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Rapport : l’avenir du photovoltaïque en France

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Le député Serge Poignant a rendu public un rapport sur l’énergie photovoltaïque dans le cadre de la commission des affaires économiques de l’Assemblée Nationale en date du 16 juillet 2009.

Après avoir rappelé le gigantesque potentiel de cette énergie (le schéma ci-dessous est explicite !), le député propose 10 bonnes raisons pour développer le photovoltaïque.

Les 10 raisons de développer le PV selon M Poignant :

1. Son carburant est gratuit. Le soleil est la seule ressource dont a besoin un panneau solaire. Et le soleil brillera jusqu’à la fin des temps. De plus, la plupart des cellules photovoltaïques sont fabriquées à base de silicium, un matériau abondant et non toxique (second matériau le plus abondant sur Terre).

2. L’énergie solaire photovoltaïque ne génère ni bruit, ni émissions nocives, ni gaz polluants.

La combustion de ressources naturelles pour fabriquer de l’énergie engendre de la fumée, provoque des pluies acides, pollue l’eau et l’air. Cela génère aussi du dioxyde de carbone (CO2), l’un des principaux gaz à effet de serre. L’électricité solaire utilise seulement l’énergie du soleil comme carburant. Elle ne crée aucun co-produit nocif et contribue activement à réduire le réchauffement climatique.

3. Les systèmes photovoltaïques sont très sûrs et d’une grande fiabilité. L’espérance de vie d’un module solaire est d’environ 30 ans. La performance des cellules photovoltaïques est généralement garantie par les fabricants pour une durée de 20 à 25 ans. Au-delà, la puissance d’une cellule reste néanmoins supérieure à 80 % de la puissance initiale. Le photovoltaïque est donc une technologie fiable sur le long terme. De plus, la fiabilité des produits est garantie aux consommateurs par des standards de qualité très élevés au niveau européen.

4. Les modules photovoltaïques sont recyclables et les matériaux utilisés pour leur production (silicium, verre, aluminium, etc.) peuvent être réutilisés. Le recyclage n’est pas seulement bénéfique pour l’environnement, il contribue également à réduire l’énergie nécessaire pour produire ces matériaux et ainsi à réduire leur coût de fabrication.

5. L’énergie solaire photovoltaïque exige peu de maintenance. Les modules solaires ne nécessitent pratiquement aucune maintenance et sont faciles à installer.

6. L’énergie solaire photovoltaïque fournit de l’électricité aux zones rurales les plus isolées. Les systèmes photovoltaïques apportent une valeur ajoutée aux zones rurales (en particulier dans les pays en développement où il n’y a pas de réseau électrique disponible). L’éclairage domestique, les systèmes de réfrigération des hôpitaux et le pompage de l’eau font partie des nombreuses applications possibles des systèmes non connectés au réseau. Les systèmes de télécommunications en zones isolées utilisent également des panneaux solaires.

7. L’énergie solaire photovoltaïque peut être intégrée de manière esthétique dans les bâtiments. Les modules solaires peuvent couvrir toits et façades, contribuant ainsi à l’autonomie énergétique des bâtiments. Ils sont silencieux et peuvent être intégrés de manière très esthétique. Les législations européennes sur les bâtiments sont en cours de révision afin d’intégrer des impératifs d’énergies renouvelables pour les édifices publics et les logements. Celles-ci permettent d’accélérer le développement des éco-bâtiments et des bâtiments à énergie positive et ouvrent la voie vers une meilleure intégration des systèmes photovoltaïques dans le bâti.

8. Le temps de retour énergétique d’un module diminue constamment. Cela signifie que le temps mis par un module photovoltaïque pour générer autant d’énergie qu’il en a fallu pour le produire est très court ; il varie entre 1,5 et 3 ans. Sur sa durée de vie, un module produit donc entre 6 et 18 fois plus d’énergie qu’il n’en faut pour le fabriquer

9. L’énergie solaire photovoltaïque permet la création de milliers d’emplois. Avec une croissance annuelle moyenne de 40 % ces dernières années, le secteur photovoltaïque contribue de plus en plus à la création de milliers d’emplois en Europe et dans le monde.

10. L’énergie solaire photovoltaïque contribue à améliorer la sécurité de l’approvisionnement énergétique de l’Europe. Pour répondre à 100 % de la demande européenne en électricité, il suffirait de recouvrir 2 % de la superficie totale de l’Europe de panneaux solaires. Le photovoltaïque peut donc jouer un rôle important dans l’amélioration de la sécurité de l’approvisionnement énergétique de l’Europe.

Afin de développer la filière en France, le rapport propose 9 lignes directrices :

NEUF LIGNES DIRECTRICES POUR UN PROGRAMME NATIONAL DE DÉVELOPPEMENT DE LA FILIÈRE PHOTOVOLTAÏQUE

1. Préparer l’échéance de la parité réseau

o Tracer dans la loi des axes stratégiques ambitieux et réalistes et confier au règlement la fixation des différents tarifs d’achat

o Poser une règle de dégressivité des tarifs et de correction automatique en fonction du volume de marché et de l’approche de la parité réseau

o Maintenir un statu quo tarifaire en Corse et dans les départements d’outre-mer

2. Prévenir les conflits d’usage et la captation des terres arables par des centrales solaires

o Faire établir par l’ADEME une liste des terres éligibles à l’installation de fermes solaires

o Exiger que les projets de fermes solaires aient un impact environnemental positif

o Instaurer une caution foncière pour éviter la spéculation

3. Intégrer à l’économie du secteur une réflexion sur l’aménagement du territoire

o Régionaliser le tarif d’achat en fonction de la variable d’ensoleillement

o Répartir les fermes solaires sur l’ensemble du territoire national

4. Miser sur l’intégration au bâti pour positionner la filière française

o Conserver les principes de fonctionnement du tarif d’achat et le seuil des 3 kWc

o Définir au niveau national des critères objectifs et précis « d’intégration au bâti »

o Instaurer un tarif d’achat intermédiaire pour l’équipement des bâtiments sans intégration

o Réfléchir à une définition juridique de l’intégration architecturale dans l’optique d’un bonus tarifaire

o Créer une commission de qualification des équipements

5. Adapter le cadre administratif au dynamisme du secteur

o Simplifier les formalités de raccordement et accélérer les délais exigés par ERDF

o Faire perdurer les dispositifs fiscaux de soutien à la filière

o Clarifier le régime administratif et fiscal des fermes solaires

o Instaurer des contrôles pour éviter des fraudes massives généralisées

6. Donner à la recherche française les moyens de la performance

o Privilégier l’énergie solaire dans les investissements publics en faveur des énergies nouvelles

o Soutenir l’ensemble des filières technologiques silicium, CIS et polymères

o Améliorer le passage de la recherche à l’application industrielle

o Coupler les recherches sur le photovoltaïque avec celles sur le stockage

o Poursuivre les recherches sur les concentrateurs et explorer leurs modalités d’exploitation

7. Assurer la consolidation du secteur industriel français

o Engager les fleurons nationaux de l’énergie et des matériaux à investir le secteur

o Faire émerger des entreprises françaises sur la totalité de la filière

o Edicter des normes exigeantes de qualité sur les équipements photovoltaïques

o Accentuer les investissements dans les capacités productives pour combler le retard français

o Mobiliser les crédits issus du grand emprunt national et du Fonds stratégique d’investissement

8. Mettre l’énergie photovoltaïque à disposition du grand public

o Poursuivre la tâche d’information et de communication entreprise par l’ADEME

o Mobiliser les compétences des métiers du bâtiment

o Ouvrir des formations qualifiantes, initiales et continues, à destination des professionnels

o Lier la production et la consommation d’électricité photovoltaïque aux progrès de la domotique

o Observer la bonne couverture des risques par les compagnies d’assurance

9. Introduire une composante photovoltaïque forte dans le plan solaire méditerranéen

Commentaires rapides

Heureux de voir un rapport officiel rappeler cette évidence pourtant généralement refusée : le photovoltaïque est l’énergie du futur, à marier avec d’autres renouvelables, mais qui pourra constituer le socle d’un système énergétique véritablement durable.

Pour ce que j’en ai lu, je n’ai rien à reprocher à ce rapport…

Article sur le rapport : actu-environnement

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Perte de pouvoir d’achat : la faute aux énergies fossiles

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Résumé : la situation énergétique des ménages actuelle est telle qu’elle accroît les inégalités. Etude de l’ADEME.

Dans sa lettre ADEME et VOUS n°11, l’ADEME analyse l’évolution du poids du coût de l’énergie sur les revenus des ménages, en fonction du niveau de revenu, de la situation géographique. Il apparaît clairement que les énergies fossiles sont responsables d’une réduction nette et significative du pouvoir d’achat des ménages… et ce n’est pas fini.

Riches et pauvres : les inégalités s’accroissent

  • En 5 ans seulement (2001-2006), la part des dépenses énergétiques a augmenté de 4,7% pour les 20% des ménages les plus pauvres (appelé « quintile 01 » dans le graphique ci-dessous), passant de 10,2 à 14,9% des dépenses totales.
  • 80% des ménages sont touchés par cette augmentation, en pourcentage. Seuls les 20% des ménages les plus riches ont vu la part de leurs dépenses énergétiques diminuer (en pourcentage… ce qui est probablement dû à une augmentation de leurs revenus plus rapide que l’augmentation de leur dépenses énergétiques).

  • Il est nécessaire de préciser que cet indice objectif (analyse de la part des dépenses) ne représente pas totalement l’effet réel d’une telle augmentation pour les plus pauvres. En effet, 1€ quand on touche le smic n’a pas la même valeur que 1€ quand on gagne 10 fois le smic… car les premiers euros gagnés permettent de payer les dépenses indispensables : se loger, se nourrir. Le surplus (quand il y en a, c’est à dire pour les plus riches) est « en plus », et permet de faire des dépenses supplémentaires non nécessaires. Autrement dit, pour une même augmentation des dépenses énergétiques, l’effet d’appauvrissement est beaucoup plus fort pour les plus pauvres que pour les plus riches.

Urbains et ruraux

  • Les ménages habitant en zones rurales ou semi-rurales dépensent nettement plus que ceux habitant en zones urbaines denses.
  • Le graphique est explicite…

Et ce n’est pas fini…

  • Entre 1996 et 2006, l’indice des combustibles fossiles a augmenté de 4,2% en euro constant (hors inflation). Et cela, avant la brusque montée du prix du baril de pétrole que nous connaissons depuis 8 mois.
  • En tenant compte de l’accroissement de l’efficacité énergétique, de l’augmentation du PIB mondial, de l’augmentation de la demande mondiale, de l’inflation mondiale (2% par an), l’ADEME estime qu’il est « envisageable que le prix des combustibles augmente à un rythme annuel proche de 3% par an en euro constant durant la prochaine décennie ». L’ADEME indique que les prix devraient ensuite « progresser de façon exponentielle« .
  • « Faute d’avoir réalisé des travaux de substitution et ou de rénovation substantiels, les ménages modestes pourraient être durement frappés par la hausse du prix des combustibles. »

Il y a donc urgence à agir

Un politique d’incitation à la rénovation urbaine et à l’introduction massive d’énergies renouvelables doit être une priorité absolue des collectivités locales… le péril est écologique mais aussi social (donc économique) !

L’AIE appelle à une « révolution énergétique »

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Résumé : la très officielle Agence internationale de l’énergie appelle à des changements majeurs concernant le système énergétique mondial (juin 2008)

Dans son document Perspectives des technologies à l’horizon 2050 publié en juin 2008, l’AIE expose différents scénarios relatifs à l’avenir énergétique de la planète tout en considérant les effets en terme d’émissions de gaz à effet de serre.

Ce document, destiné aux décideurs du G8 et à l’OCDE, donc aux pays les plus développés, reste assez conventionnel dans le sens où il se fonde sur une demande énergétique en continuelle accroissement. La demande est satisfaite grâce aux améliorations technologiques ; aucun changement de « paradigme » envisagé.

Mais même avec ces restrictions très conventionnelles, le document est intéressant.

Deux types de scénarios sont considérés : ACT et BLUE. Les premiers permettent de stabiliser les émissions de GES à un niveau constant par rapport à 2005 ; ils sont donc tout à fait insuffisants en terme de lutte contre le réchauffement climatique. Les seconds permettent de diviser par deux (ou plus) les émissions, comme recommandé par le GIEC. Ce sont donc ces seconds scénarios qui sont les plus intéressants…

La tâche à accomplir est qualifiée de « véritable gageure ». Quelques chiffres pour résumer les scénarios BLUE :

-chaque tonne de CO2 évitée coûtera jusqu’à 200 dollars (US) en cas de développement favorable des technologies et jusqu’à 500 dollars en cas de développement moins favorable.

-les investissements supplémentaires nécessaires s’élèvent à 45 000 Milliards de dollars d’ici 2050 ; soit 1 100 Milliards de dollars par an, c’est à dire le PIB de l’Italie. Il est à noter que les 1,1% du PIB qui seraient investis n’aboutiraient pas forcement à une réduction du PIB, puisque les investissements réalisés auront des effets positifs sur la croissance mondiale.

-réduction de la demande de pétrole de 27% par rapport à aujourd’hui.

-comment se répartissent les efforts ? Le schémas ci-dessous compare le scénario de référence de l’AIE (courbe noire en haut) et le scénario BLUE (courbe noire en bas). Les couleurs entre les deux courbes correspondent aux « évitements d’émission » réalisés pour passer du scénario de référence au scénario BLUE.

Petit commentaire :

si le nucléaire civil est développé (32 GW construits par an) dans ce scénario, il est bon de le comparer aux énergies renouvelables : le nucléaire produit 25% de l’électricité en 2050 et permet d’éviter 6% des émissions. Les énergies renouvelables produisent 46% de l’électricité et de réduire de 21% les émissions de CO2. Ce qui fait une efficacité d’évitement (part de réduction divisé par la part dans la production) de 0,24 pour le nucléaire et de 0,46 pour les énergies renouvelables.

Une preuve de plus (très officielle celle-là) que les assertions du type « les énergies renouvelables, elles n’ont pas le potentiels » ou « elles augmentent les émissions de GES car elles ne sont pas continues » sont de belles âneries.

Transports en commun gratuits : impacts sur l’environnement

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Résumé : la gratuité des transports en commun a un véritable intérêt environnemental et social.

L’ADEME et le bureau d’étude des transports et déplacements ont publié une étude en 2007 sur l’effet de la gratuité des transports en commun. Quels sont les impacts en termes de fréquentation et d’évolution des comportements ? En termes de coûts pour la collectivité ?… Les conclusions mettent en valeur l’intérêt de la gratuité totale des transports en commun.

Cette étude repose sur l’analyse de l’action de plusieurs villes qui sont passées à une tarification gratuite, pour des motivations diverses (réduire l’isolement des personnes âgées, dynamiser le centre ville, réduire les impacts environnementaux…).

En analysant l’action de la ville de Chateauroux, il a été montré que la gratuité a permis plus d’un doublement de la fréquentation du réseau de bus (voyages/hab/an) ainsi que le remplissage (nombre de voyageur/km).

La contrainte majeure pour instituer la gratuité dans les transports en commun est évidemment financière. Dans le cas de Chateauroux, le coût supplémentaire a été assumé par une amélioration de la gestion et par l’accroissement des versements publics dédiés aux transports en commun.

Attention ! Avant de crier à l’asphyxie des finances publiques, il est bon de regarder les chiffres de plus près. Toujours dans le cas de Châteauroux, les recettes tarifaires s’élevaient à 430 000€ pour un budget total de 3 000 000€. Une meilleure gestion a permis d’économiser 126 000€ ; le reste a été apporté par les pouvoirs publics, qui ont porté le taux de versement aux transports publics de 0,55% à 0,6%. Le budget est même passé nettement excédentaire.

Mais surtout, il est bon de rappeler que les villes consacrent un budget disproportionné pour les aménagements relatifs aux automobiles (en général de 80 à 90% de leur budget « transports »). Par exemple, la ville du Puy-en-Velay, 54 000 hab, consacre 21 000 000€ pour l’automobile. Les recettes liées à l’utilisation de l’automobile (stationnement payant) représentent seulement 3,5% de cette somme (760 000€). En revanche, 1 600 000€ sont consacrés aux transports en commun… couverts à 27% par les usagers (420 000€) ! (Chiffres 2001)

Pour en revenir aux évolutions à Châteauroux, la hausse de la fréquentation s’est accrue principalement par substitution de l’usage de la voiture. Ce qui a eu pour effet bénéfique une réduction de consommation de 90 tonnes de carburants en 2006, soit 122 600 litres d’essence en moins, soit 147 000€ (à 1,2 €/L) de dépenses reportées des carburants fossiles à d’autres budgets (et notamment pour l’économie locale). Cela représente également une réduction de 260 tonnes de CO2 (réchauffement climatique), 13 tonnes de CO (pollution locale), 5 tonnes de COV (pollution locale)… ces réductions ont à leur tour un effet bénéfique en termes économiques, bien qu’il soit très difficile à chiffrer, par la réduction de la pollution locale (réduction du « coût social » indirect de l’utilisation de l’essence).

Evidemment, la gratuité n’est pas le seul facteur qui détermine la fréquentation des transports en commun. Elle doit s’accompagner de mesures :

-de diffusion massive de l’information. Par exemple, par une distribution systématique des horaires des bus et des moyens d’utiliser les transports à la demande (TAD) dans tous les foyers.

-d’amélioration quantitative et qualitative des réseaux. En particulier, l’offre kilométrique du réseau a un très grand effet : plus le réseau est grand plus la fréquentation et le remplissage des bus est important. L’insertion des bus dans le système urbain est également importante (couloirs de bus en particulier).

Retrouvez l’ensemble de l’étude ici.