Changements Climatiques

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Brésil et France : texte de la déclaration commune avant Copenhague

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Le Brésil et la France ont annoncé adopter une position commune afin de lancer une dynamique alternative au dialogue sino-américain. Cette déclaration s’inscrit dans la dynamique initiée par JL Borloo, qui a multiplié les déplacements dans des pays pauvres afin de tenter une convergence de vue. Rappelons également l’annonce d’un plan justice-climat, axé sur des investissements massifs dans le solaire en Afrique.

Ci-dessous le texte de la déclaration, suivi de quelques commentaires.

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(Traduit de l’anglais)

Position commune de la France et du Brésil sur le changement climatique

La France et le Brésil réitèrent leur conviction que le changement climatique est l’un des défis les plus urgents auxquels nous faisons face aujourd’hui et qu’il exige une réponse globale immédiate guidée par les principes de justice et d’équité. Les deux pays soulignent que la lutte contre le changement climatique est un impératif qui doit être entièrement compatible avec une croissance économique durable et l’éradication de la pauvreté. Ils souscrivent aux conclusions scientifiques du Quatrième rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et soutiennent l’objectif de limitation de la hausse de la température moyenne mondiale à 2°C au-dessus des niveaux pré-industriels. Le respect de cet objectif implique un pic des émissions mondiales le plus tôt possible et une réduction des émissions mondiales d’au moins 50% d’ici à 2050 par rapport à 1990.

La France et le Brésil ont décidé de travailler ensemble avant la 15ème Conférence des Parties à la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique qui se tiendra à Copenhague en décembre 2009. Ils soulignent l’importance d’établir des ponts entre les pays et s’engagent à favoriser le développement d’une vision commune entre le G77/Chine et les pays les plus industrialisés. Ils soulignent l’importance que deux pays avec des situations nationales et régionales différentes puissent exprimer des positions communes sur les thèmes majeurs des négociations sur le changement climatique. Ils sont déterminés à accélérer le rythme des négociations afin de parvenir à un accord ambitieux basé sur la feuille de route de Bali, à Copenhague, à la fin de cette année.

La France et le Brésil s’engagent à coopérer afin de renforcer le régime international contre le changement climatique en rehaussant le niveau d’ambition de la mise en œuvre de la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique et de son Protocole de Kyoto. A cet égard, ils rappellent que toutes les parties doivent formuler, mettre en œuvre, publier et actualiser leurs programmes nationaux comportant les mesures destinées à atténuer le changement climatique et à faciliter l’adaptation. Ces plans nationaux doivent être les vecteurs d’une croissance sobre en carbone.

Ils soulignent que tous les pays de l’Annexe I de la Convention des Nations Unies doivent adopter des nouveaux objectifs ambitieux de réduction des émissions à moyen terme, conformément à leurs responsabilités et à leurs capacités, historiques et actuelles, et cohérents avec la limitation du réchauffement à 2°C et les recommandations du GIEC. Les pays de l’Annexe I doivent adopter des trajectoires de réduction cohérentes avec leur objectif de réduire leurs émissions d’au moins 80% d’ici à 2050 par rapport à 1990. Dans ce contexte, ils conviennent de l’importance cruciale d’une comparabilité des réductions appliquées à l’ensemble de l’économie entre tous les pays de l’Annexe I.

Pour leur part, les pays ne relevant pas de l’Annexe I doivent rechercher une croissance sobre en carbone en mettant en œuvre des actions nationales appropriées d’atténuation ( « NAMAs ») dans le cadre du développement durable, facilité et soutenu par les pays développés avec des financements nouveaux et additionnels, une coopération technologique et un renforcement des capacités nationales. Les pays en développement devraient aussi contribuer activement à l’effort mondial par une déviation substantielle de l’augmentation de leurs émissions par rapport au scenario « business as usual », en cohérence avec les recommandations du GIEC, avec pour objectif de réduire l’intensité carbone de leurs économies et d’atteindre un pic d’émissions le plus tôt possible, en gardant à l’esprit que le développement économique et social et l’éradication de la pauvreté sont les premières priorités des pays en développement.

Nos deux pays appuieront la création d’un registre dans le cadre de la mise en place d’un système de mesure, communication et vérification des actions nationales d’atténuation des pays en développement et du soutien financier accordé par les pays développés. Ce registre servirait à flécher les moyens d’appui à la mise en œuvre des actions d’atténuation par les pays en développement, et permettrait ainsi de contribuer à l’accroissement de l’effort d’atténuation au niveau mondial.

La France et le Brésil soulignent également l’importance de l’adaptation aux effets néfastes du changement climatique et conviennent que l’atténuation et l’adaptation devraient se voir accorder la même importance par la Convention. En dépit de leur responsabilité limitée sur le changement climatique, les pays en développement font déjà face à ses conséquences néfastes. La France et le Brésil soulignent la nécessité d’élaborer un cadre juste, global et robuste pour l’adaptation. Ce cadre doit inclure un soutien financier nouveau et substantiel pour les pays en développement, particulièrement les pays pauvres et vulnérables d’Afrique, les pays les moins avancés et les petits Etats insulaires, afin qu’ils puissent faire face au fardeau que le changement climatique ajoute au défi du développement économique et social et à l’éradication de la pauvreté.

Ils rappellent que la mise à disposition de ressources financières constitue l’un des éléments clés d’une mise en œuvre intégrale, efficace et soutenue de la Convention. Dans ce contexte, ils soulignent que l’augmentation graduelle du financement public international sera indispensable à une conclusion positive de la COP-15. Ils soulignent le rôle des instruments financiers, des mécanismes innovants et du secteur privé pour soutenir les actions d’atténuation et d’adaptation ainsi que le développement et le transfert des technologies. Les investissements doivent soutenir la croissance sobre en carbone et des modes de production et de consommation durables.

La France et le Brésil mettent en relief la nécessité d’une coopération accrue entre pays développés et en développement pour la recherche, le développement, le déploiement, la diffusion et le transfert de technologies vertes. La coopération technologique peut être approfondie par la création de pôles internationaux de partage des connaissances et de l’information et par le renforcement des capacités nationales, ainsi que par l’établissement de centres nationaux et régionaux de technologies respectueuses de l’environnement. Des solutions innovantes seront également nécessaires pour améliorer de manière significative l’accès aux technologies.

Ils soulignent l’importance de stimuler l’action visant à réduire les émissions dues à la déforestation et à la dégradation de la forêt dans les pays en développement (REDD). Ils reconnaissent que cet objectif constitue un élément important des efforts d’atténuation accomplis par certains pays en développement et qu’il peut jouer un rôle important dans l’action mondiale de lutte contre le changement climatique. La réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation de la forêt, à travers la préservation des forêts, la gestion durable et l’accroissement des stocks de carbone dans les forêts, pourra et devra avoir un double bénéfice social et environnemental.

Dans cette optique, la France et le Brésil conviennent que ces activités devraient se voir accorder un soutien financier et technologique adéquat, dans le cadre des actions nationales appropriées d’atténuation à mener par les pays en développement. Ils insistent sur la nécessité de renforcer la coopération – Nord-Sud et Sud-Sud – en matière de renforcement des capacités et de technologie dans le secteur forestier, notamment l’utilisation d’instruments de télédétection. Ils s’engagent à veiller à ce que la réduction des émissions due à la déforestation fasse partie des conclusions de Copenhague et soutiennent l’inclusion de cet objectif dans le cadre de la Convention.

La France et le Brésil soulignent la nécessité de résultats ambitieux en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. Dans cette optique, ils mettent en exergue le rôle de l’efficacité énergétique et des sources d’énergie renouvelables, y compris les sources bioénergétiques socialement et environnementalement durables.

La France et le Brésil s’accordent sur la nécessité de créer une organisation internationale consacrée à l’environnement et au développement durable, pour donner plus de cohérence aux efforts de la communauté internationale dans ces domaines. Ils sont convaincus qu’une impulsion décisive devrait être donnée à Copenhague en décembre, afin que l’Organisation mondiale soit mise en place à la Conférence Rio+20 à Rio de Janeiro en 2012.

Quelques remarques rapides :

L’objectif du 2°C du réchauffement est celui retenu par une bonne partie de la communauté internationale. Mais rappelons qu’il sera très difficile à atteindre, en particulier en l’état actuel des engagements des pays développés, dont fait partie la France.

On peut s’interroger sérieusement sur un point : quelle est la valeur d’une telle déclaration dans un contexte de négociations qui s’organisent autours de « blocs » de pays ? La France semble sortir du rang, faire cavalier seul par rapport à l’UE. Idem pour le Brésil par rapport au G77. Pourtant, ce sont bien ces deux groupes (UE et G77) qui font l’effectivité des négociations : la France ne parle pas, le Brésil ne parle pas, seuls le groupe auquel ce pays appartient parle. Il ne s’agit pas de dire que les pays ont perdu tout capacité d’initiative politique, toute autonomie ; mais on voit pour l’instant très mal la coordination des déclarations politiques isolées et la réalité concrète des négociations.

La déclaration ne semble oublier aucun chapitre des négociations ; les principaux points sont abordés. Certains, tels le financement, sont précisés puisque les deux pays affichent leur préférence pour une des options en cours de discussion.

On remarque que le nucléaire n’est pas évoqué, les deux pays préférant citer les économies d’énergie et les renouvelables. C’est une bonne nouvelle de savoir que M. Sarkozy sait mettre entre parenthèse son travail de VRP pro nucléaire.

Enfin, la France et le Brésil entendent militer en faveur d’une organisation internationale consacrée à l’environnement (OME) et au développement durable. C’est une bonne chose, souhaitable… mais qui sera difficile à mettre en place. Une petite question : qu’est ce qu’une « impulsion décisive donnée à Copenhague » pour permettre la mise en place d’une telle OME ?… Ce qui est sûr, est que la conférence des Partie qui se réunira à Copenhague agit dans le cadre d’un mandat clairement déterminé, qui ne permettra pas d’évoquer la place d’une telle OME dans la régulation du climat.

 

(Traduit de l’anglais)

Position commune de la France et du Brésil sur le changement climatique

La France et le Brésil réitèrent leur conviction que le changement climatique est l’un des défis les plus urgents auxquels nous faisons face aujourd’hui et qu’il exige une réponse globale immédiate guidée par les principes de justice et d’équité. Les deux pays soulignent que la lutte contre le changement climatique est un impératif qui doit être entièrement compatible avec une croissance économique durable et l’éradication de la pauvreté. Ils souscrivent aux conclusions scientifiques du Quatrième rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et soutiennent l’objectif de limitation de la hausse de la température moyenne mondiale à 2°C au-dessus des niveaux pré-industriels. Le respect de cet objectif implique un pic des émissions mondiales le plus tôt possible et une réduction des émissions mondiales d’au moins 50% d’ici à 2050 par rapport à 1990.

La France et le Brésil ont décidé de travailler ensemble avant la 15ème Conférence des Parties à la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique qui se tiendra à Copenhague en décembre 2009. Ils soulignent l’importance d’établir des ponts entre les pays et s’engagent à favoriser le développement d’une vision commune entre le G77/Chine et les pays les plus industrialisés. Ils soulignent l’importance que deux pays avec des situations nationales et régionales différentes puissent exprimer des positions communes sur les thèmes majeurs des négociations sur le changement climatique. Ils sont déterminés à accélérer le rythme des négociations afin de parvenir à un accord ambitieux basé sur la feuille de route de Bali, à Copenhague, à la fin de cette année.

La France et le Brésil s’engagent à coopérer afin de renforcer le régime international contre le changement climatique en rehaussant le niveau d’ambition de la mise en œuvre de la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique et de son Protocole de Kyoto. A cet égard, ils rappellent que toutes les parties doivent formuler, mettre en œuvre, publier et actualiser leurs programmes nationaux comportant les mesures destinées à atténuer le changement climatique et à faciliter l’adaptation. Ces plans nationaux doivent être les vecteurs d’une croissance sobre en carbone.

Ils soulignent que tous les pays de l’Annexe I de la Convention des Nations Unies doivent adopter des nouveaux objectifs ambitieux de réduction des émissions à moyen terme, conformément à leurs responsabilités et à leurs capacités, historiques et actuelles, et cohérents avec la limitation du réchauffement à 2°C et les recommandations du GIEC. Les pays de l’Annexe I doivent adopter des trajectoires de réduction cohérentes avec leur objectif de réduire leurs émissions d’au moins 80% d’ici à 2050 par rapport à 1990. Dans ce contexte, ils conviennent de l’importance cruciale d’une comparabilité des réductions appliquées à l’ensemble de l’économie entre tous les pays de l’Annexe I.

Pour leur part, les pays ne relevant pas de l’Annexe I doivent rechercher une croissance sobre en carbone en mettant en œuvre des actions nationales appropriées d’atténuation ( « NAMAs ») dans le cadre du développement durable, facilité et soutenu par les pays développés avec des financements nouveaux et additionnels, une coopération technologique et un renforcement des capacités nationales. Les pays en développement devraient aussi contribuer activement à l’effort mondial par une déviation substantielle de l’augmentation de leurs émissions par rapport au scenario « business as usual », en cohérence avec les recommandations du GIEC, avec pour objectif de réduire l’intensité carbone de leurs économies et d’atteindre un pic d’émissions le plus tôt possible, en gardant à l’esprit que le développement économique et social et l’éradication de la pauvreté sont les premières priorités des pays en développement.

Nos deux pays appuieront la création d’un registre dans le cadre de la mise en place d’un système de mesure, communication et vérification des actions nationales d’atténuation des pays en développement et du soutien financier accordé par les pays développés. Ce registre servirait à flécher les moyens d’appui à la mise en œuvre des actions d’atténuation par les pays en développement, et permettrait ainsi de contribuer à l’accroissement de l’effort d’atténuation au niveau mondial.

La France et le Brésil soulignent également l’importance de l’adaptation aux effets néfastes du changement climatique et conviennent que l’atténuation et l’adaptation devraient se voir accorder la même importance par la Convention. En dépit de leur responsabilité limitée sur le changement climatique, les pays en développement font déjà face à ses conséquences néfastes. La France et le Brésil soulignent la nécessité d’élaborer un cadre juste, global et robuste pour l’adaptation. Ce cadre doit inclure un soutien financier nouveau et substantiel pour les pays en développement, particulièrement les pays pauvres et vulnérables d’Afrique, les pays les moins avancés et les petits Etats insulaires, afin qu’ils puissent faire face au fardeau que le changement climatique ajoute au défi du développement économique et social et à l’éradication de la pauvreté.

Ils rappellent que la mise à disposition de ressources financières constitue l’un des éléments clés d’une mise en œuvre intégrale, efficace et soutenue de la Convention. Dans ce contexte, ils soulignent que l’augmentation graduelle du financement public international sera indispensable à une conclusion positive de la COP-15. Ils soulignent le rôle des instruments financiers, des mécanismes innovants et du secteur privé pour soutenir les actions d’atténuation et d’adaptation ainsi que le développement et le transfert des technologies. Les investissements doivent soutenir la croissance sobre en carbone et des modes de production et de consommation durables.

La France et le Brésil mettent en relief la nécessité d’une coopération accrue entre pays développés et en développement pour la recherche, le développement, le déploiement, la diffusion et le transfert de technologies vertes. La coopération technologique peut être approfondie par la création de pôles internationaux de partage des connaissances et de l’information et par le renforcement des capacités nationales, ainsi que par l’établissement de centres nationaux et régionaux de technologies respectueuses de l’environnement. Des solutions innovantes seront également nécessaires pour améliorer de manière significative l’accès aux technologies.

Ils soulignent l’importance de stimuler l’action visant à réduire les émissions dues à la déforestation et à la dégradation de la forêt dans les pays en développement (REDD). Ils reconnaissent que cet objectif constitue un élément important des efforts d’atténuation accomplis par certains pays en développement et qu’il peut jouer un rôle important dans l’action mondiale de lutte contre le changement climatique. La réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation de la forêt, à travers la préservation des forêts, la gestion durable et l’accroissement des stocks de carbone dans les forêts, pourra et devra avoir un double bénéfice social et environnemental.

Dans cette optique, la France et le Brésil conviennent que ces activités devraient se voir accorder un soutien financier et technologique adéquat, dans le cadre des actions nationales appropriées d’atténuation à mener par les pays en développement. Ils insistent sur la nécessité de renforcer la coopération – Nord-Sud et Sud-Sud – en matière de renforcement des capacités et de technologie dans le secteur forestier, notamment l’utilisation d’instruments de télédétection. Ils s’engagent à veiller à ce que la réduction des émissions due à la déforestation fasse partie des conclusions de Copenhague et soutiennent l’inclusion de cet objectif dans le cadre de la Convention.

La France et le Brésil soulignent la nécessité de résultats ambitieux en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. Dans cette optique, ils mettent en exergue le rôle de l’efficacité énergétique et des sources d’énergie renouvelables, y compris les sources bioénergétiques socialement et environnementalement durables.

La France et le Brésil s’accordent sur la nécessité de créer une organisation internationale consacrée à l’environnement et au développement durable, pour donner plus de cohérence aux efforts de la communauté internationale dans ces domaines. Ils sont convaincus qu’une impulsion décisive devrait être donnée à Copenhague en décembre, afin que l’Organisation mondiale soit mise en place à la Conférence Rio+20 à Rio de Janeiro en 2012.

Le Brésil et la France ont annoncé adopter une position commune afin de lancer une dynamique alternative au dialogue sino-américain. Cette déclaration s’inscrit dans la dynamique initiée par JL Borloo, qui a multiplié les déplacements dans des pays pauvres afin de tenter une convergence de vue. Rappelons également l’annonce d’un plan justice-climat, axé sur des investissements massifs dans le solaire en Afrique.

Ci-dessous le texte de la déclaration, suivi de quelques commentaires.

(Traduit de l’anglais)

Position commune de la France et du Brésil sur le changement climatique

La France et le Brésil réitèrent leur conviction que le changement climatique est l’un des défis les plus urgents auxquels nous faisons face aujourd’hui et qu’il exige une réponse globale immédiate guidée par les principes de justice et d’équité. Les deux pays soulignent que la lutte contre le changement climatique est un impératif qui doit être entièrement compatible avec une croissance économique durable et l’éradication de la pauvreté. Ils souscrivent aux conclusions scientifiques du Quatrième rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et soutiennent l’objectif de limitation de la hausse de la température moyenne mondiale à 2°C au-dessus des niveaux pré-industriels. Le respect de cet objectif implique un pic des émissions mondiales le plus tôt possible et une réduction des émissions mondiales d’au moins 50% d’ici à 2050 par rapport à 1990.

La France et le Brésil ont décidé de travailler ensemble avant la 15ème Conférence des Parties à la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique qui se tiendra à Copenhague en décembre 2009. Ils soulignent l’importance d’établir des ponts entre les pays et s’engagent à favoriser le développement d’une vision commune entre le G77/Chine et les pays les plus industrialisés. Ils soulignent l’importance que deux pays avec des situations nationales et régionales différentes puissent exprimer des positions communes sur les thèmes majeurs des négociations sur le changement climatique. Ils sont déterminés à accélérer le rythme des négociations afin de parvenir à un accord ambitieux basé sur la feuille de route de Bali, à Copenhague, à la fin de cette année.

La France et le Brésil s’engagent à coopérer afin de renforcer le régime international contre le changement climatique en rehaussant le niveau d’ambition de la mise en œuvre de la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique et de son Protocole de Kyoto. A cet égard, ils rappellent que toutes les parties doivent formuler, mettre en œuvre, publier et actualiser leurs programmes nationaux comportant les mesures destinées à atténuer le changement climatique et à faciliter l’adaptation. Ces plans nationaux doivent être les vecteurs d’une croissance sobre en carbone.

Ils soulignent que tous les pays de l’Annexe I de la Convention des Nations Unies doivent adopter des nouveaux objectifs ambitieux de réduction des émissions à moyen terme, conformément à leurs responsabilités et à leurs capacités, historiques et actuelles, et cohérents avec la limitation du réchauffement à 2°C et les recommandations du GIEC. Les pays de l’Annexe I doivent adopter des trajectoires de réduction cohérentes avec leur objectif de réduire leurs émissions d’au moins 80% d’ici à 2050 par rapport à 1990. Dans ce contexte, ils conviennent de l’importance cruciale d’une comparabilité des réductions appliquées à l’ensemble de l’économie entre tous les pays de l’Annexe I.

Pour leur part, les pays ne relevant pas de l’Annexe I doivent rechercher une croissance sobre en carbone en mettant en œuvre des actions nationales appropriées d’atténuation ( « NAMAs ») dans le cadre du développement durable, facilité et soutenu par les pays développés avec des financements nouveaux et additionnels, une coopération technologique et un renforcement des capacités nationales. Les pays en développement devraient aussi contribuer activement à l’effort mondial par une déviation substantielle de l’augmentation de leurs émissions par rapport au scenario « business as usual », en cohérence avec les recommandations du GIEC, avec pour objectif de réduire l’intensité carbone de leurs économies et d’atteindre un pic d’émissions le plus tôt possible, en gardant à l’esprit que le développement économique et social et l’éradication de la pauvreté sont les premières priorités des pays en développement.

Nos deux pays appuieront la création d’un registre dans le cadre de la mise en place d’un système de mesure, communication et vérification des actions nationales d’atténuation des pays en développement et du soutien financier accordé par les pays développés. Ce registre servirait à flécher les moyens d’appui à la mise en œuvre des actions d’atténuation par les pays en développement, et permettrait ainsi de contribuer à l’accroissement de l’effort d’atténuation au niveau mondial.

La France et le Brésil soulignent également l’importance de l’adaptation aux effets néfastes du changement climatique et conviennent que l’atténuation et l’adaptation devraient se voir accorder la même importance par la Convention. En dépit de leur responsabilité limitée sur le changement climatique, les pays en développement font déjà face à ses conséquences néfastes. La France et le Brésil soulignent la nécessité d’élaborer un cadre juste, global et robuste pour l’adaptation. Ce cadre doit inclure un soutien financier nouveau et substantiel pour les pays en développement, particulièrement les pays pauvres et vulnérables d’Afrique, les pays les moins avancés et les petits Etats insulaires, afin qu’ils puissent faire face au fardeau que le changement climatique ajoute au défi du développement économique et social et à l’éradication de la pauvreté.

Ils rappellent que la mise à disposition de ressources financières constitue l’un des éléments clés d’une mise en œuvre intégrale, efficace et soutenue de la Convention. Dans ce contexte, ils soulignent que l’augmentation graduelle du financement public international sera indispensable à une conclusion positive de la COP-15. Ils soulignent le rôle des instruments financiers, des mécanismes innovants et du secteur privé pour soutenir les actions d’atténuation et d’adaptation ainsi que le développement et le transfert des technologies. Les investissements doivent soutenir la croissance sobre en carbone et des modes de production et de consommation durables.

La France et le Brésil mettent en relief la nécessité d’une coopération accrue entre pays développés et en développement pour la recherche, le développement, le déploiement, la diffusion et le transfert de technologies vertes. La coopération technologique peut être approfondie par la création de pôles internationaux de partage des connaissances et de l’information et par le renforcement des capacités nationales, ainsi que par l’établissement de centres nationaux et régionaux de technologies respectueuses de l’environnement. Des solutions innovantes seront également nécessaires pour améliorer de manière significative l’accès aux technologies.

Ils soulignent l’importance de stimuler l’action visant à réduire les émissions dues à la déforestation et à la dégradation de la forêt dans les pays en développement (REDD). Ils reconnaissent que cet objectif constitue un élément important des efforts d’atténuation accomplis par certains pays en développement et qu’il peut jouer un rôle important dans l’action mondiale de lutte contre le changement climatique. La réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation de la forêt, à travers la préservation des forêts, la gestion durable et l’accroissement des stocks de carbone dans les forêts, pourra et devra avoir un double bénéfice social et environnemental.

Dans cette optique, la France et le Brésil conviennent que ces activités devraient se voir accorder un soutien financier et technologique adéquat, dans le cadre des actions nationales appropriées d’atténuation à mener par les pays en développement. Ils insistent sur la nécessité de renforcer la coopération – Nord-Sud et Sud-Sud – en matière de renforcement des capacités et de technologie dans le secteur forestier, notamment l’utilisation d’instruments de télédétection. Ils s’engagent à veiller à ce que la réduction des émissions due à la déforestation fasse partie des conclusions de Copenhague et soutiennent l’inclusion de cet objectif dans le cadre de la Convention.

La France et le Brésil soulignent la nécessité de résultats ambitieux en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. Dans cette optique, ils mettent en exergue le rôle de l’efficacité énergétique et des sources d’énergie renouvelables, y compris les sources bioénergétiques socialement et environnementalement durables.

La France et le Brésil s’accordent sur la nécessité de créer une organisation internationale consacrée à l’environnement et au développement durable, pour donner plus de cohérence aux efforts de la communauté internationale dans ces domaines. Ils sont convaincus qu’une impulsion décisive devrait être donnée à Copenhague en décembre, afin que l’Organisation mondiale soit mise en place à la Conférence Rio+20 à Rio de Janeiro en 2012.

Quelques remarques rapides :

L’objectif du 2°C du réchauffement est celui retenu par une bonne partie de la communauté internationale. Mais rappelons qu’il sera très difficile à atteindre, en particulier en l’état actuel des engagements des pays développés, dont fait partie la France.

On peut s’interroger sérieusement sur un point : quelle est la valeur d’une telle déclaration dans un contexte de négociations qui s’organisent autours de « blocs » de pays ? La France semble sortir du rang, faire cavalier seul par rapport à l’UE. Idem pour le Brésil par rapport au G77. Pourtant, ce sont bien ces deux groupes (UE et G77) qui font l’effectivité des négociations : la France ne parle pas, le Brésil ne parle pas, seuls le groupe auquel ce pays appartient parle. Il ne s’agit pas de dire que les pays ont perdu tout capacité d’initiative politique, toute autonomie ; mais on voit pour l’instant très mal la coordination des déclarations politiques isolées et la réalité concrète des négociations.

La déclaration ne semble oublier aucun chapitre des négociations ; les principaux points sont abordés. Certains, tels le financement, sont précisés puisque les deux pays affichent leur préférence pour une des options en cours de discussion.

On remarque que le nucléaire n’est pas évoqué, les deux pays préférant citer les économies d’énergie et les renouvelables. C’est une bonne nouvelle de savoir que M. Sarkozy sait mettre entre parenthèse son travail de VRP pro nucléaire.

Enfin, la France et le Brésil entendent militer en faveur d’une organisation internationale consacrée à l’environnement (OME) et au développement durable. C’est une bonne chose, souhaitable… mais qui sera difficile à mettre en place. Une petite question : qu’est ce qu’une « impulsion décisive donnée à Copenhague » pour permettre la mise en place d’une telle OME ?… Ce qui est sûr, est que la conférence des Partie qui se réunira à Copenhague agit dans le cadre d’un mandat clairement déterminé, qui ne permettra pas d’évoquer la place d’une telle OME dans la régulation du climat.

 

(Traduit de l’anglais)

Position commune de la France et du Brésil sur le changement climatique

La France et le Brésil réitèrent leur conviction que le changement climatique est l’un des défis les plus urgents auxquels nous faisons face aujourd’hui et qu’il exige une réponse globale immédiate guidée par les principes de justice et d’équité. Les deux pays soulignent que la lutte contre le changement climatique est un impératif qui doit être entièrement compatible avec une croissance économique durable et l’éradication de la pauvreté. Ils souscrivent aux conclusions scientifiques du Quatrième rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et soutiennent l’objectif de limitation de la hausse de la température moyenne mondiale à 2°C au-dessus des niveaux pré-industriels. Le respect de cet objectif implique un pic des émissions mondiales le plus tôt possible et une réduction des émissions mondiales d’au moins 50% d’ici à 2050 par rapport à 1990.

La France et le Brésil ont décidé de travailler ensemble avant la 15ème Conférence des Parties à la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique qui se tiendra à Copenhague en décembre 2009. Ils soulignent l’importance d’établir des ponts entre les pays et s’engagent à favoriser le développement d’une vision commune entre le G77/Chine et les pays les plus industrialisés. Ils soulignent l’importance que deux pays avec des situations nationales et régionales différentes puissent exprimer des positions communes sur les thèmes majeurs des négociations sur le changement climatique. Ils sont déterminés à accélérer le rythme des négociations afin de parvenir à un accord ambitieux basé sur la feuille de route de Bali, à Copenhague, à la fin de cette année.

La France et le Brésil s’engagent à coopérer afin de renforcer le régime international contre le changement climatique en rehaussant le niveau d’ambition de la mise en œuvre de la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique et de son Protocole de Kyoto. A cet égard, ils rappellent que toutes les parties doivent formuler, mettre en œuvre, publier et actualiser leurs programmes nationaux comportant les mesures destinées à atténuer le changement climatique et à faciliter l’adaptation. Ces plans nationaux doivent être les vecteurs d’une croissance sobre en carbone.

Ils soulignent que tous les pays de l’Annexe I de la Convention des Nations Unies doivent adopter des nouveaux objectifs ambitieux de réduction des émissions à moyen terme, conformément à leurs responsabilités et à leurs capacités, historiques et actuelles, et cohérents avec la limitation du réchauffement à 2°C et les recommandations du GIEC. Les pays de l’Annexe I doivent adopter des trajectoires de réduction cohérentes avec leur objectif de réduire leurs émissions d’au moins 80% d’ici à 2050 par rapport à 1990. Dans ce contexte, ils conviennent de l’importance cruciale d’une comparabilité des réductions appliquées à l’ensemble de l’économie entre tous les pays de l’Annexe I.

Pour leur part, les pays ne relevant pas de l’Annexe I doivent rechercher une croissance sobre en carbone en mettant en œuvre des actions nationales appropriées d’atténuation ( « NAMAs ») dans le cadre du développement durable, facilité et soutenu par les pays développés avec des financements nouveaux et additionnels, une coopération technologique et un renforcement des capacités nationales. Les pays en développement devraient aussi contribuer activement à l’effort mondial par une déviation substantielle de l’augmentation de leurs émissions par rapport au scenario « business as usual », en cohérence avec les recommandations du GIEC, avec pour objectif de réduire l’intensité carbone de leurs économies et d’atteindre un pic d’émissions le plus tôt possible, en gardant à l’esprit que le développement économique et social et l’éradication de la pauvreté sont les premières priorités des pays en développement.

Nos deux pays appuieront la création d’un registre dans le cadre de la mise en place d’un système de mesure, communication et vérification des actions nationales d’atténuation des pays en développement et du soutien financier accordé par les pays développés. Ce registre servirait à flécher les moyens d’appui à la mise en œuvre des actions d’atténuation par les pays en développement, et permettrait ainsi de contribuer à l’accroissement de l’effort d’atténuation au niveau mondial.

La France et le Brésil soulignent également l’importance de l’adaptation aux effets néfastes du changement climatique et conviennent que l’atténuation et l’adaptation devraient se voir accorder la même importance par la Convention. En dépit de leur responsabilité limitée sur le changement climatique, les pays en développement font déjà face à ses conséquences néfastes. La France et le Brésil soulignent la nécessité d’élaborer un cadre juste, global et robuste pour l’adaptation. Ce cadre doit inclure un soutien financier nouveau et substantiel pour les pays en développement, particulièrement les pays pauvres et vulnérables d’Afrique, les pays les moins avancés et les petits Etats insulaires, afin qu’ils puissent faire face au fardeau que le changement climatique ajoute au défi du développement économique et social et à l’éradication de la pauvreté.

Ils rappellent que la mise à disposition de ressources financières constitue l’un des éléments clés d’une mise en œuvre intégrale, efficace et soutenue de la Convention. Dans ce contexte, ils soulignent que l’augmentation graduelle du financement public international sera indispensable à une conclusion positive de la COP-15. Ils soulignent le rôle des instruments financiers, des mécanismes innovants et du secteur privé pour soutenir les actions d’atténuation et d’adaptation ainsi que le développement et le transfert des technologies. Les investissements doivent soutenir la croissance sobre en carbone et des modes de production et de consommation durables.

La France et le Brésil mettent en relief la nécessité d’une coopération accrue entre pays développés et en développement pour la recherche, le développement, le déploiement, la diffusion et le transfert de technologies vertes. La coopération technologique peut être approfondie par la création de pôles internationaux de partage des connaissances et de l’information et par le renforcement des capacités nationales, ainsi que par l’établissement de centres nationaux et régionaux de technologies respectueuses de l’environnement. Des solutions innovantes seront également nécessaires pour améliorer de manière significative l’accès aux technologies.

Ils soulignent l’importance de stimuler l’action visant à réduire les émissions dues à la déforestation et à la dégradation de la forêt dans les pays en développement (REDD). Ils reconnaissent que cet objectif constitue un élément important des efforts d’atténuation accomplis par certains pays en développement et qu’il peut jouer un rôle important dans l’action mondiale de lutte contre le changement climatique. La réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation de la forêt, à travers la préservation des forêts, la gestion durable et l’accroissement des stocks de carbone dans les forêts, pourra et devra avoir un double bénéfice social et environnemental.

Dans cette optique, la France et le Brésil conviennent que ces activités devraient se voir accorder un soutien financier et technologique adéquat, dans le cadre des actions nationales appropriées d’atténuation à mener par les pays en développement. Ils insistent sur la nécessité de renforcer la coopération – Nord-Sud et Sud-Sud – en matière de renforcement des capacités et de technologie dans le secteur forestier, notamment l’utilisation d’instruments de télédétection. Ils s’engagent à veiller à ce que la réduction des émissions due à la déforestation fasse partie des conclusions de Copenhague et soutiennent l’inclusion de cet objectif dans le cadre de la Convention.

La France et le Brésil soulignent la nécessité de résultats ambitieux en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. Dans cette optique, ils mettent en exergue le rôle de l’efficacité énergétique et des sources d’énergie renouvelables, y compris les sources bioénergétiques socialement et environnementalement durables.

La France et le Brésil s’accordent sur la nécessité de créer une organisation internationale consacrée à l’environnement et au développement durable, pour donner plus de cohérence aux efforts de la communauté internationale dans ces domaines. Ils sont convaincus qu’une impulsion décisive devrait être donnée à Copenhague en décembre, afin que l’Organisation mondiale soit mise en place à la Conférence Rio+20 à Rio de Janeiro en 2012.

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Climat : la prétention ne fait pas la vérité

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Lors de la réunion du Conseil des ministres du 30 octobre, les leaders Européens se sont auto-satisfaits de leur position commune, qui permettrait à l’UE de conserver le « leadership » dans la lutte contre les changements climatiques.  Mais l’Europe prend ses rêves pour des réalités. Et comme l’ont montré les discussion à Barcelone du 2 au 6 novembre, avec un regard un peu moins occidentalo-centré, l’UE est bien moins brillante qu’elle ne veut le faire croire.

L’analyse de la situation sur les réductions d’émissions est alarmante, et l’UE a sa part de responsabilité. Le problème est similaire pour le financement.

Atténuation

L’UE, qui suit facilement les déclarations du G20, supporte l’objectif du +2°C en 2100. Ceci implique une atténuation des émissions mondiales d’au moins 50% en 2050 par rapport à 1990, et une atténuation de la part des pays développés comprise entre 80% et 95% en 2050, objectifs que l’UE partage. A priori, l’UE est « dans les clous ».

D’abord, rappelons qu’il y a quelques approximations dans ces affirmations largement relayées par les médias et globalement acceptées dans le cadre des discussions. Pour être précis, le GIEC indique que les réductions mondiales comprises entre 50 et 85% en 2050 (par rapport à 2000) sont nécessaires pour limiter l’accroissement de température entre 2°C et 2,4°C « à l’équilibre ».

Mais prenons l’objectif de 50% de réductions en 2050. Prenons également l’auto-objectif fixé par l’UE aux pays industrialisés de -80 à -95% en 2050. De ces deux chiffres, un troisième peut être déduit : ce qu’il reste pour les autres pays. Quelle parte de la « tarte carbone » leur reste-t-il ?

D’après le  South Center (voir la conf de presse), un think-tank international qui regroupe 51 pays en développement, une réduction de 80% par les pays développés implique une réduction nette de 20% pour les pays en développement, afin d’atteindre l’objectif de 2050. Si on prend en considération la croissance démographique, cela aboutirait à une réduction de 60% des émissions par tête. Ce qui est évidemment injuste, puisque les émissions par tête sont déjà actuellement très faibles en comparaisons de celles des pays développés (pour rappel, un Etats-Unien émet chaque année 19,8 tCO2 et un Chinois 4,6 tCO2), et qu’elles l’ont toujours été historiquement ! (Je n’ai  malheureusement pas de document écrit qui précise le détail de ces calculs…).

Mais comme si ce constat ne suffisait pas, on est loin d’avoir les garanties concernant la réduction de 80% en 2050 par les pays développés. En effet, si on regarde un objectif intermédiaire en 2020, largement discuté dans les négociations internationales, il y a de quoi être très inquiet.

En effet, le GIEC indique que, toujours pour le même objectif, il est nécessaire que les émissions mondiales atteignent leur maximum d’ici 2015 et que les pays développés passent par un point de passage compris entre 25 à 40% de leurs émissions en 2020 par rapport à 1990. Encore une fois, l’UE joue au bon élève en affichant 30% de réduction en cas d’accord international. Les petits-Etats îles et l’Afrique réclament des réductions de 40 à 45%.

Le problème est que ce chiffre doit être replacé dans son contexte : celui de tous les pays développés. Or, la plupart des pays développés ont vu leurs émissions fortement augmenté depuis 1990 (en dépit du protocole de Kyoto). Il leur est donc désormais impossible d’atteindre un objectif de -25% en 2020. Le cas symptomatique est celui des Etats-Unis, qui malgré une réduction de 20% des émissions par rapport à 2005 ne pourraient arriver qu’à un maigre -5% par rapport à 1990.

En somme, si on regroupe les promesses des pays développés, on obtient des réductions de leur part comprises entre 11 et 14% par rapport à 1990 (en incluant les Etats-Unis). On est loin des 25% minimums et encore plus loin des -40% demandé par les plus pauvres.

Quelle responsabilité de l’UE ? Evidemment l’UE n’est pas responsable des dérapages des autres pays développés. Mais en faisant « juste sa part du boulot » (et encore), elle sait très bien qu’il sera impossible pour l’ensemble des pays développés de réduire leurs émissions de 25%. L’UE a une responsabilité en terme de solidarité avec les autres pays développés. Il faut que l’UE réduise au delà de 30% pour laisser une chance aux pays développés d’atteindre 25% ou plus de réductions.

En l’état actuel des choses, on est très très loin de l’objectif officiel du +2°C, on est bien plus sur une trajectoire de 3°C.

Financement

La problématique est similaire pour ce qui est du financement. L’annonce de l’UE fait est à première vue ambitieuse, mais reste en réalité insuffisante par rapport aux besoins réels. Voir l‘article sur la question.

En conclusion

Toujours la même conclusion revient depuis des mois : il faut plus d’argent et plus de réductions d’émissions de la part des riches ! Et malgré son auto-satisfecit permanent, l’UE doit faire un pas supplémentaire, comme tout le monde.

Quelques infos sur les négociations internationales

Sur les négociations en général : note de décryptage de l’IEPF n°2 (note rédigée avant Barcelone) par P. Radanne, A. Mazounie, E. Diaz

Sur les discussions qui se sont déroulées à Barcelone : compte-rendus de l’IISD, interview de Pierre Radanne qui résume l’ensemble de la situation.

Climat : l’Afrique fait monter la pression à Barcelone

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Dès l’ouverture lundi à Barcelone du dernier round de négociation avant Copenhague, l’Afrique tape du point sur la table. Et fort, puisque les négociations sont partiellement bloquées. Explications.

Il faut commencer par un petit rappel du fonctionnement de la négociation. Celle-ci se déroule dans deux cadres institutionnels parallèles définis par la feuille de route de Bali (ou Bali Action Plan -BAP-) : l’Ad-hoc Working Group on Kyoto Protocol (AWG-KP) et l’Ad-hoc Worging Group on Long-term Cooperative Action (AWG-LCA).

Comme son nom l’indique, l’AWG-KP regroupe les pays qui ont ratifié le protocole de Kyoto (Parties au protocole)… c’est à dire tout le monde, sauf les Etats-Unis. Comme son nom ne l’indique pas, l’AWG-LCA regroupe les parties qui ont ratifié la Convention des Nations Unies sur les Changements Climatiques (UNFCCC), c’est à dire tout le monde, y compris les Etats-Unis (le Parties à la Convention). Dans les deux groupes AWG, des « groupes de contacts » par sujets se réunissent pour avancer sur le texte.

Le décor planté, rentrons dans le vive du sujet.

Le Protocole de Kyoto prévoit que la première période d’engagement (2008-2012) sera suivie d’une seconde période (2013-2017 ou 2020). Les Parties au protocole doivent discuter des futurs engagements, et en particulier les Pays de l’Annexe B (les pays industrialisés) doivent s’engager sur un nouveau chiffre global et des engagements individuels  d’atténuation. Ceci aurait dû être fait lors du premier semestre 2009, mais pour le moment toujours pas de chiffres. Et les négociations n’avancent pas sur ce sujet.

Ceci, parallèlement à d’autres déclarations, fait dire aux pays en développement que les pays développés veulent tuer le protocole de Kyoto. A la fin de Barcelone, l’UE avait par exemple annoncé son souhait de dépasser Kyoto… Or, dans Kyoto, il y a des acquis majeurs pour les pays en développements : le principe de responsabilité commune mais différenciée, le caractère contraignant des engagements de réductions… Mettre fin à Kyoto ne donne pas de garantie sur ce que serait le nouveau texte.

D’où la décision de taper du point sur la table pour les pays africains : ils ont déclaré lors de l’assemblée plénière lundi qu’ils souhaitent la suspension des discussions de tous les groupes de contacts du groupe AWG-KP tant que des chiffres de réductions dans le cadre du protocole de Kyoto ne seront pas négociés. Etant donné que toutes les Parties sont requises pour continuer les discussions, leur action implique obligatoirement la suspension des travaux dans tous les groupes (sauf un) de l’AWG-KP.

Lors de sa conférence de presse mardi (visible ici), le groupe afrique s’est expliqué de la démarche, fort logique au demeurant :

  • en premier lieu, comme déterminé par le Protocole lui-même et par le Plan d’action de Bali, il faut s’accorder sur les chiffres de réduction des pays développés inclus dans le Protocole de Kyoto. Cette discussion se déroule dans l’AWG-KP.
  • comme prévu par l’article 1) b) i) du plan d’action de Bali, nous devons avoir les engagements de tous les pays développés. Il faut donc élargir les chiffres fixés dans l’AWG-KP et inclure les Etats-Unis. Il faut renvoyer la discussion dans l’AWG-LCA.
  • ensuite, et seulement ensuite, on aborde l’article 1) b) ii) du plan d’action de Bali, afin de fixer des objectifs pour les pays émergents. La discussion se déroule toujours dans l’AWG-LCA.

Mettre la pression sur les engagements chiffrés d’atténuation est totalement logique : c’est un préalable à l’organisation d’un schéma global. En effet, les mécanismes de flexibilité ou la comptabilité liée au changement d’usage des sols (LULUCF) ou encore la déforestation, sont totalement dépendants de la contrainte initiale posée. Pour les mécanismes de flexibilité, c’est évident : il faut arriver à savoir si un projet d’atténuation des émissions dans un pays du sud, subventionné par un pays du nord, correspond à un mécanisme de flexibilité type MDP -et dans ce cas, il s’agit d’un « transfert du lieu de réduction des émissions » (la réduction est comptabilisée dans le pays développé) – ou si ce projet correspond à un soutien à l’atténuation per se dans les pays en développement (la réduction est comptabilisée dans le pays émergent). Tant qu’on n’a pas déterminé qui doit diminuer quoi, on ne peut pas déterminer les mécanismes d’échanges de contraintes.

Cette initiative du groupe Afrique est une offensive stratégique dans un contexte de faiblesse de l’engagement des pays développés. Rappelons que d’après les chiffres du secrétariat de l’UNFCCC, les engagements actuels des pays développés (hors Etats-Unis) conduisent à une atténuation comprise entre 17 et 23% des émissions d’ici 2020 (par rapport à 1990). Si on inclut les Etats-Unis, les chiffres tombent aux alentours de 10% de réduction. Et ceci alors que d’après le GIEC il est nécessaire de réduire entre 25% et 40%  les émissions des pays industrialisés d’ici 2020 (avec une déviation substantielle des émissions des pays en développement) pour pouvoir atteindre l’objectif du +2°C. Les pays africains réclament le haut de la fourchette (40%).

En termes de soutiens financiers, malgré l’auto-satisfecit de l’UE, la situation n’est pas non plus acceptable pour les pays africains (article à venir).

Le groupe Afrique a reçu le total soutien du G77 + Chine, qui a fait une déclaration claire lors de sa conférence de presse (visible ici). Les pays développés sont au pied du mur : ou bien il font vivre le protocole de Kyoto et s’engagent rapidement avec des chiffres de réduction sur la seconde période, ou bien ils continuent de vouloir le tuer… mais dans ce dernier cas, ils bloquent les discussions.

Actualisation le 3 nov. à 10h :

après de longues discussions de lundi soir et mardi, les pays développés ayant indiqué leur souhait d’avancer sur les chiffres de la seconde période de Kyoto, le groupe Afrique a décidé de lever le « boycott » afin que les discussions reprennent dans tous les groupes de discussion de l’AWG-KP.

Voir cette dépêche Reuters.

En route vers Copenhague : ouverture de la Conférence de Barcelone

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Cinq derniers jours pour négocier à Barcelone, avec l’ultime rencontre au sommet à Copenhague en décembre prochain.

Lors de la cérémonie d’ouverture ce lundi, comme le remarque Arnaud Gossement sur son blog, la ministre Danoise chargée du climat a fait un vibrant appel aux négociateurs afin qu’ils closent les discussions vendredi de telle sorte que le texte soit simplifié et que seuls les points de désaccords majeurs restent apparents, avec quelques options ouvertes pour que les ministres puissent trancher à Copenhague.

Les autres intervenants (dont le discours avec un quelconque intérêt) n’ont pas dit autre chose. Cinq jour pour débrousailler massivement les « non papers » (papiers qui recoupent tous les points de divergence) du groupe LCA  ; il y a du travail -certains non paper proposent encore jusqu’à 12 alternatives pour un même article-.

Comme l’a rappelé Yvo de Boer lors de la conférence de presse : nous n’avons pas le choix, il faut trouver un texte d’accord général en décembre (« negociations must stop in Copenhagen »), car le mandat s’arrête avec l’année 2009. Cela n’empêchera pas les discussions plus techniques de continuer ensuite.

Longuement questionné sur la place des Etats-Unis, il a déclaré qu’il ne pense pas concevable qu’un accord puisse être trouvé sans un objectif d’atténuation clair de la part de ce pays.  Il a rappelé différents points qui lui font penser que cela est encore possible :

– en 1997, pour les négociations de Kyoto, les délégués des Etats-Unis étaient très éloignés du Sénat. Aujourd’hui, ils travaillent de manière très rapprochée.

-le protocole de Kyoto n’a pas été ratifié par les EU parce qu’il était contraignant en droit international (comme certains le disent), mais parce que le Sénat a estimé que la lutte contre les changements climatiques pourrait atteindre durement l’économie américaine et parce que les pays émergents ne s’engageaient pas significativement. Aujourd’hui, ces deux derniers points ne sont plus vrais.

Yvo de Boer a rappelé qu’en 1997, aucun pays signataire n’était doté d’un instrument domestique afin d’atteindre des objectifs de réduction. Certes, aujourd’hui, de nombreux pays ont élaboré des politiques avec des objectifs chiffrés ; mais que les Etats-Unis n’aient pas adopté leur législation ne saurait entraîner obligatoirement un échec à Copenhague.

On notera au passage ici l’ambiguité de toute les négociations internationales : soit les pays n’ont pas pris d’engagement avant de négocier (situation Kyoto) et dans ce cas les négociations sont libres d’évoluer mais les Parlements nationaux devront avaler des couleuvres ; soit les pays ont pris des engagements nationaux, ce qui donne des gages de garanties concernant leur volonté, mais les négociations sont forcément limitées puisque les chiffres ne peuvent évoluer. La situation actuelle est intermédiaire et il faudra que les chiffres évoluent malgré l’existence/l’absence d’engagements nationaux.

En tout état de cause, les points clés à régler sont toujours les mêmes : les engagements chiffrés d’atténuation, les financements dégagés pour l’atténuation/l’adaptation, l’architecture globale qui permettra de rendre l’accord effectif, contraignant mais également flexible. Cela ne sera/devra être réglé à Copenhague.

Edit @ 14h45 : lors de sa conférence de presse, le chef de la délégation américaine a clairement fait comprendre qu’il espère une avancée majeure du travail du Sénat d’ici Copenhague. Cet espoir est un bon signe : cela voudrait dire qu’à Copenhague, des chiffres clairs pourraient être portés par la délégation US et donc permettre un accord global.

Climat : l’Union Européenne trouve un accord sur le climat… insuffisant

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Union Européenne climat sommet du 29 30 octobre 2009 résultats financements

Lors de la conf de presse du 30 octobre à l’issue du Conseil Européen, il a été annoncé avec d’immenses sourires que l’Union Européenne « avait fait son job » en matière de climat et qu’elle garde le leadership. En effet, le Conseil a validé un certain nombre de propositions issues de la Commission (voir ici le déclarations du Conseil) :

  • déblocage de financements rapides nécessaires pendant les 3 années à venir (d’ici 2012), compris entre 5 et 12 milliards d’€ par an. Ces sommes sont mondiales, et l’UE considère qu’elles devront être provisionnées sur une base volontaire.
  • un objectif de financement des pays en développement de 100 milliards d’€ par an d’ici 2020
  • dans cet objectif, un financement public compris entre 22 et 50 milliards d’€ par an d’ici 2020 en cas d’accord ambitieux, et pour lequel l’UE est prête à participer dans une « proportion équitable ». La Commission parlait de 15 Md€ dans son papier, le montant n’a pas été précisé par le Conseil européen.
  • la constitution d’un groupe de travail pour arriver à répartir l’effort entre les pays, en fonction de leur capacité à payer (cela a permis de relever les très grandes réticences des pays de l’est)

Plusieurs remarques :

  • à quel titre l’UE est-elle en mesure de décider des volumes nécessaires pour le monde, alors même que les discussions sont en cours ? Il est une chose d’annoncer sa participation à un financement, et une autre de dire combien ce financement global devra représenter. Cette façon de faire pourrait irriter, à raison, les pays en développement.

Surtout que, 100 Md d’euros de financements additionnels (150 Md de $) est un chiffre plutot faible. L’UNFCCC estime les besoins d’investissement supplémentaires plutot à 300 Md de $ par an d’ici 2020.  Il est vrai que l’estimation de l’UNFCCC est mondiale, tandis que l’analyse de l’UE est à destination des pays en développement… donc les deux chiffres ne sont pas comparables. Mais si on prend les deux chiffres pour les réunir en considérant que l’UE prend la même base mondiale que l’UNFCCC, on constate que l’UE considère que 50% des investissements futurs doivent se faire dans les pays développés… ce qui est contestable. Ou alors, c’est que l’UE considère que les besoins de financements sont moindres.

  • sur les 100 Md€, l’UE veut que 22 à 50 Md€ soient publics. C’est faible. Car dans ces 100 Md€, il y a la partie « adaptation » (en distinction de l’atténuation). Or le financement de l’adaptation doit/ne peut qu’être public. Et l’adaptation coûterait plusieurs dizaines de milliards de $ (le chiffre 100 md$ semble raisonnable). Ce qui ne laisse plus grand chose pour l’atténuation… qui a pourtant également besoin de financements publics (même si la majorité des capitaux pourront être privés).
  • 22 à 50 Md€ ca fait 33 à 75 Md$, soit entre 0,083% et 0,188% du PIB de l’OCDE… alors que dans les négociations internationales, les pays en développement réclament entre 0,5% et 2% du PIB des pays de l’annexe I (Annexe I= à peu près équivalents à OCDE).

Bref, l’accord interne de l’UE est heureux. Mais pas aussi spectaculaire qu’espéré. Il n’y aura pas eu de miracle. Il n’y en aura sûrement pas davantage dans les négo internationales. Le climat est mal parti.

Changements climatiques : combien l’Europe doit-elle payer ?

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Actualisation en fin d’article.

Combien l’UE doit-elle débloquer d’argent pour faire avancer les négociations internationales ? Il n’est pas simple de répondre à la question, qui renvoie à de nombreuses hypothèses. Lançons-nous dans un scénario.

Il faut tout d’abord distinguer le financement de l’adaptation (s’adapter aux changements climatiques inévitables) et le financement de l’atténuation (réduire les émissions). Quels sont les besoins ?

Combien ?

D’après les Nations unies (UNFCCC), les besoins pour l’adaptation se situeraient à hauteur de « quelques dizaines de milliards de $ par an d’ici 2020 », et un chiffre est avancé : 28 à 67 milliards. D’autres études offrent des estimations relativement similaires : le PNUD dit 87 milliards, la Banque Mondiale dit 9 à 41 milliards, Oxfam di 50 milliards.

Je pense qu’il faudrait prendre les chiffres hauts, voire au-delà, car comme l’a montré une étude très récente (Pary et al., 2009), il y a une sous-évaluation chronique des besoins de financements pour l’adaptation dans ces études, qui ont toutes la même méthodologie. Cette sous-évaluation est due à des problèmes méthodologiques et à des manques de données (par exemple, les secteurs de l’énergie ou la biodiversité ne sont purement et simplement pas comptés !).

Donc prenons le chiffre de 100 milliards de $ par an d’ici 2030 nécessaires pour l’adaptation.

Pour l’atténuation, les chiffres sont plus connus : l’UNFCCC estime les besoins à 200 à 210 milliards d’investissements supplémentaires par an d’ici 2020.

Comment choisir les ressources ? Qui doit payer ?

La problématique n’est pas vraiment la même selon qu’on parle de l’atténuation ou de l’adaptation. En effet, l’adaptation est la conséquence des émissions passées, très largement dues aux pays développés. Il leur revient de dédommager ceux qui en sont victimes.

Donc, disons que pour l’adaptation, les ressources soient totalement publiques, de manière similaire mais supplémentaire à l’aide au développement traditionnelle. Dans ce cas, quelle part doit payer l’UE ?

Le calcul est simple : on veut 100 milliards de $ de la part des pays de l’annexe I (pays développés). On fait une approximation : pays de l’annexe I = OCDE. Le PIB de l’OCDE est de 40 000 milliards de $. Il faudrait donc que l’OCDE verse 0,25% de son PIB. Ce qui fait pour l’UE 45 milliards de $ = 30 milliards d’€.

Et pour le moment, les pays de l’UE ergotent pour savoir combien donner entre 2 et 15 milliards d’€ et comment se répartir le fardeau… On est loin du but.

D’où l’importance du résultat du sommet européen qui se conclut aujourd’hui. Si les pays mettent de l’argent sur la table, on peut espérer un accord. S’il ne le font pas, où à  un niveau ridiculement faible, Copenhague est mort.

Et pour l’atténuation ?

La problématique est différente : les pays développés ont certes une responsabilité importante, mais les pays émergent également. Il faudrait donc arriver à trouver un accord pour que les pays en développement participent au financement, en fonction de leurs capacités respectives. Actuellement, plusieurs propositions sont sur la table des négociations (dans le groupe de discussion chargé de ce dossier).

Prenons des besoins à 200 milliards de $ par an.

Les pays en développement soutiennent un financement totalement public. Mais cela parait vraiment difficilement acceptable par les pays développés, car trop lourd pour les finances publiques.

La proposition mexicaine propose un participation de tous les pays, dans un fonds multilatéral, en fonction des capacités, des émissions du pays, de la pauvreté etc. Mais la proposition n’est pas très claire : les pays en développement ne participeraient que volontairement ! Et elle est faible, puisque seulement 10 milliards de $ seraient mobilisés.

Autre solution : taxer l’aviation internationale et les transports maritimes. Très intéressant, car permettrait d’inciter à réduire des émissions qui ne sont pas comptabilisées dans les inventaires nationaux, donc pour lesquelles il n’existe pas de réelle politique (à l’exception de celle de l’UE qui incluera bientot les émissions des transports aériens dans sont système de permis). Permettrait de mobiliser entre 8 et 35 milliards de $.

Proposition suisse : une taxe de 2$ sur les émissions par tête au delà d’une franchise de 1,5 tonne de CO2/personne/an. Cela permettrait de faire payer les pollueurs : les pays développés paient plus, car ils polluent plus. Mais les pays émergents doivent éviter de monter trop haut. Recettes potentielles d’après la Suisse : 48 milliards de $ par an. Pour l’UE cela représenterait actuellement 8,5 milliards de $ par an, soit 5,7 milliards d’€.

Taxer les mécanismes de flexibilité du protocole de Kyoto : le problème est que les recettes sont très variables, suivant le niveau de demande de la part des pays développés. Cela pourrait aller de quelques dizaines de millions d’euros à 5 milliards. Mais guère plus. Et il faut que les pays développés cherchent à utiliser un max les mécanismes de flexibilité… donc à exporter leurs émissions.

Proposition d’une taxe sur les transferts financiers (taxe tobin) : pourrait rapporter plusieurs dizaines de milliards. Mais doit-on réguler la finance pour financer le climat ?… ca compliquerait encore et encore la gouvernance internationale.

Enfin, possibilité de mettre aux enchères de droits d’émissions internationaux (entre pays). Je n’ai pas trouvé d’évaluation des revenus possibles… cela dépend de combien de mise aux enchères dans quelle contexte de contrainte.

Résumons

pour l’adaptation, deux sources semblent particulièrement intéressantes : la taxation des transports aériens et maritimes + une taxation en fonction des émissions par tête. Elles rapportent beaucoup (en comparaison) et créent des incitations favorables.

Au total, cela ne rapporterait que 48 + 20 = env. 70 milliards de $ par an

Soit 35% des financements nécessaires. Mais pour compléter, il faut rappeler l’importance des financements privés. Actuellement 85% des flux de financements/investissements dans l’atténuation sont privés. On peut donc espérer qu’en mobilisant 35% des besoins avec de l’argent public, on arrive à mobiliser le complément en argent privé, par des politiques adaptées. Sans compter que d’autres sources publiques existent et sont importantes : transférer les investissements « climato-négatifs » vers des investissements « climato-positifs ». (Et on peut y adjoindre d’autres financements : proposition mexicaine, taxe sur les mécanismes de flexibilité…).

En conclusion

Il faut de l’argent sur la table, à nous de le mettre. Il n’y a pas d’alternative. Et pour arriver à Copenhague avec de quoi faire avancer les négo, l’UE doit débloquer 30 + 6 milliards d’euros, dès maintenant.

UPDATE

Avec les dernières infos (dépêche AP).

L’UE vient de s’accorder à fixer l’objectif à 100 milliards d’€ par an (et non 100 milliards de $, l’hypothèse qui m’a servi ci-dessus) l’objectif de soutien aux pays en développement ! L’UE (financements publics + privés) participerait à hauteur de40 milliards d’€ soit 60 milliards de $… soit plus que les résultats de la petite analyse ci-dessous. C’est un niveau très respectable, à la hauteur des enjeux. Cela pourrait faire avancer les discussions internationales. Correction : ces chiffres représentent l’ensemble des investissements européens (prives+publics) alors que l’analyse ci-dessus se focalise sur l’effort public. 40 Md€, cela veut dire 15 Md€ pour le public (d’après la commission). C’est donc très insuffisant.

Le problème est que l’UE n’a pas réussi à s’accorder sur le financement… donc si ce sont des engagements sans conséquences, cela n’a pas d’intérêt. Dans quelle mesure les pays en développement vont-ils y croire ? faire confiance ?… le problème reste important.

UPDATE : infos contradictoires sur la participation de l’UE aux 100 mds. La dernière dépêche AFP indique que l’UE ne dit rien sur sa participation, contrairement à ce que disait la dépêche AP. En n’affichant pas sa volonté de payer, l’UE continue le jeu du poker-menteur qui vaut depuis le début des négociations et dont on se demande s’il finira un jour. Ce n’est pas bon pour les discussions à Barcelone, qui débutent lundi.

Climat: l’UE refuse d’ouvrir son portefeuille en attendant Obama

BRUXELLES – Les pays de l’UE reconnaissent les besoins d’aide des pays pauvres face au réchauffement climatique mais refusent de mettre l’argent sur la table tant que Washington n’aura pas dévoilé ses intentions à Copenhague, une « tactique » jugée risquée par certains.

Un projet de texte final du sommet des dirigeants européens réunis en sommet à Bruxelles, soumis vendredi à la discussion, propose de négocier avec les autres pays développés et avec les économies émergentes sur la base d’un besoin pour les plus pauvres de 100 milliards d’euros par an entre 2013 et 2020.

Il évalue entre 22 et 50 milliards d’euros par an la part des contributions publiques et entre 5 et 7 milliards d’euros par an le soutien immédiat à accorder de 2010 à 2013.

Mais rien ne figure sur la contribution européenne. La Commission européenne plaidait pour un engagement de 15 milliards par an et un soutien immédiat de 1,5 milliards par an.

La chancelière allemande « Angela Merkel a refusé tout chiffrage » et l’a fait savoir assez sèchement, ont raconté les autres participants.

« Nous allons lier nos engagements au fait que d’autres pays prennent des engagements financiers similaires », a-t-elle expliqué vendredi.

La France et l’Italie, qui complètent le groupe des pays fondateurs de l’Europe, se sont rangées à cette position. « Nous avons besoin d’un engagement de tous les partenaires internationaux », a dit le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini

Les Danois, hôtes de la conférence de Copenhague, les Britanniques et les Belges, très volontaristes, se sont dits déçus vendredi par cette proposition « minimale », car tous ces chiffres sont connus depuis des mois et ne répondent pas aux attentes des plus pauvres.

« Sans argent, il n’y aura pas d’accord », soutient le commissaire à l’Environnement Stavros Dimas.

Berlin, Paris et Rome assurent vouloir le succès des négociations sur le climat à Copenhague en décembre. Leur position est « une tactique de négociation » pour ne pas dévoiler trop tôt ses cartes face aux Etats-Unis et à la Chine, assurent leurs représentants.

Elle sera mise à l’épreuve dès mardi prochain lors d’un sommet UE-Etats-Unis à Washington.

Ce refus de délier tout de suite les cordons de la bourse masque aussi de profondes divisions entre pays européens sur la répartition de la facture.

La position européenne insiste sur le fait qu’elle doit être fondée à la fois sur le niveau des émissions et la richesse.

« Nous parlons de lutte contre le réchauffement du climat et l’effort doit se porter sur les émissions, selon le principe du pollueur-payeur », a toutefois expliqué un négociateur français.

Neuf pays d’Europe de l’Est refusent cette formule car, étant souvent plus pollueurs qu’à l’Ouest, ils paieraient davantage. « On ne va pas donner notre accord a un mécanisme qui veut que celui qui émet le plus de CO2 paie le plus », a affirmé le Premier ministre polonais Donald Tusk.

Ils insistent pour que la richesse des Etats, supérieure à l’Ouest, soit prise en compte.

Un texte de compromis discuté vendredi indique que « les contributions des Etats devraient tenir compte de la capacité des moins prospères, au moyen d’un mécanisme d’ajustement interne ». En clair un retour financier comme le chèque britannique pour l’agriculture.

Il propose en outre que « l’UE et les Etats membres qui le peuvent assument leur part » du financement de l’aide d’urgence des trois premières années, « en fonction de leur situation économique et financière respective ».

Mais ces concessions étaient jugées insuffisantes par la délégation polonaise. Varsovie réclame davantage de garanties pour son rabais, a indiqué le ministre aux Affaires européennes Mikolaj Dowgielewicz.

(©AFP / 30 octobre 2009 11h26)

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Afrique : déclaration finale de Ouagadougou 11 octobre 2009

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Six chefs d’Etat africains se sont accordés sur cette déclaration finale :

FORUM MONDIAL DU DEVELOPPEMENT DURABLE

REUNION DES CHEFS D’ETAT ET DE GOUVERNEMENT

DECLARATION DE OUAGADOUGOU

OUAGADOUGOU LE 11 OCTOBRE 2009

NOUS,

Chefs d’Etat et de Gouvernement, réunis au Forum Mondial du Développement Durable de Ouagadougou, le 11 octobre 2009.  Considérant que la quinzième Conférence des Parties (COP-15) à la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques constitue une étape cruciale pour l’établissement d’un nouveau régime climat (post-Kyoto 2012). Prenant en compte la déclaration ministérielle de New Dehli sur les changements climatiques et le développement durable à l’occasion de la huitième Conférence des Parties (COP-8) à la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques tenue, du 23 octobre au 1er novembre 2002. Considérant les grandes orientations de la feuille de route de Bali de 2007. Prenant en compte la conférence ministérielle sur la santé et l’environnement en Afrique, tenue à Libreville en 2008. Prenant en compte la plateforme d’Alger de novembre 2008, ainsi que la déclaration de Nairobi de mai 2009 sur le processus africain de lutte contre les changements climatiques. Considérant la création de la conférence des Chefs d’Etat africains sur les changements climatiques par l’Assemblée de l’Union Africaine à Syrte en juillet 2009. Considérant les recommandations de la déclaration de Dakar de mai 2009 adoptée par la conférence des Ministres africains chargés de la lutte contre l’érosion côtière. Reconnaissant que les changements climatiques constituent un défi  majeur  de l’humanité pour l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Etant entendu que la vulnérabilité à la fois à la variabilité du climat et aux changements climatiques influence fortement les capacités des pays, des individus et des systèmes de production à atteindre leurs objectifs de développement durable. Considérant la fréquence et la sévérité des événements climatiques extrêmes et leurs effets sociaux notamment les migrations, les conflits et les problèmes sanitaires. Considérant que l’énorme potentiel dont recèle l’Afrique en matière d’énergies renouvelables insuffisamment exploité, peut satisfaire largement ses besoins énergétiques. Notant que les importants efforts consentis au niveau international pour éliminer les substances appauvrissant la couche d’ozone en rapport avec les changements climatiques demeurent insuffisants. Considérant la nécessité pour les pays africains de saisir les opportunités de financement et d’investissements directs liés au marché offertes notamment par le Mécanisme pour un Développement Propre (MDP). Considérant que l’accès et la mobilisation des financements est une condition indispensable pour la mise en œuvre des actions d’atténuation et d’adaptation. Considérant que la coopération Sud-Sud assure aussi un transfert de technologies qu’il appartient aux pays africains de renforcer. Considérant que le transfert de technologies est reconnu comme une condition indispensable aussi bien pour les actions d’atténuation que d’adaptation. Considérant la décision des Chefs d’Etat de l’Union Africaine relative à l’application des conclusions du 1er Forum Mondial du Développement Durable de l’Afrique, tenu à Brazzaville en octobre 2008. Considérant la nécessité d’intégrer les groupes vulnérables, notamment les femmes et les jeunes dans les stratégies nationales de développement durable. Prenant acte de la volonté de la communauté internationale de réduire de manière  significative les émissions de gaz à effet de serre et leurs effets sur le climat.

DECIDONS

1.  De promouvoir l’intégration de  l’adaptation aux changements climatiques dans les politiques, programmes et stratégies de développement aux niveaux local, national et régional afin d’apporter une réponse globale aux défis posés par les changements climatiques et de saisir les opportunités offertes par ces derniers en termes de développement durable. 2.             De renforcer davantage les capacités des populations et des institutions à travers l’échange et la promotion d’expériences positives dans le cadre d’un partenariat capitalisant  l’expertise existante et la diffusion des bonnes pratiques 3.  De soutenir la feuille de route  de Bali qui vise à inclure dans les traités sur le climat post-Kyoto 2012, un mécanisme permettant de prendre en compte la Réduction des Emissions dues à la Dégradation et à la Déforestation des forêts (REDD) et plus récemment encore, les négociations incluant la gestion durable des forêts (REDD+), sous forme de financements directs des politiques nationales basées sur une approche sectorielle, avec la création d’un fonds intérimaire spécial principalement alimenté par les contributions des pays développés. 4.D’accroitre les puits de carbone à travers un vaste programme de reboisement et de conservation des écosystèmes forestiers. 5. De faire une réévaluation stratégique du soutien à l’agriculture africaine avant l’échéance des Objectifs du Millénaire pour le Développement, en vue d’une gestion durable des terres, des ressources en eau, des ressources animales et la promotion de l’agriculture écologiquement durable. 6. D’inscrire dans les options d’adaptation, des actions visant le renversement des tendances à la dégradation des ressources hydrauliques et terrestres, des bassins fluviaux et lacustres. 7.  De lancer un appel pour un soutien vigoureux à la lutte contre l’érosion côtière en Afrique 8. De renforcer les capacités locales, nationales et régionales en matière de gestion des substances appauvrissant la couche d’ozone et la  mise en place d’un observatoire africain sur le mouvement transfrontalier des déchets dangereux. 9.D’appuyer la position africaine qui préconise fortement le maintien des acquis de la Convention et du protocole de Kyoto, surtout sur les engagements chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre des pays développés et l’appui aux pays en développement pour l’adaptation, l’atténuation, l’accès à l’énergie propre, le transfert de technologie, le renforcement des capacités et les financements, à travers des projets  et des actions concrètes. 10.  De soutenir la prise des engagements chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40% d’ici 2020 par rapport au niveau de 1990 pour les pays industrialisés ainsi que l’adoption d’actions nationales appropriées d`atténuation pour les pays en développement. 11. De lancer un appel pour l’allègement des procédures et l’assouplissement des conditions d’accès des pays africains aux ressources du Mécanisme pour un Développement Propre afin de favoriser l’émergence d’une masse critique de projets appropriés. 12.  D’affirmer la position commune africaine qui plaide pour l’assouplissement des conditionnalités de financement, la rationalisation des fonds, la facilitation de l’accès direct et rapide aux ressources par les Gouvernements Parties en développement et la promotion d’un système d’allocation individuelle aux pays 13.  D’accélérer la création de la facilité africaine pour l’Environnement au niveau de la Banque Africaine de Développement (BAD) pour mobiliser les ressources destinées à l’adaptation et à l’atténuation. 14.  De mettre en œuvre la décision de l’Union Africaine qui recommandait à la Banque Africaine de Développement d’accélérer les études de faisabilité du Secrétariat Permanent et du Fonds Africain de Développement durable. 15.  D’insister sur la nécessité du financement du coût total des Programmes d’Actions Nationaux d’Adaptation (PANA) et de leur extension aux autres pays africains. 16.  D’accorder une attention particulière à la prise en charge des flux migratoires et la résorption des conflits sociaux consécutifs aux changements climatiques, à travers la mise en place de programmes locaux, nationaux et régionaux y relatifs. 17.  De soutenir la production massive d’énergies solaire, hydroélectrique et éolienne pour couvrir les besoins énergétiques de l’Afrique d’ici 2030. 18.  De privilégier des modes de transport moins émetteurs de gaz à effet de serre 19.        De promouvoir les modes de production et de consommation durable dans les secteurs de développement et particulièrement dans l’agriculture, les transports, la gestion des produits chimiques. 20.   De promouvoir l’utilisation  de technologies propres. 21.  D’engager rapidement des négociations pour un assouplissement des conditions d’accès aux technologies d’atténuation et d’adaptation sous brevets. 22.  D’identifier et mettre en œuvre de nouveaux types de projets susceptibles d’attirer les investissements et les financements innovants. 23. D’œuvrer à la mise en place d’une agence internationale d’assurance sur le climat dotée d’un mécanisme de financement pour la gestion des effets négatifs des phénomènes climatiques, sur la base de contributions volontaires. 24.   De lancer un appel à la communauté internationale pour soutenir le New Green Deal ou Nouveau Pacte Vert pour l’Afrique et les programmes de reverdissement et de reboisement de nos pays. 25. De lancer un appel au pays du Nord pour qu’ils contribuent davantage à la promotion des énergies à faible émission de carbone et le transfert de technologies propres, pour soutenir les pays les plus vulnérables aux changements climatiques, notamment ceux de l’Afrique. 26.   De s’engager à s’approprier le Forum Mondial du développement Durable, conformément à la résolution prise par l’Union Africaine en 2009.

DESIGNONS

Son Excellence Blaise COMPAORE, Président du Faso, pour prendre les dispositions nécessaires afin que cette déclaration alimente effectivement les discussions de la quinzième conférence des Parties à la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques. Invitons le Burkina Faso à envisager dès 2010 et dans l’accompagnement du Forum Mondial du Développement Durable de Ouagadougou, la tenue d’assises financières africaines à même de faire émerger les régulations économiques et les compensations indispensables à un développement durable du continent. Fait à Ouagadougou, BURKINA FASO

Le 11 octobre 2009

Written by ToM

12 octobre 2009 at 11 h 27 mi