Changements Climatiques

Les changements du monde par le climat

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Copenhague est mort ! Vive…. vive quoi ?

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Nous en avons désormais la confirmation : malgré les paroles rassurantes des leaders maximo, le monde va vers un réchauffement climatique bien au-delà de 2°C en 2100 par rapport à l’ère pré-industrielle. Les pays industrialisés sont clairement responsables de cette situation, qui s’avèrera dramatique pour des centaines de millions de personnes.

Le secrétariat de la Convention Cadre des Nations Unies contre les Changements Climatiques vient de publier les engagements de réduction de leurs émissions des pays industrialisés ainsi que les engagements d’actions nationales appropriées pour les pays en développement, comme le prévoyait l’Accord de Copenhague qui fixait la date limite de contribution au 31 janvier. A noter cependant que cette « date butoir » est considérée comme « flexible »…

Accord de Copenhague : un raisonnement inversé

Tout d’abord, avant d’analyser l’actualité, je me permets un petit commentaire sur la construction de l’Accord de Copenhague.

Les dirigeants avaient beau jeu d’affirmer qu’un grand progrès avait été réalisé par l’inscription de l’objectif « +2°C » en 2100 dans l’Accord de Copenhague ; il est même évoqué la possibilité de revoir à la baisse cet objectif à 1,5°C ! Miracle ? Non, mirage !

We agree that deep cuts in global emissions are required according to science, and as documented by the IPCC Fourth Assessment Report with a view to reduce global emissions so as to hold the increase in global temperature below 2 degrees Celsius, and take action to meet this objective consistent with science and on the basis of equity.
(…)
We call for an assessment of the implementation of this Accord to be completed by 2015, including in light of the Conventionís ultimate objective. This would include consideration of strengthening the long-term goal referencing various matters presented by the science, including in relation to temperature rises of 1.5 degrees Celsius.

Inscrire un tel objectif est louable, mais trompeur. On pourrait croire que cet objectif a des implications fortes et directes en termes de réductions des émissions de gaz à effet de serre, auquel cas son inscription relèverait effectivement d’un progrès. En réalité, le raisonnement est inversé et fausse cette appréciation.

En effet, à l’heure actuelle, du fait de la complexité du système climatique, les sciences sont incapable de nous dicter précisément le chemin qui permettrait d’atteindre avec certitude cet objectif en termes d’émissions globales. Il existe encore trop d’incertitudes et d’effets incompris ou non quantifiés (boucles de rétroactions, qu’elles soient positives ou négatives…) -et il est peu probable qu’on arrive un jour à une telle certitude-. En conséquence, les sciences ne peuvent que nous indiquer des probabilités d’atteindre un objectif de température en fonction d’un chemin d’émissions. Par exemple, avec une réduction de 50% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) en 2050 par rapport à 1990, on peut espérer atteindre l’objectif de +2°C avec 80% de chances (nota : en réalité, ce qui compte ne sont pas les émissions à une date donnée, mais l’ensemble des émissions cumulées sur toutes les années ; l’année 2050 est ici considérée comme un « point de passage » représentatif du chemin suivi).

Dans ces conditions d’incertitude, comment faut-il lire l’objectif de l’Accord de Copenhague ? Lorsque les pays s’engagent à préserver l’accroissement de température à moins de 2°C, est-ce avec 100% de chances ? 80% ? 50% ? 20% ? Il faudrait que la précision soit apportée pour en déduire un « budget d’émissions » mondial. Or ce n’est pas le cas, ce qui transforme l’objectif du 2°C est en un rideau de fumée. Une formulation qui aurait été honnête eut été quelque chose du style :

« nous nous engageons à réduire les émissions mondiales de W% en 2020, de X% en 2050 par rapport à 1990, de telle sorte que le budget global d’émissions mondiales soit de Y Gtonnes de Carbone. Ceci permettra à la communauté internationale d’atteindre l’objectif de limiter le réchauffement à 1,5°C en 2100 avec une probabilité de 65% et à 2°C en 2100 avec une probabilité de 80% en l’état actuel des connaissances scientifiques »

Pourquoi les Etats ont-ils raisonné ainsi alors ? Ceci s’explique par le fait que le GIEC dans son dernier rapport (2007) propose une série d’indicateurs qui permettraient (conditionnel) d’atteindre l’objectif de 2°C. A cette époque, le GIEC ne disposait alors pas de quantification de probabilité, faute de données suffisantes. Les pays se sont donc reposés sur les chiffres clés suivants :

– réduction de 25 à 40% des émissions des pays industrialisés en 2020 par rapport à 1990, avec une déviation substantielle de tous les autres pays (exceptés les Pays les Moins Avancés) par rapport à leur tendance « business as usual » (soit une réduction de 15 à 30% par rapport à la trajectoire tendancielle)

– un maximum des émissions mondiales d’ici 2015

– réduction de 50 à 80% des émissions mondiales en 2050 par rapport à 1990.

On sait déjà que Copenhague n’a pas permis de fixer des objectifs comparables aux deux derniers points : tout au plus, il est mentionné que le maximum des émissions mondiales doit être atteint « aussi vite que possible » (sic). Le refus de fixer des réductions globales en 2050 a été porté par les pays émergents, qui veulent d’abord savoir à quoi s’engagent les pays développés pour savoir ce qu’il leur restera !

Aujourd’hui, nous pouvons comparer les engagements des pays sur le premier point (cf. paragraphe qui suit). Mais évidemment, se situer dans le haut ou dans le bas de la fourchette indiquée (25 ou 40%) a des conséquences en termes de probabilité d’atteindre l’objectif mondial ! Pourtant, les décideurs des pays développés se sont toujours contentés de vouloir atteindre le bas de la fourchette, comme si cela était aussi bien que d’atteindre le haut… Mais prenons acte de cet objectif  a minima ; est-on parti pour le respecter ?

Engagements dans le cadre de l’Accord : insuffisants pour les pays développés

Les pays avaient jusqu’au 31 janvier pour annoncer leur signature à l’Accord et leurs engagements de réductions ou d’actions nationales. Le Secrétariat a publié la liste en fin de journée.

Pas de bonne surprise : les engagements des pays industrialisés sont trop faibles pour atteindre le bas de la fourchette qui leur est fixée. D’après mes calculs (un premier ordre de grandeur), les engagements ne peuvent permettre une réduction agglomérée des pays industrialisés comprise entre 16% et 21%(*) par rapport à 1990, soit bien en-dessous de l’objectif minimum de -25%.

Concernant les pays en développement, les engagements respectifs de la Chine et du Brésil sont ambitieux : le Brésil veut réduire ses émissions de 36 à 39% par rapport à la trajectoire, tandis que la Chine veut (notamment) réduire son intensité énergétique de 40 à 45% d’ici 2020. L’Inde est moins ambitieuse avec une réduction de l’intensité énergétique de 20 à 25%, mais cela se comprend car ses émissions par tête sont bien moindres que celles du Brésil et de la Chine.

A noter que certains pays, tels que les Maldives, s’engagent à la neutralité carbone en 2020, soit une réduction de 100%.

Le monde se dirige sur un chemin bien loin de respecter l’objectif affiché de 2°C, par la faute des pays développés. De plus, l’objectif supposé de 1,5°C, que les Etats se disent prêts à envisager en 2015, ne sera plus atteignable à cette date, si les pays restent sur les trajectoires qu’ils affichent actuellement.

Copenhague est mort ! Vive… vive quoi ?

Rappelons que l’Accord de Copenhague est un processus bâtard : il a été décidé dans le cadre des négociations de la Convention Cadre des Nations Unies, mais il ne lui appartient pas car la Conférence des Parties a refusé de l’entériner. Très déçus par le blocage des discussions dans le cadre des Nations Unies, nombre de commentateurs ont appelé à une autre gouvernance internationale pour le climat ; on aurait pu espérer que l’Accord de Copenhague soit un premier pas dans ce sens.

Si les engagements obtenus avaient été significativement supérieurs à ceux envisagés dans le cadre des NU, on aurait pu apprécier la démarche. On même aurait pu comprendre les « sacrifices » imposés : mise au banc des trois-quarts de la communauté internationale, et en particulier des plus pauvres et des plus affectés par les changements climatiques. Mais il n’en est rien : l’Accord de Copenhague n’a rien permis d’obtenir de plus. Il a seulement participé à l’accroissement du manque de confiance entre les plus pauvres et les plus riches, entre les plus petits et les plus gros, entre les plus faibles et les plus puissants.

Et maintenant ? Nous sommes dans une situation embourbée. Il y a désormais 3 « trucs » qui organisent l’action internationale contre les changements climatiques. Je parle de « trucs » car on ne sait même pas s’ils sont engagements fermes ou processus de négociations. Il y a le Protocole de Kyoto, dont la suite et la survie sont négociés au sein des NU (groupe AWG-KP) ; il y a les négociations sur les engagements de long terme, toujours au sein des NU (groupe AWG-LCA) ; il y a l’Accord de Copenhague, mi-traité, mi-processus de négociations.

Notamment sous la pression du groupe BASIC (Brésil, Afrique du Sud, Inde, Chine), les Nations unies devraient organiser des discussions d’ici juin prochain (prochaine réunion formelle à Bonn) et d’ici novembre (prochaine Conférence des Parties), toujours en suivant les deux processus de discussion (AWG-KP, AWG-LCA) organisés par le Plan d’Action de Bali. D’ailleurs les BASIC sèment le trouble : ils ont accepté de jouer le jeu des négociations parallèles à Copenhague, ils ont participé activement à l’écriture de l’Accord de Copenhague, mais ils réaffirment désormais que seules comptent les négociations au sein des Nations Unies et définies par le Plan d’Action de Bali !

Conclusions

L’action internationale est dans une situation très obscure ; les négociations à venir vont être d’une complexité inédite. Il y a fort à parier que les tensions entre Etat, déjà vives à Copenhague, vont être renforcées puisque les pays les plus pauvres et les plus vulnérables n’ont plus grand chose à perdre.

Encore une fois, la situation actuelle est le fait des pays développés, principaux responsables historiques, frileux à s’engager, peureux devant la reconduction du protocole de Kyoto, radins concernant l’aide internationale, anxieux face au développement des pays émergents. Bien triste monde.

(*) Edit 3 février : le WRI a produit une note qui réalise les calculs de manière plus précise et confirme l’ordre de grandeur des réductions indiqué dans cet article : les pays de l’Annexe I réduiraient de manière agglomérée de 12 à 19% leurs émissions en 2020 par rapport à 1990, suivant les hypothèses retenues (promesses hautes/basses, inclusion/exclusion du changement d’usage des sols).

Edit (2) : pour un autre constat de l’échec de Copenhague, voir le blog de Florent Baarsch.

Photo : source ici.

En route vers Copenhague : suivi des positions (12)

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Voir les épisodes précédents : (1), (2), (3), (4), (5), (6), (7), (8), (9), (10), (11)

Depuis la conférence de Barcelone, qui a permis que les négociations de l’UNFCCC continuent d’avancer dans un cadre dit « informel » avant le début de  la conférence de Copenhague, les annonces de négociations bilatérales et multilatérales se multiplient.

Chine-Etats-Unis

Obama en Chine : Jintao et Obama ont déclaré vouloir un succès à Copenhague et un accord  « à effet opérationnel immédiat ». Le ministre Danois Rasmussen s’en réjouit.

A priori, cette annonce est effectivement positive puisque semble synonyme de volonté politique et un refus d’un « déclaration politique » ou d’un « accord partiel » .

Cependant, cette petite expression « effet opérationnel immédiat » n’est pas très claire à interpréter… ce n’est même pas très logique, puisque l’accord qui doit intervenir vise à s’appliquer à partir de 2013 et que, comme tout traité international, il ne peut s’appliquer directement et doit être ratifié par les Parlements des pays. D’ailleurs, comme pour le protocole de Kyoto, il semble raisonnable de penser que tous les « détails » opérationnels seront négocier après Copenhague…

Soit Obama a glissé cette expression par mégarde ou pour donner quelque chose à se mettre sous la dent aux journalistes sans qu’il n’y ait de signification particulière…

Soit l’expression a été soigneusement choisie, ce qu’on peut raisonnablement supposer. Mais comment trouver un accord opérationnel immédiatement, alors que, clairement, les négociations techniques ne sont pas assez avancées (en guise de preuve, allez voir les « non papers » qui constituent la base de négo du groupe AWG-LCA) ? La logique est exactement inverse de celle présente dans la dernière déclaration de Ban ki Moon qui demande « du politique maintenant, du technique plus tard ».

Une interprétation optimiste serait la suivante : la déclaration d’Obama de Jintao serait un signe pour affirmer que les deux pays sont prêts à prendre des engagements politiques contraignants à Copenhague. Ils refuseraient l’idée de repousser la conclusion d’un accord global lors de la Conférence des Parties n°16 de décembre 2010 ou lors d’une Conférence des Parties « n°15 bis » en juin ou juillet 2010 (scénario largement envisagé désormais). Mais pourquoi diable une telle expression ?

Une interprétation pessimiste serait qu’Obama et Jintao nous mènent en bateau et que les divergences sont encore trop grandes pour même savoir où nous allons.

Réunion au Danemark

Parallèlement, 44 se sont retrouvés au Danemark, sur invitation du gouvernement danois, afin de faire avancer les discussions. Ce sommet est probablement une bonne chose car il réunit les leaders précisément sur la question du climat. Les négociateurs qui interviennent dans le cadre des négociations de l’UNFCCC ne possèdent pas le pouvoir politique, contrairement aux chefs de gouvernements. Malheureusement, ceux-ci se sont déjà largement réunis sur la question (lors des G20 par exemple) et peu de choses avaient évolué.

L’APEC inquiète, la Russie rassure

L’APEC s’est également réunie et a proposé une déclaration finale sur la question… cette dernière est très décevante puisque les engagements chiffrés sur le long terme ont été retirés à la dernière minute. Cela est inquiétant, car les chiffres incriminés déterminent un avenir global commun (une « vision partagée »)… Or si même là-dessus, les divergences sont encore importantes, il paraît encore plus difficile de trouver un accord qui répartisse l’effort à fournir.

En revanche, la bonne surprise vient de la Russie, avec Medvedev qui affirme en marge de l’APEC que les conséquences des changements climatiques pourraient être « catastrophiques ». Jusqu’à présent, la Russie était discrète, voire antipathique concernant les négociations sur le climat. Cette déclaration est donc plutôt rassurante.

Super Borloo ?

Et il y a eu la déclaration commune France-Brésil (voir le post pour le texte). Déclaration plutôt intéressante, bien que pas révolutionnaire. Cette déclaration est à replacer dans le contexte de l’activisme de Borloo, qui souhaite proposer un scénario positif à Copenhague avec le soutien de pays pauvres et en développement, tout en déclarant que « Washington est le principal frein » pour un accord. Cette affirmation est rare de franchise, mais sur le fond, elle n’est pas contestable.

Il y a malheureusement très peu (pour ne pas dire aucune) information sur le plan élaboré par Borloo, à part les déclarations politiques occasionnelles. Et comme déjà dit ailleurs, ce plan doit s’inscrire dans un cadre de négociations plus global, ce qui ne paraît pas aisé.

La société civile doit soutenir et pousser les exécutifs

En somme, la tension monte, comme le relatent de nombreux journaux. Il est difficile d’y voir clair, dans cette situation paradoxale (est-ce vraiment paradoxal ?) dans laquelle tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut agir, fort et maintenant, mais où le consensus est très difficile à trouver.

Tout repose entre les mains des dirigeants des exécutifs nationaux : seuls eux pourront décider de l’effort que leur pays est prêt à réaliser. Et seul un accroissement de ces efforts permettra un accord à la hauteur des enjeux. En ce sens, il semble que la société civile a un rôle important à jouer en montrant son soutien actif aux gouvernements à des décisions ambitieuses, même si ce n’est pas dans son intérêt.

(photo : TIAN LI/GAMMA PEKIN/Eyedea Press)

Brésil et France : texte de la déclaration commune avant Copenhague

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Le Brésil et la France ont annoncé adopter une position commune afin de lancer une dynamique alternative au dialogue sino-américain. Cette déclaration s’inscrit dans la dynamique initiée par JL Borloo, qui a multiplié les déplacements dans des pays pauvres afin de tenter une convergence de vue. Rappelons également l’annonce d’un plan justice-climat, axé sur des investissements massifs dans le solaire en Afrique.

Ci-dessous le texte de la déclaration, suivi de quelques commentaires.

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(Traduit de l’anglais)

Position commune de la France et du Brésil sur le changement climatique

La France et le Brésil réitèrent leur conviction que le changement climatique est l’un des défis les plus urgents auxquels nous faisons face aujourd’hui et qu’il exige une réponse globale immédiate guidée par les principes de justice et d’équité. Les deux pays soulignent que la lutte contre le changement climatique est un impératif qui doit être entièrement compatible avec une croissance économique durable et l’éradication de la pauvreté. Ils souscrivent aux conclusions scientifiques du Quatrième rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et soutiennent l’objectif de limitation de la hausse de la température moyenne mondiale à 2°C au-dessus des niveaux pré-industriels. Le respect de cet objectif implique un pic des émissions mondiales le plus tôt possible et une réduction des émissions mondiales d’au moins 50% d’ici à 2050 par rapport à 1990.

La France et le Brésil ont décidé de travailler ensemble avant la 15ème Conférence des Parties à la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique qui se tiendra à Copenhague en décembre 2009. Ils soulignent l’importance d’établir des ponts entre les pays et s’engagent à favoriser le développement d’une vision commune entre le G77/Chine et les pays les plus industrialisés. Ils soulignent l’importance que deux pays avec des situations nationales et régionales différentes puissent exprimer des positions communes sur les thèmes majeurs des négociations sur le changement climatique. Ils sont déterminés à accélérer le rythme des négociations afin de parvenir à un accord ambitieux basé sur la feuille de route de Bali, à Copenhague, à la fin de cette année.

La France et le Brésil s’engagent à coopérer afin de renforcer le régime international contre le changement climatique en rehaussant le niveau d’ambition de la mise en œuvre de la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique et de son Protocole de Kyoto. A cet égard, ils rappellent que toutes les parties doivent formuler, mettre en œuvre, publier et actualiser leurs programmes nationaux comportant les mesures destinées à atténuer le changement climatique et à faciliter l’adaptation. Ces plans nationaux doivent être les vecteurs d’une croissance sobre en carbone.

Ils soulignent que tous les pays de l’Annexe I de la Convention des Nations Unies doivent adopter des nouveaux objectifs ambitieux de réduction des émissions à moyen terme, conformément à leurs responsabilités et à leurs capacités, historiques et actuelles, et cohérents avec la limitation du réchauffement à 2°C et les recommandations du GIEC. Les pays de l’Annexe I doivent adopter des trajectoires de réduction cohérentes avec leur objectif de réduire leurs émissions d’au moins 80% d’ici à 2050 par rapport à 1990. Dans ce contexte, ils conviennent de l’importance cruciale d’une comparabilité des réductions appliquées à l’ensemble de l’économie entre tous les pays de l’Annexe I.

Pour leur part, les pays ne relevant pas de l’Annexe I doivent rechercher une croissance sobre en carbone en mettant en œuvre des actions nationales appropriées d’atténuation ( « NAMAs ») dans le cadre du développement durable, facilité et soutenu par les pays développés avec des financements nouveaux et additionnels, une coopération technologique et un renforcement des capacités nationales. Les pays en développement devraient aussi contribuer activement à l’effort mondial par une déviation substantielle de l’augmentation de leurs émissions par rapport au scenario « business as usual », en cohérence avec les recommandations du GIEC, avec pour objectif de réduire l’intensité carbone de leurs économies et d’atteindre un pic d’émissions le plus tôt possible, en gardant à l’esprit que le développement économique et social et l’éradication de la pauvreté sont les premières priorités des pays en développement.

Nos deux pays appuieront la création d’un registre dans le cadre de la mise en place d’un système de mesure, communication et vérification des actions nationales d’atténuation des pays en développement et du soutien financier accordé par les pays développés. Ce registre servirait à flécher les moyens d’appui à la mise en œuvre des actions d’atténuation par les pays en développement, et permettrait ainsi de contribuer à l’accroissement de l’effort d’atténuation au niveau mondial.

La France et le Brésil soulignent également l’importance de l’adaptation aux effets néfastes du changement climatique et conviennent que l’atténuation et l’adaptation devraient se voir accorder la même importance par la Convention. En dépit de leur responsabilité limitée sur le changement climatique, les pays en développement font déjà face à ses conséquences néfastes. La France et le Brésil soulignent la nécessité d’élaborer un cadre juste, global et robuste pour l’adaptation. Ce cadre doit inclure un soutien financier nouveau et substantiel pour les pays en développement, particulièrement les pays pauvres et vulnérables d’Afrique, les pays les moins avancés et les petits Etats insulaires, afin qu’ils puissent faire face au fardeau que le changement climatique ajoute au défi du développement économique et social et à l’éradication de la pauvreté.

Ils rappellent que la mise à disposition de ressources financières constitue l’un des éléments clés d’une mise en œuvre intégrale, efficace et soutenue de la Convention. Dans ce contexte, ils soulignent que l’augmentation graduelle du financement public international sera indispensable à une conclusion positive de la COP-15. Ils soulignent le rôle des instruments financiers, des mécanismes innovants et du secteur privé pour soutenir les actions d’atténuation et d’adaptation ainsi que le développement et le transfert des technologies. Les investissements doivent soutenir la croissance sobre en carbone et des modes de production et de consommation durables.

La France et le Brésil mettent en relief la nécessité d’une coopération accrue entre pays développés et en développement pour la recherche, le développement, le déploiement, la diffusion et le transfert de technologies vertes. La coopération technologique peut être approfondie par la création de pôles internationaux de partage des connaissances et de l’information et par le renforcement des capacités nationales, ainsi que par l’établissement de centres nationaux et régionaux de technologies respectueuses de l’environnement. Des solutions innovantes seront également nécessaires pour améliorer de manière significative l’accès aux technologies.

Ils soulignent l’importance de stimuler l’action visant à réduire les émissions dues à la déforestation et à la dégradation de la forêt dans les pays en développement (REDD). Ils reconnaissent que cet objectif constitue un élément important des efforts d’atténuation accomplis par certains pays en développement et qu’il peut jouer un rôle important dans l’action mondiale de lutte contre le changement climatique. La réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation de la forêt, à travers la préservation des forêts, la gestion durable et l’accroissement des stocks de carbone dans les forêts, pourra et devra avoir un double bénéfice social et environnemental.

Dans cette optique, la France et le Brésil conviennent que ces activités devraient se voir accorder un soutien financier et technologique adéquat, dans le cadre des actions nationales appropriées d’atténuation à mener par les pays en développement. Ils insistent sur la nécessité de renforcer la coopération – Nord-Sud et Sud-Sud – en matière de renforcement des capacités et de technologie dans le secteur forestier, notamment l’utilisation d’instruments de télédétection. Ils s’engagent à veiller à ce que la réduction des émissions due à la déforestation fasse partie des conclusions de Copenhague et soutiennent l’inclusion de cet objectif dans le cadre de la Convention.

La France et le Brésil soulignent la nécessité de résultats ambitieux en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. Dans cette optique, ils mettent en exergue le rôle de l’efficacité énergétique et des sources d’énergie renouvelables, y compris les sources bioénergétiques socialement et environnementalement durables.

La France et le Brésil s’accordent sur la nécessité de créer une organisation internationale consacrée à l’environnement et au développement durable, pour donner plus de cohérence aux efforts de la communauté internationale dans ces domaines. Ils sont convaincus qu’une impulsion décisive devrait être donnée à Copenhague en décembre, afin que l’Organisation mondiale soit mise en place à la Conférence Rio+20 à Rio de Janeiro en 2012.

Quelques remarques rapides :

L’objectif du 2°C du réchauffement est celui retenu par une bonne partie de la communauté internationale. Mais rappelons qu’il sera très difficile à atteindre, en particulier en l’état actuel des engagements des pays développés, dont fait partie la France.

On peut s’interroger sérieusement sur un point : quelle est la valeur d’une telle déclaration dans un contexte de négociations qui s’organisent autours de « blocs » de pays ? La France semble sortir du rang, faire cavalier seul par rapport à l’UE. Idem pour le Brésil par rapport au G77. Pourtant, ce sont bien ces deux groupes (UE et G77) qui font l’effectivité des négociations : la France ne parle pas, le Brésil ne parle pas, seuls le groupe auquel ce pays appartient parle. Il ne s’agit pas de dire que les pays ont perdu tout capacité d’initiative politique, toute autonomie ; mais on voit pour l’instant très mal la coordination des déclarations politiques isolées et la réalité concrète des négociations.

La déclaration ne semble oublier aucun chapitre des négociations ; les principaux points sont abordés. Certains, tels le financement, sont précisés puisque les deux pays affichent leur préférence pour une des options en cours de discussion.

On remarque que le nucléaire n’est pas évoqué, les deux pays préférant citer les économies d’énergie et les renouvelables. C’est une bonne nouvelle de savoir que M. Sarkozy sait mettre entre parenthèse son travail de VRP pro nucléaire.

Enfin, la France et le Brésil entendent militer en faveur d’une organisation internationale consacrée à l’environnement (OME) et au développement durable. C’est une bonne chose, souhaitable… mais qui sera difficile à mettre en place. Une petite question : qu’est ce qu’une « impulsion décisive donnée à Copenhague » pour permettre la mise en place d’une telle OME ?… Ce qui est sûr, est que la conférence des Partie qui se réunira à Copenhague agit dans le cadre d’un mandat clairement déterminé, qui ne permettra pas d’évoquer la place d’une telle OME dans la régulation du climat.

 

(Traduit de l’anglais)

Position commune de la France et du Brésil sur le changement climatique

La France et le Brésil réitèrent leur conviction que le changement climatique est l’un des défis les plus urgents auxquels nous faisons face aujourd’hui et qu’il exige une réponse globale immédiate guidée par les principes de justice et d’équité. Les deux pays soulignent que la lutte contre le changement climatique est un impératif qui doit être entièrement compatible avec une croissance économique durable et l’éradication de la pauvreté. Ils souscrivent aux conclusions scientifiques du Quatrième rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et soutiennent l’objectif de limitation de la hausse de la température moyenne mondiale à 2°C au-dessus des niveaux pré-industriels. Le respect de cet objectif implique un pic des émissions mondiales le plus tôt possible et une réduction des émissions mondiales d’au moins 50% d’ici à 2050 par rapport à 1990.

La France et le Brésil ont décidé de travailler ensemble avant la 15ème Conférence des Parties à la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique qui se tiendra à Copenhague en décembre 2009. Ils soulignent l’importance d’établir des ponts entre les pays et s’engagent à favoriser le développement d’une vision commune entre le G77/Chine et les pays les plus industrialisés. Ils soulignent l’importance que deux pays avec des situations nationales et régionales différentes puissent exprimer des positions communes sur les thèmes majeurs des négociations sur le changement climatique. Ils sont déterminés à accélérer le rythme des négociations afin de parvenir à un accord ambitieux basé sur la feuille de route de Bali, à Copenhague, à la fin de cette année.

La France et le Brésil s’engagent à coopérer afin de renforcer le régime international contre le changement climatique en rehaussant le niveau d’ambition de la mise en œuvre de la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique et de son Protocole de Kyoto. A cet égard, ils rappellent que toutes les parties doivent formuler, mettre en œuvre, publier et actualiser leurs programmes nationaux comportant les mesures destinées à atténuer le changement climatique et à faciliter l’adaptation. Ces plans nationaux doivent être les vecteurs d’une croissance sobre en carbone.

Ils soulignent que tous les pays de l’Annexe I de la Convention des Nations Unies doivent adopter des nouveaux objectifs ambitieux de réduction des émissions à moyen terme, conformément à leurs responsabilités et à leurs capacités, historiques et actuelles, et cohérents avec la limitation du réchauffement à 2°C et les recommandations du GIEC. Les pays de l’Annexe I doivent adopter des trajectoires de réduction cohérentes avec leur objectif de réduire leurs émissions d’au moins 80% d’ici à 2050 par rapport à 1990. Dans ce contexte, ils conviennent de l’importance cruciale d’une comparabilité des réductions appliquées à l’ensemble de l’économie entre tous les pays de l’Annexe I.

Pour leur part, les pays ne relevant pas de l’Annexe I doivent rechercher une croissance sobre en carbone en mettant en œuvre des actions nationales appropriées d’atténuation ( « NAMAs ») dans le cadre du développement durable, facilité et soutenu par les pays développés avec des financements nouveaux et additionnels, une coopération technologique et un renforcement des capacités nationales. Les pays en développement devraient aussi contribuer activement à l’effort mondial par une déviation substantielle de l’augmentation de leurs émissions par rapport au scenario « business as usual », en cohérence avec les recommandations du GIEC, avec pour objectif de réduire l’intensité carbone de leurs économies et d’atteindre un pic d’émissions le plus tôt possible, en gardant à l’esprit que le développement économique et social et l’éradication de la pauvreté sont les premières priorités des pays en développement.

Nos deux pays appuieront la création d’un registre dans le cadre de la mise en place d’un système de mesure, communication et vérification des actions nationales d’atténuation des pays en développement et du soutien financier accordé par les pays développés. Ce registre servirait à flécher les moyens d’appui à la mise en œuvre des actions d’atténuation par les pays en développement, et permettrait ainsi de contribuer à l’accroissement de l’effort d’atténuation au niveau mondial.

La France et le Brésil soulignent également l’importance de l’adaptation aux effets néfastes du changement climatique et conviennent que l’atténuation et l’adaptation devraient se voir accorder la même importance par la Convention. En dépit de leur responsabilité limitée sur le changement climatique, les pays en développement font déjà face à ses conséquences néfastes. La France et le Brésil soulignent la nécessité d’élaborer un cadre juste, global et robuste pour l’adaptation. Ce cadre doit inclure un soutien financier nouveau et substantiel pour les pays en développement, particulièrement les pays pauvres et vulnérables d’Afrique, les pays les moins avancés et les petits Etats insulaires, afin qu’ils puissent faire face au fardeau que le changement climatique ajoute au défi du développement économique et social et à l’éradication de la pauvreté.

Ils rappellent que la mise à disposition de ressources financières constitue l’un des éléments clés d’une mise en œuvre intégrale, efficace et soutenue de la Convention. Dans ce contexte, ils soulignent que l’augmentation graduelle du financement public international sera indispensable à une conclusion positive de la COP-15. Ils soulignent le rôle des instruments financiers, des mécanismes innovants et du secteur privé pour soutenir les actions d’atténuation et d’adaptation ainsi que le développement et le transfert des technologies. Les investissements doivent soutenir la croissance sobre en carbone et des modes de production et de consommation durables.

La France et le Brésil mettent en relief la nécessité d’une coopération accrue entre pays développés et en développement pour la recherche, le développement, le déploiement, la diffusion et le transfert de technologies vertes. La coopération technologique peut être approfondie par la création de pôles internationaux de partage des connaissances et de l’information et par le renforcement des capacités nationales, ainsi que par l’établissement de centres nationaux et régionaux de technologies respectueuses de l’environnement. Des solutions innovantes seront également nécessaires pour améliorer de manière significative l’accès aux technologies.

Ils soulignent l’importance de stimuler l’action visant à réduire les émissions dues à la déforestation et à la dégradation de la forêt dans les pays en développement (REDD). Ils reconnaissent que cet objectif constitue un élément important des efforts d’atténuation accomplis par certains pays en développement et qu’il peut jouer un rôle important dans l’action mondiale de lutte contre le changement climatique. La réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation de la forêt, à travers la préservation des forêts, la gestion durable et l’accroissement des stocks de carbone dans les forêts, pourra et devra avoir un double bénéfice social et environnemental.

Dans cette optique, la France et le Brésil conviennent que ces activités devraient se voir accorder un soutien financier et technologique adéquat, dans le cadre des actions nationales appropriées d’atténuation à mener par les pays en développement. Ils insistent sur la nécessité de renforcer la coopération – Nord-Sud et Sud-Sud – en matière de renforcement des capacités et de technologie dans le secteur forestier, notamment l’utilisation d’instruments de télédétection. Ils s’engagent à veiller à ce que la réduction des émissions due à la déforestation fasse partie des conclusions de Copenhague et soutiennent l’inclusion de cet objectif dans le cadre de la Convention.

La France et le Brésil soulignent la nécessité de résultats ambitieux en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. Dans cette optique, ils mettent en exergue le rôle de l’efficacité énergétique et des sources d’énergie renouvelables, y compris les sources bioénergétiques socialement et environnementalement durables.

La France et le Brésil s’accordent sur la nécessité de créer une organisation internationale consacrée à l’environnement et au développement durable, pour donner plus de cohérence aux efforts de la communauté internationale dans ces domaines. Ils sont convaincus qu’une impulsion décisive devrait être donnée à Copenhague en décembre, afin que l’Organisation mondiale soit mise en place à la Conférence Rio+20 à Rio de Janeiro en 2012.

Le Brésil et la France ont annoncé adopter une position commune afin de lancer une dynamique alternative au dialogue sino-américain. Cette déclaration s’inscrit dans la dynamique initiée par JL Borloo, qui a multiplié les déplacements dans des pays pauvres afin de tenter une convergence de vue. Rappelons également l’annonce d’un plan justice-climat, axé sur des investissements massifs dans le solaire en Afrique.

Ci-dessous le texte de la déclaration, suivi de quelques commentaires.

(Traduit de l’anglais)

Position commune de la France et du Brésil sur le changement climatique

La France et le Brésil réitèrent leur conviction que le changement climatique est l’un des défis les plus urgents auxquels nous faisons face aujourd’hui et qu’il exige une réponse globale immédiate guidée par les principes de justice et d’équité. Les deux pays soulignent que la lutte contre le changement climatique est un impératif qui doit être entièrement compatible avec une croissance économique durable et l’éradication de la pauvreté. Ils souscrivent aux conclusions scientifiques du Quatrième rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et soutiennent l’objectif de limitation de la hausse de la température moyenne mondiale à 2°C au-dessus des niveaux pré-industriels. Le respect de cet objectif implique un pic des émissions mondiales le plus tôt possible et une réduction des émissions mondiales d’au moins 50% d’ici à 2050 par rapport à 1990.

La France et le Brésil ont décidé de travailler ensemble avant la 15ème Conférence des Parties à la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique qui se tiendra à Copenhague en décembre 2009. Ils soulignent l’importance d’établir des ponts entre les pays et s’engagent à favoriser le développement d’une vision commune entre le G77/Chine et les pays les plus industrialisés. Ils soulignent l’importance que deux pays avec des situations nationales et régionales différentes puissent exprimer des positions communes sur les thèmes majeurs des négociations sur le changement climatique. Ils sont déterminés à accélérer le rythme des négociations afin de parvenir à un accord ambitieux basé sur la feuille de route de Bali, à Copenhague, à la fin de cette année.

La France et le Brésil s’engagent à coopérer afin de renforcer le régime international contre le changement climatique en rehaussant le niveau d’ambition de la mise en œuvre de la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique et de son Protocole de Kyoto. A cet égard, ils rappellent que toutes les parties doivent formuler, mettre en œuvre, publier et actualiser leurs programmes nationaux comportant les mesures destinées à atténuer le changement climatique et à faciliter l’adaptation. Ces plans nationaux doivent être les vecteurs d’une croissance sobre en carbone.

Ils soulignent que tous les pays de l’Annexe I de la Convention des Nations Unies doivent adopter des nouveaux objectifs ambitieux de réduction des émissions à moyen terme, conformément à leurs responsabilités et à leurs capacités, historiques et actuelles, et cohérents avec la limitation du réchauffement à 2°C et les recommandations du GIEC. Les pays de l’Annexe I doivent adopter des trajectoires de réduction cohérentes avec leur objectif de réduire leurs émissions d’au moins 80% d’ici à 2050 par rapport à 1990. Dans ce contexte, ils conviennent de l’importance cruciale d’une comparabilité des réductions appliquées à l’ensemble de l’économie entre tous les pays de l’Annexe I.

Pour leur part, les pays ne relevant pas de l’Annexe I doivent rechercher une croissance sobre en carbone en mettant en œuvre des actions nationales appropriées d’atténuation ( « NAMAs ») dans le cadre du développement durable, facilité et soutenu par les pays développés avec des financements nouveaux et additionnels, une coopération technologique et un renforcement des capacités nationales. Les pays en développement devraient aussi contribuer activement à l’effort mondial par une déviation substantielle de l’augmentation de leurs émissions par rapport au scenario « business as usual », en cohérence avec les recommandations du GIEC, avec pour objectif de réduire l’intensité carbone de leurs économies et d’atteindre un pic d’émissions le plus tôt possible, en gardant à l’esprit que le développement économique et social et l’éradication de la pauvreté sont les premières priorités des pays en développement.

Nos deux pays appuieront la création d’un registre dans le cadre de la mise en place d’un système de mesure, communication et vérification des actions nationales d’atténuation des pays en développement et du soutien financier accordé par les pays développés. Ce registre servirait à flécher les moyens d’appui à la mise en œuvre des actions d’atténuation par les pays en développement, et permettrait ainsi de contribuer à l’accroissement de l’effort d’atténuation au niveau mondial.

La France et le Brésil soulignent également l’importance de l’adaptation aux effets néfastes du changement climatique et conviennent que l’atténuation et l’adaptation devraient se voir accorder la même importance par la Convention. En dépit de leur responsabilité limitée sur le changement climatique, les pays en développement font déjà face à ses conséquences néfastes. La France et le Brésil soulignent la nécessité d’élaborer un cadre juste, global et robuste pour l’adaptation. Ce cadre doit inclure un soutien financier nouveau et substantiel pour les pays en développement, particulièrement les pays pauvres et vulnérables d’Afrique, les pays les moins avancés et les petits Etats insulaires, afin qu’ils puissent faire face au fardeau que le changement climatique ajoute au défi du développement économique et social et à l’éradication de la pauvreté.

Ils rappellent que la mise à disposition de ressources financières constitue l’un des éléments clés d’une mise en œuvre intégrale, efficace et soutenue de la Convention. Dans ce contexte, ils soulignent que l’augmentation graduelle du financement public international sera indispensable à une conclusion positive de la COP-15. Ils soulignent le rôle des instruments financiers, des mécanismes innovants et du secteur privé pour soutenir les actions d’atténuation et d’adaptation ainsi que le développement et le transfert des technologies. Les investissements doivent soutenir la croissance sobre en carbone et des modes de production et de consommation durables.

La France et le Brésil mettent en relief la nécessité d’une coopération accrue entre pays développés et en développement pour la recherche, le développement, le déploiement, la diffusion et le transfert de technologies vertes. La coopération technologique peut être approfondie par la création de pôles internationaux de partage des connaissances et de l’information et par le renforcement des capacités nationales, ainsi que par l’établissement de centres nationaux et régionaux de technologies respectueuses de l’environnement. Des solutions innovantes seront également nécessaires pour améliorer de manière significative l’accès aux technologies.

Ils soulignent l’importance de stimuler l’action visant à réduire les émissions dues à la déforestation et à la dégradation de la forêt dans les pays en développement (REDD). Ils reconnaissent que cet objectif constitue un élément important des efforts d’atténuation accomplis par certains pays en développement et qu’il peut jouer un rôle important dans l’action mondiale de lutte contre le changement climatique. La réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation de la forêt, à travers la préservation des forêts, la gestion durable et l’accroissement des stocks de carbone dans les forêts, pourra et devra avoir un double bénéfice social et environnemental.

Dans cette optique, la France et le Brésil conviennent que ces activités devraient se voir accorder un soutien financier et technologique adéquat, dans le cadre des actions nationales appropriées d’atténuation à mener par les pays en développement. Ils insistent sur la nécessité de renforcer la coopération – Nord-Sud et Sud-Sud – en matière de renforcement des capacités et de technologie dans le secteur forestier, notamment l’utilisation d’instruments de télédétection. Ils s’engagent à veiller à ce que la réduction des émissions due à la déforestation fasse partie des conclusions de Copenhague et soutiennent l’inclusion de cet objectif dans le cadre de la Convention.

La France et le Brésil soulignent la nécessité de résultats ambitieux en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. Dans cette optique, ils mettent en exergue le rôle de l’efficacité énergétique et des sources d’énergie renouvelables, y compris les sources bioénergétiques socialement et environnementalement durables.

La France et le Brésil s’accordent sur la nécessité de créer une organisation internationale consacrée à l’environnement et au développement durable, pour donner plus de cohérence aux efforts de la communauté internationale dans ces domaines. Ils sont convaincus qu’une impulsion décisive devrait être donnée à Copenhague en décembre, afin que l’Organisation mondiale soit mise en place à la Conférence Rio+20 à Rio de Janeiro en 2012.

Quelques remarques rapides :

L’objectif du 2°C du réchauffement est celui retenu par une bonne partie de la communauté internationale. Mais rappelons qu’il sera très difficile à atteindre, en particulier en l’état actuel des engagements des pays développés, dont fait partie la France.

On peut s’interroger sérieusement sur un point : quelle est la valeur d’une telle déclaration dans un contexte de négociations qui s’organisent autours de « blocs » de pays ? La France semble sortir du rang, faire cavalier seul par rapport à l’UE. Idem pour le Brésil par rapport au G77. Pourtant, ce sont bien ces deux groupes (UE et G77) qui font l’effectivité des négociations : la France ne parle pas, le Brésil ne parle pas, seuls le groupe auquel ce pays appartient parle. Il ne s’agit pas de dire que les pays ont perdu tout capacité d’initiative politique, toute autonomie ; mais on voit pour l’instant très mal la coordination des déclarations politiques isolées et la réalité concrète des négociations.

La déclaration ne semble oublier aucun chapitre des négociations ; les principaux points sont abordés. Certains, tels le financement, sont précisés puisque les deux pays affichent leur préférence pour une des options en cours de discussion.

On remarque que le nucléaire n’est pas évoqué, les deux pays préférant citer les économies d’énergie et les renouvelables. C’est une bonne nouvelle de savoir que M. Sarkozy sait mettre entre parenthèse son travail de VRP pro nucléaire.

Enfin, la France et le Brésil entendent militer en faveur d’une organisation internationale consacrée à l’environnement (OME) et au développement durable. C’est une bonne chose, souhaitable… mais qui sera difficile à mettre en place. Une petite question : qu’est ce qu’une « impulsion décisive donnée à Copenhague » pour permettre la mise en place d’une telle OME ?… Ce qui est sûr, est que la conférence des Partie qui se réunira à Copenhague agit dans le cadre d’un mandat clairement déterminé, qui ne permettra pas d’évoquer la place d’une telle OME dans la régulation du climat.

 

(Traduit de l’anglais)

Position commune de la France et du Brésil sur le changement climatique

La France et le Brésil réitèrent leur conviction que le changement climatique est l’un des défis les plus urgents auxquels nous faisons face aujourd’hui et qu’il exige une réponse globale immédiate guidée par les principes de justice et d’équité. Les deux pays soulignent que la lutte contre le changement climatique est un impératif qui doit être entièrement compatible avec une croissance économique durable et l’éradication de la pauvreté. Ils souscrivent aux conclusions scientifiques du Quatrième rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et soutiennent l’objectif de limitation de la hausse de la température moyenne mondiale à 2°C au-dessus des niveaux pré-industriels. Le respect de cet objectif implique un pic des émissions mondiales le plus tôt possible et une réduction des émissions mondiales d’au moins 50% d’ici à 2050 par rapport à 1990.

La France et le Brésil ont décidé de travailler ensemble avant la 15ème Conférence des Parties à la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique qui se tiendra à Copenhague en décembre 2009. Ils soulignent l’importance d’établir des ponts entre les pays et s’engagent à favoriser le développement d’une vision commune entre le G77/Chine et les pays les plus industrialisés. Ils soulignent l’importance que deux pays avec des situations nationales et régionales différentes puissent exprimer des positions communes sur les thèmes majeurs des négociations sur le changement climatique. Ils sont déterminés à accélérer le rythme des négociations afin de parvenir à un accord ambitieux basé sur la feuille de route de Bali, à Copenhague, à la fin de cette année.

La France et le Brésil s’engagent à coopérer afin de renforcer le régime international contre le changement climatique en rehaussant le niveau d’ambition de la mise en œuvre de la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique et de son Protocole de Kyoto. A cet égard, ils rappellent que toutes les parties doivent formuler, mettre en œuvre, publier et actualiser leurs programmes nationaux comportant les mesures destinées à atténuer le changement climatique et à faciliter l’adaptation. Ces plans nationaux doivent être les vecteurs d’une croissance sobre en carbone.

Ils soulignent que tous les pays de l’Annexe I de la Convention des Nations Unies doivent adopter des nouveaux objectifs ambitieux de réduction des émissions à moyen terme, conformément à leurs responsabilités et à leurs capacités, historiques et actuelles, et cohérents avec la limitation du réchauffement à 2°C et les recommandations du GIEC. Les pays de l’Annexe I doivent adopter des trajectoires de réduction cohérentes avec leur objectif de réduire leurs émissions d’au moins 80% d’ici à 2050 par rapport à 1990. Dans ce contexte, ils conviennent de l’importance cruciale d’une comparabilité des réductions appliquées à l’ensemble de l’économie entre tous les pays de l’Annexe I.

Pour leur part, les pays ne relevant pas de l’Annexe I doivent rechercher une croissance sobre en carbone en mettant en œuvre des actions nationales appropriées d’atténuation ( « NAMAs ») dans le cadre du développement durable, facilité et soutenu par les pays développés avec des financements nouveaux et additionnels, une coopération technologique et un renforcement des capacités nationales. Les pays en développement devraient aussi contribuer activement à l’effort mondial par une déviation substantielle de l’augmentation de leurs émissions par rapport au scenario « business as usual », en cohérence avec les recommandations du GIEC, avec pour objectif de réduire l’intensité carbone de leurs économies et d’atteindre un pic d’émissions le plus tôt possible, en gardant à l’esprit que le développement économique et social et l’éradication de la pauvreté sont les premières priorités des pays en développement.

Nos deux pays appuieront la création d’un registre dans le cadre de la mise en place d’un système de mesure, communication et vérification des actions nationales d’atténuation des pays en développement et du soutien financier accordé par les pays développés. Ce registre servirait à flécher les moyens d’appui à la mise en œuvre des actions d’atténuation par les pays en développement, et permettrait ainsi de contribuer à l’accroissement de l’effort d’atténuation au niveau mondial.

La France et le Brésil soulignent également l’importance de l’adaptation aux effets néfastes du changement climatique et conviennent que l’atténuation et l’adaptation devraient se voir accorder la même importance par la Convention. En dépit de leur responsabilité limitée sur le changement climatique, les pays en développement font déjà face à ses conséquences néfastes. La France et le Brésil soulignent la nécessité d’élaborer un cadre juste, global et robuste pour l’adaptation. Ce cadre doit inclure un soutien financier nouveau et substantiel pour les pays en développement, particulièrement les pays pauvres et vulnérables d’Afrique, les pays les moins avancés et les petits Etats insulaires, afin qu’ils puissent faire face au fardeau que le changement climatique ajoute au défi du développement économique et social et à l’éradication de la pauvreté.

Ils rappellent que la mise à disposition de ressources financières constitue l’un des éléments clés d’une mise en œuvre intégrale, efficace et soutenue de la Convention. Dans ce contexte, ils soulignent que l’augmentation graduelle du financement public international sera indispensable à une conclusion positive de la COP-15. Ils soulignent le rôle des instruments financiers, des mécanismes innovants et du secteur privé pour soutenir les actions d’atténuation et d’adaptation ainsi que le développement et le transfert des technologies. Les investissements doivent soutenir la croissance sobre en carbone et des modes de production et de consommation durables.

La France et le Brésil mettent en relief la nécessité d’une coopération accrue entre pays développés et en développement pour la recherche, le développement, le déploiement, la diffusion et le transfert de technologies vertes. La coopération technologique peut être approfondie par la création de pôles internationaux de partage des connaissances et de l’information et par le renforcement des capacités nationales, ainsi que par l’établissement de centres nationaux et régionaux de technologies respectueuses de l’environnement. Des solutions innovantes seront également nécessaires pour améliorer de manière significative l’accès aux technologies.

Ils soulignent l’importance de stimuler l’action visant à réduire les émissions dues à la déforestation et à la dégradation de la forêt dans les pays en développement (REDD). Ils reconnaissent que cet objectif constitue un élément important des efforts d’atténuation accomplis par certains pays en développement et qu’il peut jouer un rôle important dans l’action mondiale de lutte contre le changement climatique. La réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation de la forêt, à travers la préservation des forêts, la gestion durable et l’accroissement des stocks de carbone dans les forêts, pourra et devra avoir un double bénéfice social et environnemental.

Dans cette optique, la France et le Brésil conviennent que ces activités devraient se voir accorder un soutien financier et technologique adéquat, dans le cadre des actions nationales appropriées d’atténuation à mener par les pays en développement. Ils insistent sur la nécessité de renforcer la coopération – Nord-Sud et Sud-Sud – en matière de renforcement des capacités et de technologie dans le secteur forestier, notamment l’utilisation d’instruments de télédétection. Ils s’engagent à veiller à ce que la réduction des émissions due à la déforestation fasse partie des conclusions de Copenhague et soutiennent l’inclusion de cet objectif dans le cadre de la Convention.

La France et le Brésil soulignent la nécessité de résultats ambitieux en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. Dans cette optique, ils mettent en exergue le rôle de l’efficacité énergétique et des sources d’énergie renouvelables, y compris les sources bioénergétiques socialement et environnementalement durables.

La France et le Brésil s’accordent sur la nécessité de créer une organisation internationale consacrée à l’environnement et au développement durable, pour donner plus de cohérence aux efforts de la communauté internationale dans ces domaines. Ils sont convaincus qu’une impulsion décisive devrait être donnée à Copenhague en décembre, afin que l’Organisation mondiale soit mise en place à la Conférence Rio+20 à Rio de Janeiro en 2012.