Changements Climatiques

Les changements du monde par le climat

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En bref et en vrac sur l’actu des négo climat

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Quelques infos sur l’actualité du climat, en bref.

Débriefing Copenhague

  • Le gouvernement américain lance un site internet d’informations scientifiques sur le climat : http://www.climate.gov/. Il semble assez clair que le gouvernement cherche à contrer la vague « climato sceptique » qui déferle sur les Etats-Unis, mais également ailleurs (notamment au Royaume-Uni). Au delà du pseudo « climate gate » et autres critiques superficielles du GIEC, il y a peut être lieu de se demander si le « climato scepticisme » n’est pas en plein essor du fait de l’échec de Copenhague. La réaction consistant à adopter la politique de l’autruche (non non, y a rien à voir !) serait logique, puisqu’on anticipe de graves conséquences liées aux changements climatiques… et qu’on est incapable de se mettre d’accord.
  • Les Etats-Unis critiquent la Chine et l’Inde, qui ont tenu des propos  de remise en cause de l’accord de Copenhague, au profit des négociations formelles dans le cadre de l’UNFCCC. Les deux pays n’ont d’ailleurs pas signifié explicitement leur approbation de l’accord, bien qu’ils aient respecté le délai pour indiquer leurs objectifs de réductions d’émissions.

On peut comprendre l’agacement des Etats-Unis, tout comme celui des pays opposés à l’Accord de Copenhague : si cet accord existe, c’est bien que la Chine et l’Inde (notamment) ont accepté de mener des négo parallèles au processus officiel à Copenhague. Donc de faire un enfant dans le dos du G77. Et maintenant, les deux gros émergents réaffirment leur volonté d’être fidèle au mariage ! Y a comme qui dirait une légère ambiance malsaine…

  • Malgré tout, les « négociations parallèles » et groupes de discussions restreints semblent avoir un bel avenir devant elles : les Etats-Unis les privilégient pour l’opérationalisation de l’accord -notamment sur la question des transferts de technologies-, tandis que le Président Mexicain critique la règle de l’unanimité en vigueur pour les décisions de l’ONU.
  • On trouvera ici d ‘intéressantes analyses a posteriori des négociations de Copenhague, et notamment des relations sino-américaines.
  • Justement, concernant la position chinoise, cet article du Guardian (22 décembre) mérite le coup d’oeil : il critique vertement la position de la Chine. Personnellement, je ne partage pas toutes les analyses -plus exactement, je crois qu’il existe des arguments honnêtes explicatifs à la position chinoise et qui ne sont pas mentionnés dans l’article-, malgré tout cette description interne du déroulement de la réunion au sommet est très instructive. Un argument qui n’est pas évoqué est que l’engagement de réduction des émissions de la Chine est réel et important, qu’il rentre dans la fourchette du GIEC pour atteindre l’objectif du +2°C, alors que les engagements des pays développés sont très loin de rentrer dans la fourchette nécessaire. C’est un élément de poids tout de même…

A rebours des critiques britanniques contre la Chine, le Premier Ministre Danois Rasmussen se félicite du rôle de Pékin à Copenhague. En même temps, vu la gestion de la conférence par Rasmussen, on n’a plus trop envie de l’écouter celui-là.

  • Cet autre article du Guardian (11 février) relate l’existence d’un document d’analyse interne à l’administration chinoise. Celle-ci critique fortement l’action des pays développés qui auraient monté « une conspiration » pour diviser les pays en développement (pays émergents VS petits Etats iles et pays vulnérables). Encore une fois, la critique de la position chinoise (presque créditée de paranoïa) peut s’expliquer : pourquoi (mais pouquoi !?) les pays développés ont-il bloqué les négociations dans la suite du protocole de Kyoto ?… Cependant, il est vrai que la coalition du G77 ne pourra probablement pas durer indéfiniment, et que sa rupture de fera au détriment de la Chine.

Depuis Copenhague

  • Le Président chinois Hu Jintao réaffirme la volonté de la Chine de lutter contre les changements climatiques, notamment par une politique nationale ambitieuse. On rappelle que l’objectif phare de réduction de l’intensité énergétique de 40 à 45% d’ici 2020 par rapport à 2005 est un réel objectif ambitieux. Hu rappelle aussi la nécessité de continuer les négo dans le cadre de l’UNFCCC. Mais en même temps, le négociateur en chef pour la Chine, Yu Qingtai, déclare que les divergences sont très importantes et qu’un accord sera difficile : il ne s’attend pas à ce que les positions évoluent de manière significatives.
  • Du côté des Etats-Unis, on est toujours suspendu aux bonnes volontés du Sénat. Il semblerait qu’un projet de loi avance désormais rapidement. Rappelons qu’Obama a annoncé la semaine dernière un soutien pour la relance de la filière nucléaire, ainsi qu’au CCS (capture et séquestration du carbone), afin d’obtenir un soutien de la part des Républicains. Ces derniers sont vraiment des ****** (adjectif peu élogieux de votre choix) : après avoir fait déraper les émissions de GES des Etats-Unis pendant 10 ans sous l’ère Bush (ce qui conduit le monde sur un chemin de réchauffement bien supérieur à 2°C et avec d’innombrables complications dans les négociations internationales et des problèmes de justice internationale très importants), ils réussissent maintenant à pousser les Etats-Unis vers des solutions non durables et facteurs de nouveaux problèmes majeurs qui concerneront l’ensemble du monde (déchets nucléaires et prolifération etc.).
  • Suite des négos : les Nations Unies ont décidé d’une réunion à Bonn du 9 au 11 avril afin de déterminer le calendrier des négociations.
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Négociations internationales vers Copenhague : suivi des positions (1)

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Où en sont les négociations internationales sur le climat ? 1er épisode d’un suivi régulier de l’actualité, au travers des déclarations publiques dans la presse internationale.

Rappel des épisodes précédents :

Le compte à rebours est lancé avant la conférence de Copenhague qui doit se tenir en décembre prochain. La situation des négociations internationales semble pouvoir se décrire en quelques mots ainsi : les Etats-Unis vivent une évolution majeure de leur position avec l’acceptation pleine et entière de la réalité du réchauffement climatique, de la causalité anthropique et du rôle historique des pays industrialisés (voir par exemple un court article de l’AFP). Leur nouvelle loi Waxman-Markey est en cours d’adoption par le Congrès (les représentants ont voté pour, les Sénateurs devront s’exprimer bientôt) : elle prévoit une réduction de leurs émissions de 17% en 2020 par rapport à 2005, soit une réduction par rapport à 1990 de 4%. L’Union Européenne, qui n’a pas perdu huit années avec une administration Bush calamiteuse, fait un effort comparable en termes de réduction mais possède une significative avance  par rapport aux Etats-Unis (réduction de 20% en 2020 par rapport à 1990, voire 30% en cas d’accord international positif). L’UE veut jouer le rôle de leader dans la lutte contre le changement climatique : la Suède, qui Préside l’UE pour 6 mois, vient de lancer son plan d’action en faveur d’une économie efficace au plan énergétique. On devrait pouvoir compter sur le pays pour dynamiser les engagements de l’UE et coordonner les 27 en vue de Copenhague. En Australie, grâce au changement de majorité gouvernementale (démocrates au pouvoir), la situation semble également s’améliorer… bien que rien ne soit acquis : la bataille législative fait rage actuellement (l’opposition libérale, qui peut bloquer le processus de décision est divisée sur le sujet). De plus, il faut rappeler que les émissions australiennes ont dérapé depuis 2005, tout comme au Canada ou en Nouvelle-Zélande (ce qui fait dire au gouvernement Néo-Zélandais que l’objectif d’atténuation pour 2020 sera « une tâche difficile » à réaliser). Nouvelle-Zélande et Australie doivent prochainement rencontrer les autres nations du Pacifique lors d’une réunion du CAIRN, ce qui pourrait être un moment opportun pour faire avancer les négociations, selon Yvo De Boer (responsable des négociations internationales sur le climat). Au Japon, l’actuel gouvernement n’est prêt à s’engager qu’à une réduction de 15% en 2020 par rapport à 2005… mais une alternance historique pourrait avoir lieu au mois d’août à la faveur d’élections anticipées très favorables au l’actuelle opposition démocrate.

Mais la Chine ne cesse de rappeler les chiffres du GIEC : il faut que tous les pays industrialisés réduisent leurs émissions de 25 à 40% en 2020 par rapport à 1990 si on veut avoir une chance d’atteindre l’objectif de +2°C de réchauffement en 2100 par rapport à la période pré-industrielle. Or, seul l’engagement Européen permettrait d’atteindre cet objectif. L’Inde est dans une posture encore plus radicale que celle de la Chine. Les Pays les Moins Avancés, les petits Etats îles (OASIS), le G77 veulent des engagement très forts en termes de réductions (90% de réductions mondiales en 2050) et en termes d’aide à l’adaptation (ils sont les plus touchés…).

La guerre des nerfs se joue entre les Etats-Unis, la Chine et l’Inde. L’UE essaie de fluidifier les relations et de passer pour le gentil-proactif…

Eléments lors des semaines du 20 et du 27 juillet :

l’Inde garde une position très ferme sur la scène internationale : lors d’une visite de deux jours de Hillary Clinton, le ministre de l’environnement Jairam Ramesh réaffirme que l’Inde n’est pas prête à s’engager à des réductions d’émissions obligatoires, alors qu’elle a un niveau d’émissions par tête très faible et que la responsabilité historique des Etats-Unis est sans commune mesure.

-Le Secrétaire au commerce  des Etats-Unis Gary Locke avait annoncé la semaine dernière que les consommateurs devaient payer pour le carbone compris dans leurs biens de consommation… les émissions liées à la production de biens exportés ne seraient plus de la responsabilité du pays producteur ; position position particulièrement intéressante pour la Chine (et qui ne paraît par complètement infondée au plan de la justice sociale). Mais dans une nouvelle déclaration, Gary Locke a rappelé que les pays développé engageaient beaucoup de moyens pour lutter contre le réchauffement climatique et que les pays émergents, comme la Chine, devaient faire de même. En résumé : « ils doivent payer comme nous ».

Mais il est difficile de lire dans ce genre de déclarations une évolution des positions officielles… et on retiendra plutôt la tenue d’une conférence de presse commune entre la Chine et les Etats-Unis il y a quelques semaines, ainsi que les déclarations rassurantes des négociateurs, tel Todd Stern. Ce qui est certain, c’est qu’un accord digne de ce nom devra se faire grâce aux deux géants.

-Ban Ki-moon, secrétaire général des NU, publie une tribune appelant les pays en développement, en particulier la Chine, à accroître encore ses efforts, et souligne le rôle crucial joué par ce pays dans les négociations internationales.

– Déforestation : tandis que la déforestation accélère encore (l’Indonésie pourrait perdre toute sa forêt primaire d’ici 2015) dans une tribune Wangari Maathai, Prix Nobel, appelle à la protection des forêts du continent Africain, tout en rappelant la nécessité de justice et d’aide aux plus pauvres, conditions sans lesquelles toute lutte contre le changement climatique serait veine. Rappelons que les pays Africains semblent désormais très concernés par les changements climatiques, mais qu’ils ont besoin d’aide, en particulier pour pouvoir s’adapter (alors que leurs besoins de réductions sont très faibles, vu le niveau de leurs émissions actuelles)…  Ils tentent de s’organiser de telle sorte que leur demande soit unique lors de Copenhague (le Président de Namibie rappelle cette nécessité.)