il se dégage globalement un accord sur la notion de « convergence » à long terme des émissions par têtes, toujours au nom de la justice environnementale (certains pays souhaitent que la convergence par tête soit également basée sur les émissions historiques).

La proposition de Chakravarty (et alii) est intéressante en ce qu’elle vise à construire un système de transition.

L’idée est relativement simple : étant donné les inégalités de revenus au sein des pays, il ne suffit plus de regarder les émissions moyennes de chaque pays, mais il faut regarder la répartition des émissions. Il faut que les gros émetteurs (individuels), quelle que soit leur localisation, fassent le plus d’efforts. En mettant la responsabilité de la réduction sur les plus gros émetteurs de CO2, le système propose de faire reposer la charge de changement global sur les plus riches.

Un scénario est proposé pour 2030 : l’objectif des 30 GtCO2 d’émissions à cette date (notons immédiatement que cet objectif ne permettrait pas d’atteindre l’objectif de 2°C de réchauffement…). Pour arriver à ce niveau d’émissions, il suffirait que les 1,30 milliards de personnes les plus polluantes descendent leurs émissions à un niveau de 9,6 tCO2 par an ; pendant ce temps, les 2,7 milliards de personnes les moins émettrices pourraient augmenter leurs émissions jusqu’à 1 tCO2 par an (alors qu’elles émettraient moins sinon). Les populations intermédiaires, qui sont situées entre 1 tCO2/an et 9,6 tCO2/an sont considérées comme restant à leur niveau d’émission « normal » (c’est à dire correspondant au business as usual).

Evolution des émissions par personnes, article de Chakravarty, 2009, PNAS

Evolution des émissions par personne, article de Chakravarty, 2009, PNAS

Commentaires

En reposant sur les émissions individuelles à partir des projections pays par pays de la consommation et de la répartition du revenu, cet article propose une vision intéressante de l’équité, plus susceptible d’être acceptée par les pays en développement.

Cependant, l’article n’indique aucun moyen concret pour arriver à cibler les « gros émetteurs » et pour donner au « très petits émetteurs » les moyens d’augmenter leurs émissions. L’article reste à un niveau extrèmement général d’analyse de l’équité. De plus, le système repose sur des projections, fortement susceptibles d’évoluer ; si celles-ci peuvent être modifiées, il n’en reste pas moins que le système repose sur des conjectures.

L’article ne dit rien sur les catégories intermédiaires (entre le plancher et le plafond d’émissions). Or celles-ci sont cruciales : les catégories intermédiaires doivent être pleinement intégrées puisque ce sont elles dont le taux de croissance des émissions est le plus important, avec l’accession à la consommation de masse et le désire d’accéder à la catégorie sociale supérieure.

Enfin, l’analyse propose un objectif de 30 GtCO2 par an… ce qui est très insuffisant si on vise une stabilisation des émissions à 450 ppm. Si on réduit les objectifs de réductions de manière plus drastique, une part bien plus importante de la population est affectée par les réductions (ce qui est logique) : ceci affaiblit sérieusement l’argument selon lequel il suffit de toucher les riches pour sauver la planète.

Ultime remarque : toutes ces analyses ne portent que sur le CO2 et les autres GES sont laissés de côtés… car le niveau d’émission est peu corrélé au niveau de revenu. Ce point est une limite sérieuse à l’analyse.

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