Changements Climatiques

Les changements du monde par le climat

Négociations internationales vers Copenhague : suivi des positions (1)

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Où en sont les négociations internationales sur le climat ? 1er épisode d’un suivi régulier de l’actualité, au travers des déclarations publiques dans la presse internationale.

Rappel des épisodes précédents :

Le compte à rebours est lancé avant la conférence de Copenhague qui doit se tenir en décembre prochain. La situation des négociations internationales semble pouvoir se décrire en quelques mots ainsi : les Etats-Unis vivent une évolution majeure de leur position avec l’acceptation pleine et entière de la réalité du réchauffement climatique, de la causalité anthropique et du rôle historique des pays industrialisés (voir par exemple un court article de l’AFP). Leur nouvelle loi Waxman-Markey est en cours d’adoption par le Congrès (les représentants ont voté pour, les Sénateurs devront s’exprimer bientôt) : elle prévoit une réduction de leurs émissions de 17% en 2020 par rapport à 2005, soit une réduction par rapport à 1990 de 4%. L’Union Européenne, qui n’a pas perdu huit années avec une administration Bush calamiteuse, fait un effort comparable en termes de réduction mais possède une significative avance  par rapport aux Etats-Unis (réduction de 20% en 2020 par rapport à 1990, voire 30% en cas d’accord international positif). L’UE veut jouer le rôle de leader dans la lutte contre le changement climatique : la Suède, qui Préside l’UE pour 6 mois, vient de lancer son plan d’action en faveur d’une économie efficace au plan énergétique. On devrait pouvoir compter sur le pays pour dynamiser les engagements de l’UE et coordonner les 27 en vue de Copenhague. En Australie, grâce au changement de majorité gouvernementale (démocrates au pouvoir), la situation semble également s’améliorer… bien que rien ne soit acquis : la bataille législative fait rage actuellement (l’opposition libérale, qui peut bloquer le processus de décision est divisée sur le sujet). De plus, il faut rappeler que les émissions australiennes ont dérapé depuis 2005, tout comme au Canada ou en Nouvelle-Zélande (ce qui fait dire au gouvernement Néo-Zélandais que l’objectif d’atténuation pour 2020 sera « une tâche difficile » à réaliser). Nouvelle-Zélande et Australie doivent prochainement rencontrer les autres nations du Pacifique lors d’une réunion du CAIRN, ce qui pourrait être un moment opportun pour faire avancer les négociations, selon Yvo De Boer (responsable des négociations internationales sur le climat). Au Japon, l’actuel gouvernement n’est prêt à s’engager qu’à une réduction de 15% en 2020 par rapport à 2005… mais une alternance historique pourrait avoir lieu au mois d’août à la faveur d’élections anticipées très favorables au l’actuelle opposition démocrate.

Mais la Chine ne cesse de rappeler les chiffres du GIEC : il faut que tous les pays industrialisés réduisent leurs émissions de 25 à 40% en 2020 par rapport à 1990 si on veut avoir une chance d’atteindre l’objectif de +2°C de réchauffement en 2100 par rapport à la période pré-industrielle. Or, seul l’engagement Européen permettrait d’atteindre cet objectif. L’Inde est dans une posture encore plus radicale que celle de la Chine. Les Pays les Moins Avancés, les petits Etats îles (OASIS), le G77 veulent des engagement très forts en termes de réductions (90% de réductions mondiales en 2050) et en termes d’aide à l’adaptation (ils sont les plus touchés…).

La guerre des nerfs se joue entre les Etats-Unis, la Chine et l’Inde. L’UE essaie de fluidifier les relations et de passer pour le gentil-proactif…

Eléments lors des semaines du 20 et du 27 juillet :

l’Inde garde une position très ferme sur la scène internationale : lors d’une visite de deux jours de Hillary Clinton, le ministre de l’environnement Jairam Ramesh réaffirme que l’Inde n’est pas prête à s’engager à des réductions d’émissions obligatoires, alors qu’elle a un niveau d’émissions par tête très faible et que la responsabilité historique des Etats-Unis est sans commune mesure.

-Le Secrétaire au commerce  des Etats-Unis Gary Locke avait annoncé la semaine dernière que les consommateurs devaient payer pour le carbone compris dans leurs biens de consommation… les émissions liées à la production de biens exportés ne seraient plus de la responsabilité du pays producteur ; position position particulièrement intéressante pour la Chine (et qui ne paraît par complètement infondée au plan de la justice sociale). Mais dans une nouvelle déclaration, Gary Locke a rappelé que les pays développé engageaient beaucoup de moyens pour lutter contre le réchauffement climatique et que les pays émergents, comme la Chine, devaient faire de même. En résumé : « ils doivent payer comme nous ».

Mais il est difficile de lire dans ce genre de déclarations une évolution des positions officielles… et on retiendra plutôt la tenue d’une conférence de presse commune entre la Chine et les Etats-Unis il y a quelques semaines, ainsi que les déclarations rassurantes des négociateurs, tel Todd Stern. Ce qui est certain, c’est qu’un accord digne de ce nom devra se faire grâce aux deux géants.

-Ban Ki-moon, secrétaire général des NU, publie une tribune appelant les pays en développement, en particulier la Chine, à accroître encore ses efforts, et souligne le rôle crucial joué par ce pays dans les négociations internationales.

– Déforestation : tandis que la déforestation accélère encore (l’Indonésie pourrait perdre toute sa forêt primaire d’ici 2015) dans une tribune Wangari Maathai, Prix Nobel, appelle à la protection des forêts du continent Africain, tout en rappelant la nécessité de justice et d’aide aux plus pauvres, conditions sans lesquelles toute lutte contre le changement climatique serait veine. Rappelons que les pays Africains semblent désormais très concernés par les changements climatiques, mais qu’ils ont besoin d’aide, en particulier pour pouvoir s’adapter (alors que leurs besoins de réductions sont très faibles, vu le niveau de leurs émissions actuelles)…  Ils tentent de s’organiser de telle sorte que leur demande soit unique lors de Copenhague (le Président de Namibie rappelle cette nécessité.)

2 Réponses

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  1. […] 10 août 2009 Négociations internationales vers Copenhague : suivi des positions (2) Posted by ToM under Bonnes nouvelles, Institutionnel : action internationale, Mauvaises nouvelles, Monde, Négociations internationales, changements climatiques | Mots-clefs: atténuation, discussions, Négociations internationales, positions, UNFCCC | Leave a Comment  Voir l’article précédent. […]

  2. […] à effet de serre, Kyoto, Yvo de Boer | Leave a Comment  Voir les épisodes précédents : (1), (2). Voir les posts sur les discussions à Bonn : 1, […]


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