Changements Climatiques

Les changements du monde par le climat

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Non, l’atmosphère n’est pas brulée par le dragon chinois !

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Article publié initialement sur adopt a negotiator.

 

Edit : je renvoie ici vers le poste de ma collègue tracker Chine, qui publie une lettre ouverte d’ONG chinoises aux Etats-Unis. Instructif et complémentaire !

Il a été souligné dans les médias  que la Chine accueille pour la première fois une négociation sur le climat… avec généralement soit un commentaire pour indiquer que cela est un espoir, soit un commentaire pour pointer du doigt la responsabilité chinoise (voir par exemple ici). Si ce n’est pas vraiment l‘avis de Radio Chine International qui relaie largement les propos élogieux de Mme Figueres vis à vis de la Chine -propos certes réels mais prononcés dans un cadre très protocolaire-, cette croyance que le premier pollueur mondial est le principal coupable est facilement partagée dans l’opinion publique chez nous, en Europe (ou en Occident). Pourtant la situation n’est pas si simple. Eléments d’analyse.

Il est vrai que…

  • la Chine est passée premier émetteur mondial avec 24% des émissions mondiales en 2008 (contre 22% pour les USA, 12% pour l’UE, 8% pour l’Inde).
  • ses émissions ont doublé entre 1996 et 2006
  • en 2007, les émissions chinoises ont augmenté de 8% et ont été responsables des deux tiers de l’accroissement des émissions mondiales
  • la Chine est le premier marché mondial de voitures en 2009
  • la moitié du ciment mondial est produit en Chine (et compte pour 20% de ses émissions)
  • le charbon représente 83% de la production énergétique, avec une croissance de consommation de 6,8% en 2008

Mais…

De ce constat factuel clairement en défaveur de la Chine, il serait erroné de tirer des conséquences immédiates en termes de responsabilité et de nécessité d’action. Les vérités évidentes sont souvent trompeuses.

Car, si l’on accepte de réfléchir en termes d’équité, il est important de considérer :

  • la responsabilité historique : ce qui compte n’est pas le flux (les émissions), mais le stock d’espace atmosphérique consommé (les émissions cumulées depuis la moitié du XIXème siècle). De ce point de vue, les Etats-Unis sont responsables de 29% des émissions cumulées, soit plus de trois fois les émissions cumulées de la Chine (pour une « population cumulée » bien moindre aux Etats-Unis évidemment).
  • les émissions par tête : les émissions moyennes par tête sont de 4,5 tonnes de CO2, contre 19,8 tonne par personne aux Etats-Unis
  • la cause des émissions : les deux tiers des exports chinois sont destinés aux Etats-Unis, Japon, UE et Australie. La Chine émet donc des gaz à effet de serre pour le consommateur occidental (ce dernier n’en est-il pas au moins partiellement responsable en choisissant d’acheter moins cher et donc plus polluant?)

Il existe de grandes disparités entre les émissions individuelles, une grande partie de la population chinoise restant dans une grande pauvreté. Les données moyennes ne sont donc probablement pas les meilleures en termes d’équité individuelle, mais ce sont celles qui sont pertinentes en termes de négociations sur le climat puisque l’unité de base est le pays.

Alors, certes, on peut tenir le raisonnement selon lequel les Chinois étaient heureux avant et n’ont pas à avoir nécessairement un mode de consommation à l’occidental. On peut critiquer cette croissance économique à un rythme effréné.

Ces deux réactions reflètent probablement assez bien notre perception occidentale de la propriété : nous n’avions pas de problème lorsque vous n’étiez pas là, nous possédions l’espace atmosphérique (droit de propriété = usus, fructus, abusus), il n’y a pas de raison de le partager. Mais cela rentre en conflit avec un autre principe occidental majeur : les droits de l’homme (que nous défendons d’ailleurs, à juste titre, lorsqu’il s’agit des libertés politiques en Chine). En effet, rattacher l’accès à un bien commun mondial aux droits de l’homme semble plutôt raisonnable, non ? Et si le droit de propriété est inférieur aux droits de l’homme (nous sommes bien contre l’esclavage), alors nous devons logiquement partager l’atmosphère avec nos voisins chinois. Il s’agit simplement d’être cohérent avec nos valeurs. Il y a, de plus, l’argument de symétrie : appliquons aux autres les principes que nous nous appliquons à nous-mêmes (par exemple, nous nous accordons le droit à la croissance afin d’éradiquer la pauvreté). Etant donné que les Chinois ont eux-aussi une notion de l’équité, il faut enfin ajouter l’argument du réalisme : nous ne pouvons pas empêcher les Chinois d’émettre (pour que, nous, puissions nous continuer à polluer), sauf à employer la force.

Qu’en est-il de l’avenir ?

Après tout, de tels constats ne disent rien sur les négociations et le futur sur lequel elles se portent.

La Chine ne fait-elle aucun effort ? Il faut savoir que :

  • la Chine a mené une politique de remplacement de ses centrales à charbon avec les technologies de pointe (les centrales installées en Chine sont plus efficaces que celles des Etats-Unis)
  • la Chine est leader dans les énergies renouvelables (40% de la production mondiale de panneaux photovoltaïques, 3ème parc mondial éolien et celui avec la plus forte croissance…)
  • des investissements dans le futur : 7,3 milliards de dollars investis dans les réseaux intelligents (premier investissement mondial) afin d’économiser l’électricité et d’intégrer les renouvelables ; plus grand investisseur dans les énergies dites « propres » (35 milliards de dollars en 2009).
  • Transports : les standards chinois pour les véhicules sont parmi les plus stricts du monde ; un réseau de TGV de 4000 miles (le plus grand du monde), plus 6200 miles en construction.
  • Son plan de relance avait le volet « vert » le plus important du monde (221 mds de dollars, soit deux fois celui des Etats-Unis)

Evidemment, ce qui compte est l’engagement global. Actuellement, la position officielle, inflexible, est la suivante :

  • réduction de l’intensité carbone de la production de 40 à 45% d’ici 2020 par rapport à 2005
  • accroissement des énergies non fossiles à 15% de la production primaire
  • accroissement de la couverture forestière de 40 millions d’hectares en 2020 par rapport à 2005

Donc…

Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : cela ne garantit pas que la Chine fasse suffisamment pour permettre de limiter l’accroissement de la température à 2°C en 2100… En particulier si on considère que d’autres pays ont droit à leur « part » d’espace atmosphérique alors qu’ils n’y touchent presque pas actuellement (les pays africains, les pays moins avancés).

On pourrait par exemple demander à la Chine :

  • une réduction accrue de l’usage du charbon (mais cela s’appliquerait aussi à l’Europe de l’Est, à l’Afrique du Sud, aux Etats-Unis… cela correspond à un abandon d’usage d’une ressource énergétique bon marché, comparable à la sortie du pétrole).
  • surtout, qu’elle accepte une limitation de ses émissions en valeur absolue, afin d’empêcher que la réduction de l’intensité carbone soit plus que compensée par sa croissance économique et démographique (ce qui est fort probable). Ceci permettrait d’offrir une réelle visibilité au monde et une justice accrue (là encore, attention ! Cette envie de justice n’est pas pour nous, occidentaux qui avons déjà largement consommé notre part, mais pour les plus pauvres !).

Sans simplement suivre la communication faite par la Chine sur ses propres mérites (on rappellera que le Danemark faisait de même à Copenhague), je voulais ici souligner qu’il faut se méfier sérieusement de la paille dans l’oeil du voisin. La Chine n’est surement pas un élève parfait, mais elle possède de sacrés arguments en termes d’équité et d’action politique… Malheureusement, en face d’elle, il n’existe personne  assez volontariste pour remettre en cause ces arguments par d’autres arguments plus solides (les pays occidentaux ne prévoient pas suffisamment de réductions d’émissions). Nous risquons donc un statu quo de la médiocrité…

Sources : les chiffres proviennent de plusieurs sources écrites directes et indirectes sérieuses… que je pourrais fournir en cas de besoin à qui le demanderait.

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En bref et en vrac sur l’actu des négo climat

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Quelques infos sur l’actualité du climat, en bref.

Débriefing Copenhague

  • Le gouvernement américain lance un site internet d’informations scientifiques sur le climat : http://www.climate.gov/. Il semble assez clair que le gouvernement cherche à contrer la vague « climato sceptique » qui déferle sur les Etats-Unis, mais également ailleurs (notamment au Royaume-Uni). Au delà du pseudo « climate gate » et autres critiques superficielles du GIEC, il y a peut être lieu de se demander si le « climato scepticisme » n’est pas en plein essor du fait de l’échec de Copenhague. La réaction consistant à adopter la politique de l’autruche (non non, y a rien à voir !) serait logique, puisqu’on anticipe de graves conséquences liées aux changements climatiques… et qu’on est incapable de se mettre d’accord.
  • Les Etats-Unis critiquent la Chine et l’Inde, qui ont tenu des propos  de remise en cause de l’accord de Copenhague, au profit des négociations formelles dans le cadre de l’UNFCCC. Les deux pays n’ont d’ailleurs pas signifié explicitement leur approbation de l’accord, bien qu’ils aient respecté le délai pour indiquer leurs objectifs de réductions d’émissions.

On peut comprendre l’agacement des Etats-Unis, tout comme celui des pays opposés à l’Accord de Copenhague : si cet accord existe, c’est bien que la Chine et l’Inde (notamment) ont accepté de mener des négo parallèles au processus officiel à Copenhague. Donc de faire un enfant dans le dos du G77. Et maintenant, les deux gros émergents réaffirment leur volonté d’être fidèle au mariage ! Y a comme qui dirait une légère ambiance malsaine…

  • Malgré tout, les « négociations parallèles » et groupes de discussions restreints semblent avoir un bel avenir devant elles : les Etats-Unis les privilégient pour l’opérationalisation de l’accord -notamment sur la question des transferts de technologies-, tandis que le Président Mexicain critique la règle de l’unanimité en vigueur pour les décisions de l’ONU.
  • On trouvera ici d ‘intéressantes analyses a posteriori des négociations de Copenhague, et notamment des relations sino-américaines.
  • Justement, concernant la position chinoise, cet article du Guardian (22 décembre) mérite le coup d’oeil : il critique vertement la position de la Chine. Personnellement, je ne partage pas toutes les analyses -plus exactement, je crois qu’il existe des arguments honnêtes explicatifs à la position chinoise et qui ne sont pas mentionnés dans l’article-, malgré tout cette description interne du déroulement de la réunion au sommet est très instructive. Un argument qui n’est pas évoqué est que l’engagement de réduction des émissions de la Chine est réel et important, qu’il rentre dans la fourchette du GIEC pour atteindre l’objectif du +2°C, alors que les engagements des pays développés sont très loin de rentrer dans la fourchette nécessaire. C’est un élément de poids tout de même…

A rebours des critiques britanniques contre la Chine, le Premier Ministre Danois Rasmussen se félicite du rôle de Pékin à Copenhague. En même temps, vu la gestion de la conférence par Rasmussen, on n’a plus trop envie de l’écouter celui-là.

  • Cet autre article du Guardian (11 février) relate l’existence d’un document d’analyse interne à l’administration chinoise. Celle-ci critique fortement l’action des pays développés qui auraient monté « une conspiration » pour diviser les pays en développement (pays émergents VS petits Etats iles et pays vulnérables). Encore une fois, la critique de la position chinoise (presque créditée de paranoïa) peut s’expliquer : pourquoi (mais pouquoi !?) les pays développés ont-il bloqué les négociations dans la suite du protocole de Kyoto ?… Cependant, il est vrai que la coalition du G77 ne pourra probablement pas durer indéfiniment, et que sa rupture de fera au détriment de la Chine.

Depuis Copenhague

  • Le Président chinois Hu Jintao réaffirme la volonté de la Chine de lutter contre les changements climatiques, notamment par une politique nationale ambitieuse. On rappelle que l’objectif phare de réduction de l’intensité énergétique de 40 à 45% d’ici 2020 par rapport à 2005 est un réel objectif ambitieux. Hu rappelle aussi la nécessité de continuer les négo dans le cadre de l’UNFCCC. Mais en même temps, le négociateur en chef pour la Chine, Yu Qingtai, déclare que les divergences sont très importantes et qu’un accord sera difficile : il ne s’attend pas à ce que les positions évoluent de manière significatives.
  • Du côté des Etats-Unis, on est toujours suspendu aux bonnes volontés du Sénat. Il semblerait qu’un projet de loi avance désormais rapidement. Rappelons qu’Obama a annoncé la semaine dernière un soutien pour la relance de la filière nucléaire, ainsi qu’au CCS (capture et séquestration du carbone), afin d’obtenir un soutien de la part des Républicains. Ces derniers sont vraiment des ****** (adjectif peu élogieux de votre choix) : après avoir fait déraper les émissions de GES des Etats-Unis pendant 10 ans sous l’ère Bush (ce qui conduit le monde sur un chemin de réchauffement bien supérieur à 2°C et avec d’innombrables complications dans les négociations internationales et des problèmes de justice internationale très importants), ils réussissent maintenant à pousser les Etats-Unis vers des solutions non durables et facteurs de nouveaux problèmes majeurs qui concerneront l’ensemble du monde (déchets nucléaires et prolifération etc.).
  • Suite des négos : les Nations Unies ont décidé d’une réunion à Bonn du 9 au 11 avril afin de déterminer le calendrier des négociations.

A project for the world ou plan justice-climat proposé par la France avant Copenhague

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Mediapart vient de rendre public le texte du plan « A project for the world » (16 pages à télécharger), également appelé « plan justice-climat » dans les média, que Borloo promeut partout dans le monde afin d’esquisser une solution aux négociations mal engagées. Premiers éléments d’analyse.

Jean-Louis Borloo, photo Sipa

Les points positifs

  • Le plan fait la distinction entre quatre types de pays : le pays industrialisés, les pays les moins avancés (deux catégories déjà présentes dans les négo), les pays en développement peu émetteurs et les pays émergents.

Ces deux dernières catégories permettent de distinguer les pays dont les émissions par tête sont faibles et inférieure au seuil de 2 tCO2/an/personne (par exemple l’Inde) de ceux dont les émissions sont supérieures à ce seuil (par exemple la Chine).

Cette nouvelle distinction pourrait permettre d’ajuster le schéma global afin qu’il soit plus équitable. Mais encore faut-il qu’elle soit acceptée dans les négociations, ce qui est loin d’être fait.

  • Une organisation mondiale de l’environnement (OME) : le retour de cette idée, portée par Chirac puis reprise par Sarkozy, est sûrement une bonne chose. Une OME serait un moyen d’organiser de manière cohérente la gouvernance mondiale de l’environnement, bien commun de l’humanité. Elle pourrait permettre de réguler les politiques de l’OMC au regard de critères environnementaux.

Cependant, on voit assez mal pourquoi inclure cette idée dans le cadre des négo sur le climat. En effet, les discussions actuelles s’effectuent dans le cadre de mandats très précis, définis notamment par la Convention des Nations unies contre les changements climatiques. Il semble impossible d’inscrire dans un texte la mise en place d’un « comité » qui se transformera en OME d’ici 2010 ! Cette formulation sent la naïveté apparente…

Pour établir une OME, il faudra de nouvelles discutions, spécialement dédiées. Et d’ici là, il faudra qu’un régime de gouvernance viable et acceptable soit établi à Copenhague afin de garantir l’effectivité des engagements. De cela, le plan ne dit rien, or les discussions actuelles sur le sujet sont très loin d’être abouties.

  • Plan pour l’énergie en Afrique qui ferait du continent noir le premier continent 100% énergies renouvelables avec un taux d’accès à 100% : voila un objectif politique qui fait plaisir !

Les points négatifs

  • d’après le GIEC, afin de respecter le scénario « 2°C max », les émissions mondiales doivent atteindre leur maximum (pic) en 2015, pas en 2020 comme affirmé par le plan.

  • les objectifs assignés pour les pays industrialisés sont impossibles pour 2020 : on demande au Canada de faire du -25% alors qu’il est aujourd’hui à +50% ! Cela paraît impossible. Idem pour l’Australie et la Nouvelle-Zélande (même si l’écart est moins grand).

En revanche, pour l’UE, le plan demande du -30% (ce qu’a prévu le plan énergie climat) alors qu’on est déjà à -6%. Donc, les objectifs chiffrés pour l’atténuation des pays développés sont partiellement irréalistes et minimisent l’action de l’UE. Il faut demander un peu moins aux pays qui ont dérapé à court terme pour leur laisser le temps de revevenir (en fixant un objectif à 2030 par exemple) et il faut faire plus dans l’UE pour compenser ce retard.

  • l’inclusion des USA pose toujours problème. Le chiffre suggéré par le plan, -15 à 25% en 2020 par rapport à 1990, sera également difficile à atteindre, alors même qu’il conditionnera de beaucoup le résultat des réductions agrégées des pays développés. D’ailleurs le plan ne fait pas d’estimation agrégée des efforts demandés, seul chiffre qui pourrait pourtant donner un repère par rapport à la fourchette du GIEC -25 à -40%.

  • sur le financement, au mieux le plan n’est pas très clair, au pire fait preuve de cynisme. Il annonce en effet les besoins à 100 mds d’€ par an d’ici 2020, soit 150 mds de $ (chiffre qui correspondent à l’estimation de l’UE). Pourtant, le plan « justice-climat », consacré aux pays les moins avancés, avant le chiffre de 410 mds de $ sur 20 ans, soit 20 mds de $, soit 13% des besoins totaux de financements annuels estimés.

Si on ajoute les financements pour les pays en développement faiblement émetteurs, le plan estime les besoins à 490 mds $ sur 20 ans, soit annuellement 16% des besoins de financements totaux estimés. Autrement dit, 84% des besoins de financements seraient pour les pays industrialisés et les pays émergents ?  Pas exactement : dans ces 84%, il y a aussi les investissements privés qui peuvent intervenir dans les PMA et PED.

Et il y a certes un point majeur les 490 mds de $ pour les PMA et pays en développement sont issus des « finances publiques », tandis que les financements restants proviendront des finances publiques des pays et des investissements privés.

Quoi qu’il en soit, avec 20 mds de $ par an, on est très, très loin des demandes des PMA, G77, groupe Afrique… qui sont comprises entre 0,25% et 2% du PIB des pays industrialisés (annexe I) soit 100 à 800 mds de $ par an.

  • concernant les solutions pour mobiliser les financements, celles proposées dans le plan sont déjà sur la table des négociations depuis longtemps. Il n’y a absolument rien de nouveau sous le soleil, et le plan en oublie même certaines options (taxe sur billets d’avion). Le plan n’est pas précis sur le montage financier : cela peut se comprendre dans un souci de laisser des marges de manoeuvres lors des discussions, mais cela est regrettable car ne permet pas d’avoir une solution « clé en main » qui pourrait être amendée.

En somme, après une première lecture, le plan français est moins bien ficelé qu’on pouvait l’espérer. Il apporte certes des éléments innovants et surtout une vision politique plutôt cohérente, mais il reste assez flou malgré tout et n’est probablement pas de nature à changer le cours des choses.

Points négatifs
-d’après le GIEC, les émissions mondiales doivent atteindre leur maximum en 2015, pas en
2020 comme affirmé par le plan.
-les objectifs assignés pour les pays industrialisés sont impossibles pour 2020 : on
demande au Canada de faire du -25% alors qu’il est aujourd’hui à +50% ! Ca paraît
impossible. Idem pour l’Australie et la Nouvelle-Zélande (mm si l’écart est moins grand).
En revanche, pour l’UE on demande du -30% alors qu’on est déjà à -6%.
Conclusion : les objectifs chiffrés pour l’atténuation des pays développés sont
partiellement irréalistes et minimisent l’action de l’UE. Il faut demander moins aux pays
qui ont dérapé à court terme pour leur laisser le tmps de revevenir et faire plus dans
l’UE pour compenser ce retard.-l’inclusion des USA pose tjs problème-sur le financement : je comprends rien à leur chiffrage. Les 410 md$ sur 20 ans sont-ils
supplémentaires de 100 md? par an comme il semble être indiqué en bas p13 ? Auquel cas,
d’accord. Sinon 410md$, ca fait 20 md par an, ce qui est ridicule.-les solutions de financement proposées sont déjà sur la table des négo depuis longtemps.
Rien de nouveau sous le soleil, le plan en oublie même certaines (taxe sur billets
d’avion). Le plan n’est pas précis sur le montage financier.

Brésil et France : texte de la déclaration commune avant Copenhague

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Le Brésil et la France ont annoncé adopter une position commune afin de lancer une dynamique alternative au dialogue sino-américain. Cette déclaration s’inscrit dans la dynamique initiée par JL Borloo, qui a multiplié les déplacements dans des pays pauvres afin de tenter une convergence de vue. Rappelons également l’annonce d’un plan justice-climat, axé sur des investissements massifs dans le solaire en Afrique.

Ci-dessous le texte de la déclaration, suivi de quelques commentaires.

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(Traduit de l’anglais)

Position commune de la France et du Brésil sur le changement climatique

La France et le Brésil réitèrent leur conviction que le changement climatique est l’un des défis les plus urgents auxquels nous faisons face aujourd’hui et qu’il exige une réponse globale immédiate guidée par les principes de justice et d’équité. Les deux pays soulignent que la lutte contre le changement climatique est un impératif qui doit être entièrement compatible avec une croissance économique durable et l’éradication de la pauvreté. Ils souscrivent aux conclusions scientifiques du Quatrième rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et soutiennent l’objectif de limitation de la hausse de la température moyenne mondiale à 2°C au-dessus des niveaux pré-industriels. Le respect de cet objectif implique un pic des émissions mondiales le plus tôt possible et une réduction des émissions mondiales d’au moins 50% d’ici à 2050 par rapport à 1990.

La France et le Brésil ont décidé de travailler ensemble avant la 15ème Conférence des Parties à la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique qui se tiendra à Copenhague en décembre 2009. Ils soulignent l’importance d’établir des ponts entre les pays et s’engagent à favoriser le développement d’une vision commune entre le G77/Chine et les pays les plus industrialisés. Ils soulignent l’importance que deux pays avec des situations nationales et régionales différentes puissent exprimer des positions communes sur les thèmes majeurs des négociations sur le changement climatique. Ils sont déterminés à accélérer le rythme des négociations afin de parvenir à un accord ambitieux basé sur la feuille de route de Bali, à Copenhague, à la fin de cette année.

La France et le Brésil s’engagent à coopérer afin de renforcer le régime international contre le changement climatique en rehaussant le niveau d’ambition de la mise en œuvre de la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique et de son Protocole de Kyoto. A cet égard, ils rappellent que toutes les parties doivent formuler, mettre en œuvre, publier et actualiser leurs programmes nationaux comportant les mesures destinées à atténuer le changement climatique et à faciliter l’adaptation. Ces plans nationaux doivent être les vecteurs d’une croissance sobre en carbone.

Ils soulignent que tous les pays de l’Annexe I de la Convention des Nations Unies doivent adopter des nouveaux objectifs ambitieux de réduction des émissions à moyen terme, conformément à leurs responsabilités et à leurs capacités, historiques et actuelles, et cohérents avec la limitation du réchauffement à 2°C et les recommandations du GIEC. Les pays de l’Annexe I doivent adopter des trajectoires de réduction cohérentes avec leur objectif de réduire leurs émissions d’au moins 80% d’ici à 2050 par rapport à 1990. Dans ce contexte, ils conviennent de l’importance cruciale d’une comparabilité des réductions appliquées à l’ensemble de l’économie entre tous les pays de l’Annexe I.

Pour leur part, les pays ne relevant pas de l’Annexe I doivent rechercher une croissance sobre en carbone en mettant en œuvre des actions nationales appropriées d’atténuation ( « NAMAs ») dans le cadre du développement durable, facilité et soutenu par les pays développés avec des financements nouveaux et additionnels, une coopération technologique et un renforcement des capacités nationales. Les pays en développement devraient aussi contribuer activement à l’effort mondial par une déviation substantielle de l’augmentation de leurs émissions par rapport au scenario « business as usual », en cohérence avec les recommandations du GIEC, avec pour objectif de réduire l’intensité carbone de leurs économies et d’atteindre un pic d’émissions le plus tôt possible, en gardant à l’esprit que le développement économique et social et l’éradication de la pauvreté sont les premières priorités des pays en développement.

Nos deux pays appuieront la création d’un registre dans le cadre de la mise en place d’un système de mesure, communication et vérification des actions nationales d’atténuation des pays en développement et du soutien financier accordé par les pays développés. Ce registre servirait à flécher les moyens d’appui à la mise en œuvre des actions d’atténuation par les pays en développement, et permettrait ainsi de contribuer à l’accroissement de l’effort d’atténuation au niveau mondial.

La France et le Brésil soulignent également l’importance de l’adaptation aux effets néfastes du changement climatique et conviennent que l’atténuation et l’adaptation devraient se voir accorder la même importance par la Convention. En dépit de leur responsabilité limitée sur le changement climatique, les pays en développement font déjà face à ses conséquences néfastes. La France et le Brésil soulignent la nécessité d’élaborer un cadre juste, global et robuste pour l’adaptation. Ce cadre doit inclure un soutien financier nouveau et substantiel pour les pays en développement, particulièrement les pays pauvres et vulnérables d’Afrique, les pays les moins avancés et les petits Etats insulaires, afin qu’ils puissent faire face au fardeau que le changement climatique ajoute au défi du développement économique et social et à l’éradication de la pauvreté.

Ils rappellent que la mise à disposition de ressources financières constitue l’un des éléments clés d’une mise en œuvre intégrale, efficace et soutenue de la Convention. Dans ce contexte, ils soulignent que l’augmentation graduelle du financement public international sera indispensable à une conclusion positive de la COP-15. Ils soulignent le rôle des instruments financiers, des mécanismes innovants et du secteur privé pour soutenir les actions d’atténuation et d’adaptation ainsi que le développement et le transfert des technologies. Les investissements doivent soutenir la croissance sobre en carbone et des modes de production et de consommation durables.

La France et le Brésil mettent en relief la nécessité d’une coopération accrue entre pays développés et en développement pour la recherche, le développement, le déploiement, la diffusion et le transfert de technologies vertes. La coopération technologique peut être approfondie par la création de pôles internationaux de partage des connaissances et de l’information et par le renforcement des capacités nationales, ainsi que par l’établissement de centres nationaux et régionaux de technologies respectueuses de l’environnement. Des solutions innovantes seront également nécessaires pour améliorer de manière significative l’accès aux technologies.

Ils soulignent l’importance de stimuler l’action visant à réduire les émissions dues à la déforestation et à la dégradation de la forêt dans les pays en développement (REDD). Ils reconnaissent que cet objectif constitue un élément important des efforts d’atténuation accomplis par certains pays en développement et qu’il peut jouer un rôle important dans l’action mondiale de lutte contre le changement climatique. La réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation de la forêt, à travers la préservation des forêts, la gestion durable et l’accroissement des stocks de carbone dans les forêts, pourra et devra avoir un double bénéfice social et environnemental.

Dans cette optique, la France et le Brésil conviennent que ces activités devraient se voir accorder un soutien financier et technologique adéquat, dans le cadre des actions nationales appropriées d’atténuation à mener par les pays en développement. Ils insistent sur la nécessité de renforcer la coopération – Nord-Sud et Sud-Sud – en matière de renforcement des capacités et de technologie dans le secteur forestier, notamment l’utilisation d’instruments de télédétection. Ils s’engagent à veiller à ce que la réduction des émissions due à la déforestation fasse partie des conclusions de Copenhague et soutiennent l’inclusion de cet objectif dans le cadre de la Convention.

La France et le Brésil soulignent la nécessité de résultats ambitieux en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. Dans cette optique, ils mettent en exergue le rôle de l’efficacité énergétique et des sources d’énergie renouvelables, y compris les sources bioénergétiques socialement et environnementalement durables.

La France et le Brésil s’accordent sur la nécessité de créer une organisation internationale consacrée à l’environnement et au développement durable, pour donner plus de cohérence aux efforts de la communauté internationale dans ces domaines. Ils sont convaincus qu’une impulsion décisive devrait être donnée à Copenhague en décembre, afin que l’Organisation mondiale soit mise en place à la Conférence Rio+20 à Rio de Janeiro en 2012.

Quelques remarques rapides :

L’objectif du 2°C du réchauffement est celui retenu par une bonne partie de la communauté internationale. Mais rappelons qu’il sera très difficile à atteindre, en particulier en l’état actuel des engagements des pays développés, dont fait partie la France.

On peut s’interroger sérieusement sur un point : quelle est la valeur d’une telle déclaration dans un contexte de négociations qui s’organisent autours de « blocs » de pays ? La France semble sortir du rang, faire cavalier seul par rapport à l’UE. Idem pour le Brésil par rapport au G77. Pourtant, ce sont bien ces deux groupes (UE et G77) qui font l’effectivité des négociations : la France ne parle pas, le Brésil ne parle pas, seuls le groupe auquel ce pays appartient parle. Il ne s’agit pas de dire que les pays ont perdu tout capacité d’initiative politique, toute autonomie ; mais on voit pour l’instant très mal la coordination des déclarations politiques isolées et la réalité concrète des négociations.

La déclaration ne semble oublier aucun chapitre des négociations ; les principaux points sont abordés. Certains, tels le financement, sont précisés puisque les deux pays affichent leur préférence pour une des options en cours de discussion.

On remarque que le nucléaire n’est pas évoqué, les deux pays préférant citer les économies d’énergie et les renouvelables. C’est une bonne nouvelle de savoir que M. Sarkozy sait mettre entre parenthèse son travail de VRP pro nucléaire.

Enfin, la France et le Brésil entendent militer en faveur d’une organisation internationale consacrée à l’environnement (OME) et au développement durable. C’est une bonne chose, souhaitable… mais qui sera difficile à mettre en place. Une petite question : qu’est ce qu’une « impulsion décisive donnée à Copenhague » pour permettre la mise en place d’une telle OME ?… Ce qui est sûr, est que la conférence des Partie qui se réunira à Copenhague agit dans le cadre d’un mandat clairement déterminé, qui ne permettra pas d’évoquer la place d’une telle OME dans la régulation du climat.

 

(Traduit de l’anglais)

Position commune de la France et du Brésil sur le changement climatique

La France et le Brésil réitèrent leur conviction que le changement climatique est l’un des défis les plus urgents auxquels nous faisons face aujourd’hui et qu’il exige une réponse globale immédiate guidée par les principes de justice et d’équité. Les deux pays soulignent que la lutte contre le changement climatique est un impératif qui doit être entièrement compatible avec une croissance économique durable et l’éradication de la pauvreté. Ils souscrivent aux conclusions scientifiques du Quatrième rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et soutiennent l’objectif de limitation de la hausse de la température moyenne mondiale à 2°C au-dessus des niveaux pré-industriels. Le respect de cet objectif implique un pic des émissions mondiales le plus tôt possible et une réduction des émissions mondiales d’au moins 50% d’ici à 2050 par rapport à 1990.

La France et le Brésil ont décidé de travailler ensemble avant la 15ème Conférence des Parties à la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique qui se tiendra à Copenhague en décembre 2009. Ils soulignent l’importance d’établir des ponts entre les pays et s’engagent à favoriser le développement d’une vision commune entre le G77/Chine et les pays les plus industrialisés. Ils soulignent l’importance que deux pays avec des situations nationales et régionales différentes puissent exprimer des positions communes sur les thèmes majeurs des négociations sur le changement climatique. Ils sont déterminés à accélérer le rythme des négociations afin de parvenir à un accord ambitieux basé sur la feuille de route de Bali, à Copenhague, à la fin de cette année.

La France et le Brésil s’engagent à coopérer afin de renforcer le régime international contre le changement climatique en rehaussant le niveau d’ambition de la mise en œuvre de la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique et de son Protocole de Kyoto. A cet égard, ils rappellent que toutes les parties doivent formuler, mettre en œuvre, publier et actualiser leurs programmes nationaux comportant les mesures destinées à atténuer le changement climatique et à faciliter l’adaptation. Ces plans nationaux doivent être les vecteurs d’une croissance sobre en carbone.

Ils soulignent que tous les pays de l’Annexe I de la Convention des Nations Unies doivent adopter des nouveaux objectifs ambitieux de réduction des émissions à moyen terme, conformément à leurs responsabilités et à leurs capacités, historiques et actuelles, et cohérents avec la limitation du réchauffement à 2°C et les recommandations du GIEC. Les pays de l’Annexe I doivent adopter des trajectoires de réduction cohérentes avec leur objectif de réduire leurs émissions d’au moins 80% d’ici à 2050 par rapport à 1990. Dans ce contexte, ils conviennent de l’importance cruciale d’une comparabilité des réductions appliquées à l’ensemble de l’économie entre tous les pays de l’Annexe I.

Pour leur part, les pays ne relevant pas de l’Annexe I doivent rechercher une croissance sobre en carbone en mettant en œuvre des actions nationales appropriées d’atténuation ( « NAMAs ») dans le cadre du développement durable, facilité et soutenu par les pays développés avec des financements nouveaux et additionnels, une coopération technologique et un renforcement des capacités nationales. Les pays en développement devraient aussi contribuer activement à l’effort mondial par une déviation substantielle de l’augmentation de leurs émissions par rapport au scenario « business as usual », en cohérence avec les recommandations du GIEC, avec pour objectif de réduire l’intensité carbone de leurs économies et d’atteindre un pic d’émissions le plus tôt possible, en gardant à l’esprit que le développement économique et social et l’éradication de la pauvreté sont les premières priorités des pays en développement.

Nos deux pays appuieront la création d’un registre dans le cadre de la mise en place d’un système de mesure, communication et vérification des actions nationales d’atténuation des pays en développement et du soutien financier accordé par les pays développés. Ce registre servirait à flécher les moyens d’appui à la mise en œuvre des actions d’atténuation par les pays en développement, et permettrait ainsi de contribuer à l’accroissement de l’effort d’atténuation au niveau mondial.

La France et le Brésil soulignent également l’importance de l’adaptation aux effets néfastes du changement climatique et conviennent que l’atténuation et l’adaptation devraient se voir accorder la même importance par la Convention. En dépit de leur responsabilité limitée sur le changement climatique, les pays en développement font déjà face à ses conséquences néfastes. La France et le Brésil soulignent la nécessité d’élaborer un cadre juste, global et robuste pour l’adaptation. Ce cadre doit inclure un soutien financier nouveau et substantiel pour les pays en développement, particulièrement les pays pauvres et vulnérables d’Afrique, les pays les moins avancés et les petits Etats insulaires, afin qu’ils puissent faire face au fardeau que le changement climatique ajoute au défi du développement économique et social et à l’éradication de la pauvreté.

Ils rappellent que la mise à disposition de ressources financières constitue l’un des éléments clés d’une mise en œuvre intégrale, efficace et soutenue de la Convention. Dans ce contexte, ils soulignent que l’augmentation graduelle du financement public international sera indispensable à une conclusion positive de la COP-15. Ils soulignent le rôle des instruments financiers, des mécanismes innovants et du secteur privé pour soutenir les actions d’atténuation et d’adaptation ainsi que le développement et le transfert des technologies. Les investissements doivent soutenir la croissance sobre en carbone et des modes de production et de consommation durables.

La France et le Brésil mettent en relief la nécessité d’une coopération accrue entre pays développés et en développement pour la recherche, le développement, le déploiement, la diffusion et le transfert de technologies vertes. La coopération technologique peut être approfondie par la création de pôles internationaux de partage des connaissances et de l’information et par le renforcement des capacités nationales, ainsi que par l’établissement de centres nationaux et régionaux de technologies respectueuses de l’environnement. Des solutions innovantes seront également nécessaires pour améliorer de manière significative l’accès aux technologies.

Ils soulignent l’importance de stimuler l’action visant à réduire les émissions dues à la déforestation et à la dégradation de la forêt dans les pays en développement (REDD). Ils reconnaissent que cet objectif constitue un élément important des efforts d’atténuation accomplis par certains pays en développement et qu’il peut jouer un rôle important dans l’action mondiale de lutte contre le changement climatique. La réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation de la forêt, à travers la préservation des forêts, la gestion durable et l’accroissement des stocks de carbone dans les forêts, pourra et devra avoir un double bénéfice social et environnemental.

Dans cette optique, la France et le Brésil conviennent que ces activités devraient se voir accorder un soutien financier et technologique adéquat, dans le cadre des actions nationales appropriées d’atténuation à mener par les pays en développement. Ils insistent sur la nécessité de renforcer la coopération – Nord-Sud et Sud-Sud – en matière de renforcement des capacités et de technologie dans le secteur forestier, notamment l’utilisation d’instruments de télédétection. Ils s’engagent à veiller à ce que la réduction des émissions due à la déforestation fasse partie des conclusions de Copenhague et soutiennent l’inclusion de cet objectif dans le cadre de la Convention.

La France et le Brésil soulignent la nécessité de résultats ambitieux en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. Dans cette optique, ils mettent en exergue le rôle de l’efficacité énergétique et des sources d’énergie renouvelables, y compris les sources bioénergétiques socialement et environnementalement durables.

La France et le Brésil s’accordent sur la nécessité de créer une organisation internationale consacrée à l’environnement et au développement durable, pour donner plus de cohérence aux efforts de la communauté internationale dans ces domaines. Ils sont convaincus qu’une impulsion décisive devrait être donnée à Copenhague en décembre, afin que l’Organisation mondiale soit mise en place à la Conférence Rio+20 à Rio de Janeiro en 2012.

Le Brésil et la France ont annoncé adopter une position commune afin de lancer une dynamique alternative au dialogue sino-américain. Cette déclaration s’inscrit dans la dynamique initiée par JL Borloo, qui a multiplié les déplacements dans des pays pauvres afin de tenter une convergence de vue. Rappelons également l’annonce d’un plan justice-climat, axé sur des investissements massifs dans le solaire en Afrique.

Ci-dessous le texte de la déclaration, suivi de quelques commentaires.

(Traduit de l’anglais)

Position commune de la France et du Brésil sur le changement climatique

La France et le Brésil réitèrent leur conviction que le changement climatique est l’un des défis les plus urgents auxquels nous faisons face aujourd’hui et qu’il exige une réponse globale immédiate guidée par les principes de justice et d’équité. Les deux pays soulignent que la lutte contre le changement climatique est un impératif qui doit être entièrement compatible avec une croissance économique durable et l’éradication de la pauvreté. Ils souscrivent aux conclusions scientifiques du Quatrième rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et soutiennent l’objectif de limitation de la hausse de la température moyenne mondiale à 2°C au-dessus des niveaux pré-industriels. Le respect de cet objectif implique un pic des émissions mondiales le plus tôt possible et une réduction des émissions mondiales d’au moins 50% d’ici à 2050 par rapport à 1990.

La France et le Brésil ont décidé de travailler ensemble avant la 15ème Conférence des Parties à la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique qui se tiendra à Copenhague en décembre 2009. Ils soulignent l’importance d’établir des ponts entre les pays et s’engagent à favoriser le développement d’une vision commune entre le G77/Chine et les pays les plus industrialisés. Ils soulignent l’importance que deux pays avec des situations nationales et régionales différentes puissent exprimer des positions communes sur les thèmes majeurs des négociations sur le changement climatique. Ils sont déterminés à accélérer le rythme des négociations afin de parvenir à un accord ambitieux basé sur la feuille de route de Bali, à Copenhague, à la fin de cette année.

La France et le Brésil s’engagent à coopérer afin de renforcer le régime international contre le changement climatique en rehaussant le niveau d’ambition de la mise en œuvre de la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique et de son Protocole de Kyoto. A cet égard, ils rappellent que toutes les parties doivent formuler, mettre en œuvre, publier et actualiser leurs programmes nationaux comportant les mesures destinées à atténuer le changement climatique et à faciliter l’adaptation. Ces plans nationaux doivent être les vecteurs d’une croissance sobre en carbone.

Ils soulignent que tous les pays de l’Annexe I de la Convention des Nations Unies doivent adopter des nouveaux objectifs ambitieux de réduction des émissions à moyen terme, conformément à leurs responsabilités et à leurs capacités, historiques et actuelles, et cohérents avec la limitation du réchauffement à 2°C et les recommandations du GIEC. Les pays de l’Annexe I doivent adopter des trajectoires de réduction cohérentes avec leur objectif de réduire leurs émissions d’au moins 80% d’ici à 2050 par rapport à 1990. Dans ce contexte, ils conviennent de l’importance cruciale d’une comparabilité des réductions appliquées à l’ensemble de l’économie entre tous les pays de l’Annexe I.

Pour leur part, les pays ne relevant pas de l’Annexe I doivent rechercher une croissance sobre en carbone en mettant en œuvre des actions nationales appropriées d’atténuation ( « NAMAs ») dans le cadre du développement durable, facilité et soutenu par les pays développés avec des financements nouveaux et additionnels, une coopération technologique et un renforcement des capacités nationales. Les pays en développement devraient aussi contribuer activement à l’effort mondial par une déviation substantielle de l’augmentation de leurs émissions par rapport au scenario « business as usual », en cohérence avec les recommandations du GIEC, avec pour objectif de réduire l’intensité carbone de leurs économies et d’atteindre un pic d’émissions le plus tôt possible, en gardant à l’esprit que le développement économique et social et l’éradication de la pauvreté sont les premières priorités des pays en développement.

Nos deux pays appuieront la création d’un registre dans le cadre de la mise en place d’un système de mesure, communication et vérification des actions nationales d’atténuation des pays en développement et du soutien financier accordé par les pays développés. Ce registre servirait à flécher les moyens d’appui à la mise en œuvre des actions d’atténuation par les pays en développement, et permettrait ainsi de contribuer à l’accroissement de l’effort d’atténuation au niveau mondial.

La France et le Brésil soulignent également l’importance de l’adaptation aux effets néfastes du changement climatique et conviennent que l’atténuation et l’adaptation devraient se voir accorder la même importance par la Convention. En dépit de leur responsabilité limitée sur le changement climatique, les pays en développement font déjà face à ses conséquences néfastes. La France et le Brésil soulignent la nécessité d’élaborer un cadre juste, global et robuste pour l’adaptation. Ce cadre doit inclure un soutien financier nouveau et substantiel pour les pays en développement, particulièrement les pays pauvres et vulnérables d’Afrique, les pays les moins avancés et les petits Etats insulaires, afin qu’ils puissent faire face au fardeau que le changement climatique ajoute au défi du développement économique et social et à l’éradication de la pauvreté.

Ils rappellent que la mise à disposition de ressources financières constitue l’un des éléments clés d’une mise en œuvre intégrale, efficace et soutenue de la Convention. Dans ce contexte, ils soulignent que l’augmentation graduelle du financement public international sera indispensable à une conclusion positive de la COP-15. Ils soulignent le rôle des instruments financiers, des mécanismes innovants et du secteur privé pour soutenir les actions d’atténuation et d’adaptation ainsi que le développement et le transfert des technologies. Les investissements doivent soutenir la croissance sobre en carbone et des modes de production et de consommation durables.

La France et le Brésil mettent en relief la nécessité d’une coopération accrue entre pays développés et en développement pour la recherche, le développement, le déploiement, la diffusion et le transfert de technologies vertes. La coopération technologique peut être approfondie par la création de pôles internationaux de partage des connaissances et de l’information et par le renforcement des capacités nationales, ainsi que par l’établissement de centres nationaux et régionaux de technologies respectueuses de l’environnement. Des solutions innovantes seront également nécessaires pour améliorer de manière significative l’accès aux technologies.

Ils soulignent l’importance de stimuler l’action visant à réduire les émissions dues à la déforestation et à la dégradation de la forêt dans les pays en développement (REDD). Ils reconnaissent que cet objectif constitue un élément important des efforts d’atténuation accomplis par certains pays en développement et qu’il peut jouer un rôle important dans l’action mondiale de lutte contre le changement climatique. La réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation de la forêt, à travers la préservation des forêts, la gestion durable et l’accroissement des stocks de carbone dans les forêts, pourra et devra avoir un double bénéfice social et environnemental.

Dans cette optique, la France et le Brésil conviennent que ces activités devraient se voir accorder un soutien financier et technologique adéquat, dans le cadre des actions nationales appropriées d’atténuation à mener par les pays en développement. Ils insistent sur la nécessité de renforcer la coopération – Nord-Sud et Sud-Sud – en matière de renforcement des capacités et de technologie dans le secteur forestier, notamment l’utilisation d’instruments de télédétection. Ils s’engagent à veiller à ce que la réduction des émissions due à la déforestation fasse partie des conclusions de Copenhague et soutiennent l’inclusion de cet objectif dans le cadre de la Convention.

La France et le Brésil soulignent la nécessité de résultats ambitieux en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. Dans cette optique, ils mettent en exergue le rôle de l’efficacité énergétique et des sources d’énergie renouvelables, y compris les sources bioénergétiques socialement et environnementalement durables.

La France et le Brésil s’accordent sur la nécessité de créer une organisation internationale consacrée à l’environnement et au développement durable, pour donner plus de cohérence aux efforts de la communauté internationale dans ces domaines. Ils sont convaincus qu’une impulsion décisive devrait être donnée à Copenhague en décembre, afin que l’Organisation mondiale soit mise en place à la Conférence Rio+20 à Rio de Janeiro en 2012.

Quelques remarques rapides :

L’objectif du 2°C du réchauffement est celui retenu par une bonne partie de la communauté internationale. Mais rappelons qu’il sera très difficile à atteindre, en particulier en l’état actuel des engagements des pays développés, dont fait partie la France.

On peut s’interroger sérieusement sur un point : quelle est la valeur d’une telle déclaration dans un contexte de négociations qui s’organisent autours de « blocs » de pays ? La France semble sortir du rang, faire cavalier seul par rapport à l’UE. Idem pour le Brésil par rapport au G77. Pourtant, ce sont bien ces deux groupes (UE et G77) qui font l’effectivité des négociations : la France ne parle pas, le Brésil ne parle pas, seuls le groupe auquel ce pays appartient parle. Il ne s’agit pas de dire que les pays ont perdu tout capacité d’initiative politique, toute autonomie ; mais on voit pour l’instant très mal la coordination des déclarations politiques isolées et la réalité concrète des négociations.

La déclaration ne semble oublier aucun chapitre des négociations ; les principaux points sont abordés. Certains, tels le financement, sont précisés puisque les deux pays affichent leur préférence pour une des options en cours de discussion.

On remarque que le nucléaire n’est pas évoqué, les deux pays préférant citer les économies d’énergie et les renouvelables. C’est une bonne nouvelle de savoir que M. Sarkozy sait mettre entre parenthèse son travail de VRP pro nucléaire.

Enfin, la France et le Brésil entendent militer en faveur d’une organisation internationale consacrée à l’environnement (OME) et au développement durable. C’est une bonne chose, souhaitable… mais qui sera difficile à mettre en place. Une petite question : qu’est ce qu’une « impulsion décisive donnée à Copenhague » pour permettre la mise en place d’une telle OME ?… Ce qui est sûr, est que la conférence des Partie qui se réunira à Copenhague agit dans le cadre d’un mandat clairement déterminé, qui ne permettra pas d’évoquer la place d’une telle OME dans la régulation du climat.

 

(Traduit de l’anglais)

Position commune de la France et du Brésil sur le changement climatique

La France et le Brésil réitèrent leur conviction que le changement climatique est l’un des défis les plus urgents auxquels nous faisons face aujourd’hui et qu’il exige une réponse globale immédiate guidée par les principes de justice et d’équité. Les deux pays soulignent que la lutte contre le changement climatique est un impératif qui doit être entièrement compatible avec une croissance économique durable et l’éradication de la pauvreté. Ils souscrivent aux conclusions scientifiques du Quatrième rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et soutiennent l’objectif de limitation de la hausse de la température moyenne mondiale à 2°C au-dessus des niveaux pré-industriels. Le respect de cet objectif implique un pic des émissions mondiales le plus tôt possible et une réduction des émissions mondiales d’au moins 50% d’ici à 2050 par rapport à 1990.

La France et le Brésil ont décidé de travailler ensemble avant la 15ème Conférence des Parties à la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique qui se tiendra à Copenhague en décembre 2009. Ils soulignent l’importance d’établir des ponts entre les pays et s’engagent à favoriser le développement d’une vision commune entre le G77/Chine et les pays les plus industrialisés. Ils soulignent l’importance que deux pays avec des situations nationales et régionales différentes puissent exprimer des positions communes sur les thèmes majeurs des négociations sur le changement climatique. Ils sont déterminés à accélérer le rythme des négociations afin de parvenir à un accord ambitieux basé sur la feuille de route de Bali, à Copenhague, à la fin de cette année.

La France et le Brésil s’engagent à coopérer afin de renforcer le régime international contre le changement climatique en rehaussant le niveau d’ambition de la mise en œuvre de la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique et de son Protocole de Kyoto. A cet égard, ils rappellent que toutes les parties doivent formuler, mettre en œuvre, publier et actualiser leurs programmes nationaux comportant les mesures destinées à atténuer le changement climatique et à faciliter l’adaptation. Ces plans nationaux doivent être les vecteurs d’une croissance sobre en carbone.

Ils soulignent que tous les pays de l’Annexe I de la Convention des Nations Unies doivent adopter des nouveaux objectifs ambitieux de réduction des émissions à moyen terme, conformément à leurs responsabilités et à leurs capacités, historiques et actuelles, et cohérents avec la limitation du réchauffement à 2°C et les recommandations du GIEC. Les pays de l’Annexe I doivent adopter des trajectoires de réduction cohérentes avec leur objectif de réduire leurs émissions d’au moins 80% d’ici à 2050 par rapport à 1990. Dans ce contexte, ils conviennent de l’importance cruciale d’une comparabilité des réductions appliquées à l’ensemble de l’économie entre tous les pays de l’Annexe I.

Pour leur part, les pays ne relevant pas de l’Annexe I doivent rechercher une croissance sobre en carbone en mettant en œuvre des actions nationales appropriées d’atténuation ( « NAMAs ») dans le cadre du développement durable, facilité et soutenu par les pays développés avec des financements nouveaux et additionnels, une coopération technologique et un renforcement des capacités nationales. Les pays en développement devraient aussi contribuer activement à l’effort mondial par une déviation substantielle de l’augmentation de leurs émissions par rapport au scenario « business as usual », en cohérence avec les recommandations du GIEC, avec pour objectif de réduire l’intensité carbone de leurs économies et d’atteindre un pic d’émissions le plus tôt possible, en gardant à l’esprit que le développement économique et social et l’éradication de la pauvreté sont les premières priorités des pays en développement.

Nos deux pays appuieront la création d’un registre dans le cadre de la mise en place d’un système de mesure, communication et vérification des actions nationales d’atténuation des pays en développement et du soutien financier accordé par les pays développés. Ce registre servirait à flécher les moyens d’appui à la mise en œuvre des actions d’atténuation par les pays en développement, et permettrait ainsi de contribuer à l’accroissement de l’effort d’atténuation au niveau mondial.

La France et le Brésil soulignent également l’importance de l’adaptation aux effets néfastes du changement climatique et conviennent que l’atténuation et l’adaptation devraient se voir accorder la même importance par la Convention. En dépit de leur responsabilité limitée sur le changement climatique, les pays en développement font déjà face à ses conséquences néfastes. La France et le Brésil soulignent la nécessité d’élaborer un cadre juste, global et robuste pour l’adaptation. Ce cadre doit inclure un soutien financier nouveau et substantiel pour les pays en développement, particulièrement les pays pauvres et vulnérables d’Afrique, les pays les moins avancés et les petits Etats insulaires, afin qu’ils puissent faire face au fardeau que le changement climatique ajoute au défi du développement économique et social et à l’éradication de la pauvreté.

Ils rappellent que la mise à disposition de ressources financières constitue l’un des éléments clés d’une mise en œuvre intégrale, efficace et soutenue de la Convention. Dans ce contexte, ils soulignent que l’augmentation graduelle du financement public international sera indispensable à une conclusion positive de la COP-15. Ils soulignent le rôle des instruments financiers, des mécanismes innovants et du secteur privé pour soutenir les actions d’atténuation et d’adaptation ainsi que le développement et le transfert des technologies. Les investissements doivent soutenir la croissance sobre en carbone et des modes de production et de consommation durables.

La France et le Brésil mettent en relief la nécessité d’une coopération accrue entre pays développés et en développement pour la recherche, le développement, le déploiement, la diffusion et le transfert de technologies vertes. La coopération technologique peut être approfondie par la création de pôles internationaux de partage des connaissances et de l’information et par le renforcement des capacités nationales, ainsi que par l’établissement de centres nationaux et régionaux de technologies respectueuses de l’environnement. Des solutions innovantes seront également nécessaires pour améliorer de manière significative l’accès aux technologies.

Ils soulignent l’importance de stimuler l’action visant à réduire les émissions dues à la déforestation et à la dégradation de la forêt dans les pays en développement (REDD). Ils reconnaissent que cet objectif constitue un élément important des efforts d’atténuation accomplis par certains pays en développement et qu’il peut jouer un rôle important dans l’action mondiale de lutte contre le changement climatique. La réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation de la forêt, à travers la préservation des forêts, la gestion durable et l’accroissement des stocks de carbone dans les forêts, pourra et devra avoir un double bénéfice social et environnemental.

Dans cette optique, la France et le Brésil conviennent que ces activités devraient se voir accorder un soutien financier et technologique adéquat, dans le cadre des actions nationales appropriées d’atténuation à mener par les pays en développement. Ils insistent sur la nécessité de renforcer la coopération – Nord-Sud et Sud-Sud – en matière de renforcement des capacités et de technologie dans le secteur forestier, notamment l’utilisation d’instruments de télédétection. Ils s’engagent à veiller à ce que la réduction des émissions due à la déforestation fasse partie des conclusions de Copenhague et soutiennent l’inclusion de cet objectif dans le cadre de la Convention.

La France et le Brésil soulignent la nécessité de résultats ambitieux en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. Dans cette optique, ils mettent en exergue le rôle de l’efficacité énergétique et des sources d’énergie renouvelables, y compris les sources bioénergétiques socialement et environnementalement durables.

La France et le Brésil s’accordent sur la nécessité de créer une organisation internationale consacrée à l’environnement et au développement durable, pour donner plus de cohérence aux efforts de la communauté internationale dans ces domaines. Ils sont convaincus qu’une impulsion décisive devrait être donnée à Copenhague en décembre, afin que l’Organisation mondiale soit mise en place à la Conférence Rio+20 à Rio de Janeiro en 2012.

En route vers Copenhague : fin des discussions à Bonn

with one comment

L’UNFCCC vient de publier un communiqué de presse, lors de la conclusion de la semaine de discussions informelles à Bonn. Le mot d’Yvo de Boer, pour le moins mitigé, indique la situation inquiétante dans laquelle nous sommes actuellement. Il est désormais très probable qu’un accord à la hauteur des enjeux ne soit pas conclu à Copenhague en décembre prochain…

PRESS RELEASE

Negotiators Get Down to Practicalities at Bonn UNFCCC Meeting,
But Negotiations Have Yet to Pick up Speed

(Bonn, 14 August 2009) – A week-long informal negotiating session toward a new global
response to climate change concluded in Bonn Friday. The consultations, attended by around
2400 participants, were part of a series of UNFCCC gatherings this year designed to culminate in
an ambitious and effective international climate change deal in Copenhagen in December. The
Copenhagen outcome is to follow on the first phase of the Kyoto Protocol, which expires at the
end of 2012.

“At this meeting, only limited progress was made, although governments did get down to
some practicalities in the areas of adaptation, technology and capacity building,” said Yvo de
Boer, Executive Secretary of the UN Climate Change Secretariat. “So with only 15 days of
negotiating time left before Copenhagen, negotiations will need to considerably pick up speed for
the world to achieve a successful result at Copenhagen,” he added.

Whilst some progress in Bonn was made in narrowing down options in the negotiating
text, governments also discussed technical issues such as how mid-term (2020) emission
reduction pledges of industrialised countries could be translated into legally binding targets as a
key component of the Copenhagen deal.

“Industrialised countries need to show a greater level of ambition in agreeing to
meaningful mid-term emission reduction targets. The present level of ambition can be raised
domestically and by making use of international cooperation,” the UN’s top climate change official
said.” “We also need a clear indication of the finance and technology industrialised countries are
ready to provide to help developing countries green their economic growth and adapt to the
impacts of climate change.”

“In the context of the G8 and Major Economies Forum, I see a group of countries
considering actions that would allow them to profit from the boom in clean technology,” said Yvo
de Boer. “The question is how all nations can profit from this development. Poorer countries risk
being left by the wayside without access to technology and finance. International cooperation
needs to provide them with the means to enable them to green their economies and to adapt to
the inevitable effects of climate change. In order for that support to be financed, I believe that
countries need to be more specific about what they want supported and how,” he added.

Following the meeting in Bonn, work on the negotiating text will continue on 28
September in Bangkok at a two-week negotiating session. Delegates will then assemble for five
days of pre-Copenhagen negotiations in Barcelona 2 November.

A major opportunity for all Heads of State and Government of the world to provide clear
political guidance to negotiators ahead of the UN Climate Change Conference in Copenhagen will
be The UN Secretary-General’s Climate Change Summit for world leaders 22 September in New
York. The New York meeting will assemble Heads of State and Government  from all 192 Parties
to the UNFCCC.

Further upcoming UNFCCC meetings

Bangkok Climate Change Negotiations 2009
9th session of the AWG-KP and 7th session of the AWG-LCA – Monday, 28 September to Friday,
9 October 2009 United Nations Conference Centre (UNCC) of the United Nations Economic and
Social Commission for Asia and the Pacific (UNESCAP), Bangkok, Thailand. Full media facilities
and numerous press conferences. No side events (due to space limitations).

Barcelona Climate Change Negotiations
Resumed Seventh session of the AWG-LCA and resumed Ninth session of the AWG-KP – 2 to 6
November 2009  Barcelona, Spain, Fira Barcelona. Full media facilities, around 100 side events.

United Nations Climate Change Conference Copenhagen
COP 15 and CMP 5 – 7 to 8 December 2009, Bella Center, Copenhagen, Denmark. Numerous
press conferences, more than 200 side events.

Ajout : la version française ici

Sur le même sujet :

-Un article de libé : http://environnement.blogs.liberation.fr/noualhat/2009/08/climat-vers-un-ratage-total-%C3%A0-copenhague.html

-Un article du monde : http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/08/14/pour-greenpeace-le-risque-qu-aucun-accord-ne-soit-signe-a-copenhague-est-reel_1228671_3244.html

Négociations internationales vers Copenhague : suivi des positions (1)

with 2 comments

Où en sont les négociations internationales sur le climat ? 1er épisode d’un suivi régulier de l’actualité, au travers des déclarations publiques dans la presse internationale.

Rappel des épisodes précédents :

Le compte à rebours est lancé avant la conférence de Copenhague qui doit se tenir en décembre prochain. La situation des négociations internationales semble pouvoir se décrire en quelques mots ainsi : les Etats-Unis vivent une évolution majeure de leur position avec l’acceptation pleine et entière de la réalité du réchauffement climatique, de la causalité anthropique et du rôle historique des pays industrialisés (voir par exemple un court article de l’AFP). Leur nouvelle loi Waxman-Markey est en cours d’adoption par le Congrès (les représentants ont voté pour, les Sénateurs devront s’exprimer bientôt) : elle prévoit une réduction de leurs émissions de 17% en 2020 par rapport à 2005, soit une réduction par rapport à 1990 de 4%. L’Union Européenne, qui n’a pas perdu huit années avec une administration Bush calamiteuse, fait un effort comparable en termes de réduction mais possède une significative avance  par rapport aux Etats-Unis (réduction de 20% en 2020 par rapport à 1990, voire 30% en cas d’accord international positif). L’UE veut jouer le rôle de leader dans la lutte contre le changement climatique : la Suède, qui Préside l’UE pour 6 mois, vient de lancer son plan d’action en faveur d’une économie efficace au plan énergétique. On devrait pouvoir compter sur le pays pour dynamiser les engagements de l’UE et coordonner les 27 en vue de Copenhague. En Australie, grâce au changement de majorité gouvernementale (démocrates au pouvoir), la situation semble également s’améliorer… bien que rien ne soit acquis : la bataille législative fait rage actuellement (l’opposition libérale, qui peut bloquer le processus de décision est divisée sur le sujet). De plus, il faut rappeler que les émissions australiennes ont dérapé depuis 2005, tout comme au Canada ou en Nouvelle-Zélande (ce qui fait dire au gouvernement Néo-Zélandais que l’objectif d’atténuation pour 2020 sera « une tâche difficile » à réaliser). Nouvelle-Zélande et Australie doivent prochainement rencontrer les autres nations du Pacifique lors d’une réunion du CAIRN, ce qui pourrait être un moment opportun pour faire avancer les négociations, selon Yvo De Boer (responsable des négociations internationales sur le climat). Au Japon, l’actuel gouvernement n’est prêt à s’engager qu’à une réduction de 15% en 2020 par rapport à 2005… mais une alternance historique pourrait avoir lieu au mois d’août à la faveur d’élections anticipées très favorables au l’actuelle opposition démocrate.

Mais la Chine ne cesse de rappeler les chiffres du GIEC : il faut que tous les pays industrialisés réduisent leurs émissions de 25 à 40% en 2020 par rapport à 1990 si on veut avoir une chance d’atteindre l’objectif de +2°C de réchauffement en 2100 par rapport à la période pré-industrielle. Or, seul l’engagement Européen permettrait d’atteindre cet objectif. L’Inde est dans une posture encore plus radicale que celle de la Chine. Les Pays les Moins Avancés, les petits Etats îles (OASIS), le G77 veulent des engagement très forts en termes de réductions (90% de réductions mondiales en 2050) et en termes d’aide à l’adaptation (ils sont les plus touchés…).

La guerre des nerfs se joue entre les Etats-Unis, la Chine et l’Inde. L’UE essaie de fluidifier les relations et de passer pour le gentil-proactif…

Eléments lors des semaines du 20 et du 27 juillet :

l’Inde garde une position très ferme sur la scène internationale : lors d’une visite de deux jours de Hillary Clinton, le ministre de l’environnement Jairam Ramesh réaffirme que l’Inde n’est pas prête à s’engager à des réductions d’émissions obligatoires, alors qu’elle a un niveau d’émissions par tête très faible et que la responsabilité historique des Etats-Unis est sans commune mesure.

-Le Secrétaire au commerce  des Etats-Unis Gary Locke avait annoncé la semaine dernière que les consommateurs devaient payer pour le carbone compris dans leurs biens de consommation… les émissions liées à la production de biens exportés ne seraient plus de la responsabilité du pays producteur ; position position particulièrement intéressante pour la Chine (et qui ne paraît par complètement infondée au plan de la justice sociale). Mais dans une nouvelle déclaration, Gary Locke a rappelé que les pays développé engageaient beaucoup de moyens pour lutter contre le réchauffement climatique et que les pays émergents, comme la Chine, devaient faire de même. En résumé : « ils doivent payer comme nous ».

Mais il est difficile de lire dans ce genre de déclarations une évolution des positions officielles… et on retiendra plutôt la tenue d’une conférence de presse commune entre la Chine et les Etats-Unis il y a quelques semaines, ainsi que les déclarations rassurantes des négociateurs, tel Todd Stern. Ce qui est certain, c’est qu’un accord digne de ce nom devra se faire grâce aux deux géants.

-Ban Ki-moon, secrétaire général des NU, publie une tribune appelant les pays en développement, en particulier la Chine, à accroître encore ses efforts, et souligne le rôle crucial joué par ce pays dans les négociations internationales.

– Déforestation : tandis que la déforestation accélère encore (l’Indonésie pourrait perdre toute sa forêt primaire d’ici 2015) dans une tribune Wangari Maathai, Prix Nobel, appelle à la protection des forêts du continent Africain, tout en rappelant la nécessité de justice et d’aide aux plus pauvres, conditions sans lesquelles toute lutte contre le changement climatique serait veine. Rappelons que les pays Africains semblent désormais très concernés par les changements climatiques, mais qu’ils ont besoin d’aide, en particulier pour pouvoir s’adapter (alors que leurs besoins de réductions sont très faibles, vu le niveau de leurs émissions actuelles)…  Ils tentent de s’organiser de telle sorte que leur demande soit unique lors de Copenhague (le Président de Namibie rappelle cette nécessité.)