Changements Climatiques

Les changements du monde par le climat

Position durcie de l’Afrique dans les négociations internationales sur le climat

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La situation de l’Afrique, dans les négociations internationale, est particulière : principale victime et peu responsable des émissions de gaz à effet de serre (GES), le continent noir vise un accord réellement ambitieux à Copenhague.

  • Lors d’une réunion à Addis Abeba lors de la dernière semaine d’août les gouvernements ont discuté de leurs besoins de financements. Il les estiment à 67 milliards de $ par an pour l’adaptation et à 200 milliards de $ par an pour l’atténuation (développement sans émissions de GES). Mais l’argent ne suffira pas : le transfert de technologie et les capacités de constructions doivent être également comprises dans l’accord, selon l’Union Africaine. Les mécanismes de financements actuels (issus du protocole de Kyoto) ne sont pas adaptés au continent : l’Afrique n’héberge que 32 des 1800 « Mécanismes de développement propres », sensés permettre des transferts de technologie.
  • Comme le rappelle cet article, malgré une position commune, les pays d’Afrique n’ont pas tous les mêmes intérêts. Par exemple, concernant le mécanisme REDD qui vise à permettre des transferts de capitaux en échange de préservation de la forêt, il est évident que le Congo est bien plus concerné que le Soudan… Les gains financiers potentiels découlants de ce mécanisme sont très disparates. Pourtant ils se sont mis d’accord pour une représentation unique afin d’être plus forts, ce qui indique le niveau d’inquiétude du continent.
  • Les données scientifiques en Afrique manquent cruellement : la connaissance des impacts du réchauffement climatique est malheureusement limitée et probablement sous-estimée. Et lorsque les connaissances s’améliorent, ce n’est généralement pas pour rassurer les Africains. Une étude  proposée par une entreprises d’analyse des risques globaux (Maplecroft) a classé les pays selon leur degré de risques liés aux changements climatiques. Sur les 28 pays classés dans « risques extrêmes », 22 sont Africains. En comparaison, la plupart des pays développés (responsables des émissions) sont classés dans les catégories « risques faibles »  ou « très faibles ».
  • Dans ce contexte, les pays africains font monter la pression (voir ici également ou cet article du monde). Lors d’une seconde réunion à Addis Abeba le 3 septembre (Forum de Partenariat Africain), le Premier Ministre Ethiopien Meles Zenawi a prévenu que l’Afrique ne validerait pas un accord ne correspondant pas aux exigences minimales du continent. Il a même menacé de quitter les négociations en cas de discussions dangereuses.

Peu de temps avant, lors d’une réunion spéciale de l’Union Africaine en Libye, les 53 membres de l’UA ont  décidé de confier à Meles Zenawi la direction de la délégation unique qui se rendra à Copenhague. Cette désignation qui devrait renforcer la voix de l’Afrique est le fruit de 7 ans de travail de l’Union Africaine.

La position défendue est celle élaborée depuis quelques mois/semaines :

– réductions des pays développés de 40% de leurs émissions en 2020 et de 80% en 2050 par rapport à 1990. Cette position est en accord avec les exigences portées par la Chine et l’Inde notamment et elle correspond au haut de la fourchette des besoins de réductions d’après le GIEC pour limiter le réchauffement à 2°C.

-67 milliards de dollars par an au titre de l’adaptation. (Pour comparaison, daprès le Graham Research Institute, le changement climatique pourrait coûte 30 milliards de$ par d’ici 2015 et entre 50 et 100 milliards par an d’ici 2030)

-200 milliards de dollars par an au titre de l’atténuation.

-modification du régime de propriété intellectuelle pour le solaire et autres technologies vertes afin de faciliter leur accessibilité.

Ces revendications ne semblent pas dépasser les besoins nécessaires, au regard des connaissances actuelles.

  • L’Afrique du Sud est en train d’élaborer sa stratégie de lutte contre le changement climatique (atténuation et adapation), qui sera progressivement mise en place entre 2010 et 2012.

2 Réponses

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  1. […] Kyoto, positions, zenawi | Leave a Comment  Suite à l’article précédent sur la position de l’Afrique dans les négociations […]

  2. […] industrialisés. Mais cette annonce est loin de sembler suffisante (il n’y a qu’à voir les demandes de l’Afrique…), et elle est en recul par rapport au plan précédent (qui prévoyait 24 milliards par an), comme […]


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