Changements Climatiques

Les changements du monde par le climat

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Copenhague est mort ! Vive…. vive quoi ?

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Nous en avons désormais la confirmation : malgré les paroles rassurantes des leaders maximo, le monde va vers un réchauffement climatique bien au-delà de 2°C en 2100 par rapport à l’ère pré-industrielle. Les pays industrialisés sont clairement responsables de cette situation, qui s’avèrera dramatique pour des centaines de millions de personnes.

Le secrétariat de la Convention Cadre des Nations Unies contre les Changements Climatiques vient de publier les engagements de réduction de leurs émissions des pays industrialisés ainsi que les engagements d’actions nationales appropriées pour les pays en développement, comme le prévoyait l’Accord de Copenhague qui fixait la date limite de contribution au 31 janvier. A noter cependant que cette « date butoir » est considérée comme « flexible »…

Accord de Copenhague : un raisonnement inversé

Tout d’abord, avant d’analyser l’actualité, je me permets un petit commentaire sur la construction de l’Accord de Copenhague.

Les dirigeants avaient beau jeu d’affirmer qu’un grand progrès avait été réalisé par l’inscription de l’objectif « +2°C » en 2100 dans l’Accord de Copenhague ; il est même évoqué la possibilité de revoir à la baisse cet objectif à 1,5°C ! Miracle ? Non, mirage !

We agree that deep cuts in global emissions are required according to science, and as documented by the IPCC Fourth Assessment Report with a view to reduce global emissions so as to hold the increase in global temperature below 2 degrees Celsius, and take action to meet this objective consistent with science and on the basis of equity.
(…)
We call for an assessment of the implementation of this Accord to be completed by 2015, including in light of the Conventionís ultimate objective. This would include consideration of strengthening the long-term goal referencing various matters presented by the science, including in relation to temperature rises of 1.5 degrees Celsius.

Inscrire un tel objectif est louable, mais trompeur. On pourrait croire que cet objectif a des implications fortes et directes en termes de réductions des émissions de gaz à effet de serre, auquel cas son inscription relèverait effectivement d’un progrès. En réalité, le raisonnement est inversé et fausse cette appréciation.

En effet, à l’heure actuelle, du fait de la complexité du système climatique, les sciences sont incapable de nous dicter précisément le chemin qui permettrait d’atteindre avec certitude cet objectif en termes d’émissions globales. Il existe encore trop d’incertitudes et d’effets incompris ou non quantifiés (boucles de rétroactions, qu’elles soient positives ou négatives…) -et il est peu probable qu’on arrive un jour à une telle certitude-. En conséquence, les sciences ne peuvent que nous indiquer des probabilités d’atteindre un objectif de température en fonction d’un chemin d’émissions. Par exemple, avec une réduction de 50% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) en 2050 par rapport à 1990, on peut espérer atteindre l’objectif de +2°C avec 80% de chances (nota : en réalité, ce qui compte ne sont pas les émissions à une date donnée, mais l’ensemble des émissions cumulées sur toutes les années ; l’année 2050 est ici considérée comme un « point de passage » représentatif du chemin suivi).

Dans ces conditions d’incertitude, comment faut-il lire l’objectif de l’Accord de Copenhague ? Lorsque les pays s’engagent à préserver l’accroissement de température à moins de 2°C, est-ce avec 100% de chances ? 80% ? 50% ? 20% ? Il faudrait que la précision soit apportée pour en déduire un « budget d’émissions » mondial. Or ce n’est pas le cas, ce qui transforme l’objectif du 2°C est en un rideau de fumée. Une formulation qui aurait été honnête eut été quelque chose du style :

« nous nous engageons à réduire les émissions mondiales de W% en 2020, de X% en 2050 par rapport à 1990, de telle sorte que le budget global d’émissions mondiales soit de Y Gtonnes de Carbone. Ceci permettra à la communauté internationale d’atteindre l’objectif de limiter le réchauffement à 1,5°C en 2100 avec une probabilité de 65% et à 2°C en 2100 avec une probabilité de 80% en l’état actuel des connaissances scientifiques »

Pourquoi les Etats ont-ils raisonné ainsi alors ? Ceci s’explique par le fait que le GIEC dans son dernier rapport (2007) propose une série d’indicateurs qui permettraient (conditionnel) d’atteindre l’objectif de 2°C. A cette époque, le GIEC ne disposait alors pas de quantification de probabilité, faute de données suffisantes. Les pays se sont donc reposés sur les chiffres clés suivants :

– réduction de 25 à 40% des émissions des pays industrialisés en 2020 par rapport à 1990, avec une déviation substantielle de tous les autres pays (exceptés les Pays les Moins Avancés) par rapport à leur tendance « business as usual » (soit une réduction de 15 à 30% par rapport à la trajectoire tendancielle)

– un maximum des émissions mondiales d’ici 2015

– réduction de 50 à 80% des émissions mondiales en 2050 par rapport à 1990.

On sait déjà que Copenhague n’a pas permis de fixer des objectifs comparables aux deux derniers points : tout au plus, il est mentionné que le maximum des émissions mondiales doit être atteint « aussi vite que possible » (sic). Le refus de fixer des réductions globales en 2050 a été porté par les pays émergents, qui veulent d’abord savoir à quoi s’engagent les pays développés pour savoir ce qu’il leur restera !

Aujourd’hui, nous pouvons comparer les engagements des pays sur le premier point (cf. paragraphe qui suit). Mais évidemment, se situer dans le haut ou dans le bas de la fourchette indiquée (25 ou 40%) a des conséquences en termes de probabilité d’atteindre l’objectif mondial ! Pourtant, les décideurs des pays développés se sont toujours contentés de vouloir atteindre le bas de la fourchette, comme si cela était aussi bien que d’atteindre le haut… Mais prenons acte de cet objectif  a minima ; est-on parti pour le respecter ?

Engagements dans le cadre de l’Accord : insuffisants pour les pays développés

Les pays avaient jusqu’au 31 janvier pour annoncer leur signature à l’Accord et leurs engagements de réductions ou d’actions nationales. Le Secrétariat a publié la liste en fin de journée.

Pas de bonne surprise : les engagements des pays industrialisés sont trop faibles pour atteindre le bas de la fourchette qui leur est fixée. D’après mes calculs (un premier ordre de grandeur), les engagements ne peuvent permettre une réduction agglomérée des pays industrialisés comprise entre 16% et 21%(*) par rapport à 1990, soit bien en-dessous de l’objectif minimum de -25%.

Concernant les pays en développement, les engagements respectifs de la Chine et du Brésil sont ambitieux : le Brésil veut réduire ses émissions de 36 à 39% par rapport à la trajectoire, tandis que la Chine veut (notamment) réduire son intensité énergétique de 40 à 45% d’ici 2020. L’Inde est moins ambitieuse avec une réduction de l’intensité énergétique de 20 à 25%, mais cela se comprend car ses émissions par tête sont bien moindres que celles du Brésil et de la Chine.

A noter que certains pays, tels que les Maldives, s’engagent à la neutralité carbone en 2020, soit une réduction de 100%.

Le monde se dirige sur un chemin bien loin de respecter l’objectif affiché de 2°C, par la faute des pays développés. De plus, l’objectif supposé de 1,5°C, que les Etats se disent prêts à envisager en 2015, ne sera plus atteignable à cette date, si les pays restent sur les trajectoires qu’ils affichent actuellement.

Copenhague est mort ! Vive… vive quoi ?

Rappelons que l’Accord de Copenhague est un processus bâtard : il a été décidé dans le cadre des négociations de la Convention Cadre des Nations Unies, mais il ne lui appartient pas car la Conférence des Parties a refusé de l’entériner. Très déçus par le blocage des discussions dans le cadre des Nations Unies, nombre de commentateurs ont appelé à une autre gouvernance internationale pour le climat ; on aurait pu espérer que l’Accord de Copenhague soit un premier pas dans ce sens.

Si les engagements obtenus avaient été significativement supérieurs à ceux envisagés dans le cadre des NU, on aurait pu apprécier la démarche. On même aurait pu comprendre les « sacrifices » imposés : mise au banc des trois-quarts de la communauté internationale, et en particulier des plus pauvres et des plus affectés par les changements climatiques. Mais il n’en est rien : l’Accord de Copenhague n’a rien permis d’obtenir de plus. Il a seulement participé à l’accroissement du manque de confiance entre les plus pauvres et les plus riches, entre les plus petits et les plus gros, entre les plus faibles et les plus puissants.

Et maintenant ? Nous sommes dans une situation embourbée. Il y a désormais 3 « trucs » qui organisent l’action internationale contre les changements climatiques. Je parle de « trucs » car on ne sait même pas s’ils sont engagements fermes ou processus de négociations. Il y a le Protocole de Kyoto, dont la suite et la survie sont négociés au sein des NU (groupe AWG-KP) ; il y a les négociations sur les engagements de long terme, toujours au sein des NU (groupe AWG-LCA) ; il y a l’Accord de Copenhague, mi-traité, mi-processus de négociations.

Notamment sous la pression du groupe BASIC (Brésil, Afrique du Sud, Inde, Chine), les Nations unies devraient organiser des discussions d’ici juin prochain (prochaine réunion formelle à Bonn) et d’ici novembre (prochaine Conférence des Parties), toujours en suivant les deux processus de discussion (AWG-KP, AWG-LCA) organisés par le Plan d’Action de Bali. D’ailleurs les BASIC sèment le trouble : ils ont accepté de jouer le jeu des négociations parallèles à Copenhague, ils ont participé activement à l’écriture de l’Accord de Copenhague, mais ils réaffirment désormais que seules comptent les négociations au sein des Nations Unies et définies par le Plan d’Action de Bali !

Conclusions

L’action internationale est dans une situation très obscure ; les négociations à venir vont être d’une complexité inédite. Il y a fort à parier que les tensions entre Etat, déjà vives à Copenhague, vont être renforcées puisque les pays les plus pauvres et les plus vulnérables n’ont plus grand chose à perdre.

Encore une fois, la situation actuelle est le fait des pays développés, principaux responsables historiques, frileux à s’engager, peureux devant la reconduction du protocole de Kyoto, radins concernant l’aide internationale, anxieux face au développement des pays émergents. Bien triste monde.

(*) Edit 3 février : le WRI a produit une note qui réalise les calculs de manière plus précise et confirme l’ordre de grandeur des réductions indiqué dans cet article : les pays de l’Annexe I réduiraient de manière agglomérée de 12 à 19% leurs émissions en 2020 par rapport à 1990, suivant les hypothèses retenues (promesses hautes/basses, inclusion/exclusion du changement d’usage des sols).

Edit (2) : pour un autre constat de l’échec de Copenhague, voir le blog de Florent Baarsch.

Photo : source ici.

Copenhague : promesses des pays développés

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Suites aux articles déjà écrits sur le sujet sur ce modeste blog, je recommande activement l’utilisation de ce module interactif proposé par le World Ressource Institute et qui permet de visualiser les engagements des Pays de l’Annexe I

Written by ToM

9 décembre 2009 at 17 h 43 mi

Réduction d’émissions : l’Inde parle de chiffres mais refuse d’être contrainte

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Actualisation en fin d’article

D’après Reuters, le gouvernement Indien devrait annoncer dans la journée du jeudi 3 décembre des objectifs chiffrés de réduction d’émissions de l’Inde, à partir de ces objectifs domestiques.

Toujours d’après Reuters, ces objectifs pourraient être une réduction de l’intensité carbone de l’économie (indicateur similaire à celui utilisé par la Chine) de 24% en 2020 par rapport à 2005 et de 37% en 2030.

Cependant, il n’est pas clair si le gouvernement annoncerait accepter une inscription de ces chiffres dans un accord international ou non.

Rappelons que la Chine parle de réduire son intensité carbone de 40 à 45% en 2020 par rapport à 2005. Rappelons également les émissions par tête de la Chine sont de l’ordre de 5 tCO2/pers/an et que celle de l’Inde sont de 1,5 tCO2/pers/an.

Il faut attendre confirmation de cette information ; et il est trop tot pour affirmer que cet engagement rentrerait dans le cadre des recommandations du GIEC pour obtenir une limitation du réchauffement à 2°C.

Actualisation à 16h30

D’après AP, qui résume les débats parlementaires sur le sujet et l’internvation du Premier Ministre, l’Inde serait prête à réduire son intensité carbone de 20 à 25% d’ici 2020 par rapport à 2005.

Contrairement à l’annonce chinoise, je n’ai pas connaissance d’éléments permettant d’indiquer si cet engagement permettrait d’atteindre l’objectif du GIEC de dévier les émissions de 25 à 30% par rapport au scénario « Business as usual ». Il est difficile de s’exprimer sur la valeur du chiffre avancé.

Mais l’Inde affirme explicitement refuser tout objectif chiffré contraignant à l’échelle internationale ou toute année de « pic » de ses émissions. Cette position intransigeante risque de poser de sérieux problèmes lors des négociations à Copenhague.

Atténuation des émissions de GES : l’UE doit faire plus, l’UE peut réduire de 40%

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Comme déjà écrit, les engagements des pays développés annoncés dans les promesses nationales sont insuffisants actuellement (la somme des promesses aboutit à des réductions de 10 à 24% en 2020 par rapport à 1990, alors qu’on a besoin de 25 à 40%… et plutot 40%). Au sein de ces promesses, celle de l’UE, au travers de son paquet climat-énergie, est de 30% de réduction en 2020 par rapport à 1990, sous réserve que les autres fassent des efforts comparables.

Le projet de loi examiné par le Congrès des Etats-Unis propose des engagements du même ordre de grandeur voire supérieurs à ceux de l’UE ; idem pour le Japon ; idem pour l’Australie (plan qui vient d’être rejeté par le Sénat malheureusement, mais qui sera représenté par le gouvernement)… Le problème est que tous ces Etats ont un train de retard, principalement à cause de leurs gouvernements climato-négationistes (celui de Bush en premier) ; seule l’Europe a su diminuer ses émissions de GES depuis 1990. Afin de pouvoir augmenter les réductions globales des pays développés, ce qui est nécessaire pour permettre un accord à Copenhague, l’UE doit accepter de maintenir son leadership en augmentant encore son objectif de réductions à 40%, ce qui « soulagerait » partiellement le groupe des pays industrialisés.

Le Stockholm Environment Institute vient de publier une étude qui montre qu’une telle ambition est tout à fait réaliste, et ce même en excluant les « fausse bonnes solutions ».

L’étude effectue une analyse secteur par secteur (industrie, transports, production d’électricité, bâtiments, agriculture, usage des sols…) des atténuations possibles. Elle réalise une estimation des coûts. L’étude s’intéresse également à la responsabilité financière de l’UE vis à vis des pays du sud.

Principaux résultats :

  • il est possible pour l’UE de réduire ses émissions de 40% en 2020 par rapport à 1990, puis de 90% en 2050.

Et ceci en remplissant les conditions suivantes :

– pas de nucléaire nouveau, sortie progressive du nucléaire actuel

– pas de production d’électricité à partir des énergies fossiles

– pas d’agrocarburants (européens ou étrangers)

– pas de CCS

– pas de mécanismes de compensation (offset) à l’étranger

– une approche bottom-up à partir des disponibles commercialement ou prochainement (2020-2030)

– exclusion de technologies encore trop incertaines (hydrogène, agro-carburants de seconde génération)

– réduction des inégalités entre les pays membres de l’Ue

– pleine coopération des pays membres et mise en place de politiques adaptées (ces mesures politiques sont détaillées par secteur).

  • il n’y a pas de récession économique. Dans le scénario d’atténuation, le PIB st multiplié par 1,6 en 2050 au lieu de 1,8 dans le scénario de base.

  • le coût incrémental serait, sur la période 2010-2020, de 2 000 milliards d’€, soit environ 2% du PIB de l’UE sur la même période. Les auteurs indiquent que d’autres études aux objectifs  similaires trouvent des coûts comparables (entre 1 et 3% du PIB cumulé). Cela revient à faire stagner le PIB pendant un an, puis le retour à une croissance normale ensuite.
  • Les auteurs estiment la part équitable de l’UE dans le financement destinés aux pays du sud à entre 150 et 450 milliards d’€ en 2020 (soit entre 1,1 et 3,3% du PIB projeté à cette date).

Ce scénario proposé par ce très sérieux institut de recherche offre des perspectives positives. L’approche globale (technologies, coûts, politiques, équité nord-sud), bottom-up et sectorielle est particulièrement intéressante.

Si elle veut vraiment être utile au climat tout en gardant son leadership affirmé, l’UE doit faire plus que ce qu’elle propose actuellement. Elle le peut.

Pour plus de détails méthodologiques, se reporter à l’étude directement (en anglais). Voir l’article d’Euractiv.

Réductions des GES : quelle probabilité de ne pas dépasser 2°C ?

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L’atténuation des émissions est l’un des éléments central des discussions pour Copenhague : combien réduira-t-on nos émissions mondiales ? qui doit faire quoi ? D’autres enjeux sont très importants (financement, adaptation, transfert de technologie en particulier), mais l’atténuation est le déterminant de l’avenir climatique planétaire et la source d’une redistribution des richesses. C’est un point de blocage crucial.

Alors que l’Inde souffle le chaud et le froid (le chef de la délégation semble s’opposer à son ministre sur la possibilité d’objectifs chiffrés), la Chine, les Etats-Unis et la Russie ont redonné des bribes d’espoirs qu’un accord peut être trouvé. Cependant la situation semble encore difficile : les pays développés ne font probablement pas assez d’efforts. Mais « pas assez d’efforts » par rapport à quoi ? Retour sur les objectifs et enjeux de l’atténuation.

Les données du GIEC sont la référence

Partant du principe qu’il faudrait réduire à 2°C l’accroissement de la température en 2100 par rapport à l’ère pré-industrielle (ce qui implique une stabilisation de la concentration en GES de 450 ppm équivalent CO2), les négociations se focalisent sur quelques chiffres identifiés par le GIEC dans son rapport de 2007 (AR4), chapitre 13, box 13.7 :

Les chiffres clés sont donc :

  • les émissions des pays industrialisés réduites de 25 à 40% en 2020 par rapport à 1990
  • les émissions des pays en développement « déviées substantiellement du scénario business as usual (BAU) » -on considère généralement que cela signifie une déviation de 15 à 30% par rapport à la courbe BAU-
  • les émissions mondiales réduites de 50 à 85% en 2050 par rapport à 1990, et pour cela que les émissions des pays industrialisés soient réduites de 80 à 95% en 2050

Tout d’abord rappelons que cet objectif du GIEC conduit à une stabilisation de la température entre à +2°C et +2,4°C et pas à « moins de 2°C » (ceci est rarement dit, même si l’UNFCCC ne l’oublie pas dans la Facts Sheet)…

Mais surtout, on constate que les chiffres exprimés sont des émissions, c’est à dire des flux ; or, ce qui importe dun point de vue géophysique, c’est la concentration en GES, donc le stock. D’un point de vue géophysique, il convient de regarder le stock : les conséquences en termes de flux en sont déduites, et non l’inverse, comme les négociations internationales pourraient pousser à le faire : tout le monde se focalise sur les émissions en 2020 et en 2050.

En effet, les pays développés font des promesses qui, jusqu’à présent en tout cas, ne permettraient pas d’atteindre le -25% d’émissions en 2020 (les estimations les plus optimistes arrivent à -24% dans le meilleur des cas). Et dans les déclarations politiques des pays développés, cette fourchette de -25 à -40% est souvent citée, mais sans jamais préciser que le résultat en termes de températures sera très différent selon qu’on se situe en haut ou en bas de la fourchette. D’ailleurs, les pays africains réclament -40%, les petits Etats insulaires demandent -45%. Ce constat est également vrai pour l’objectif en 2050, pour lequel les pays développés parlent d’une division par deux des émissions mondiales « au moins ».

Limites de ces chiffres

Notons également que cette analyse du GIEC est présente dans le rapport III -qui s’intéresse aux politiques- et non dans le rapport I -qui s’intéresse à la géophysique-. En effet, le groupe I ne disposait pas en 2007 des résultats de simulations des différents modèles en fonction des différents scénarios d’émissions de gaz à effet de serre. Pour obtenir son résultat, le groupe III a effectué une régression à partir des estimations de forçage radiatif en 2100 (induit par différentes concentrations en GES) pour déterminer le réchauffement conséquent.

L’étude de Meinshausen et al. (2009) permet d’aller plus loin en probabilisant les possibilités de dépasser un niveau de réchauffement en fonction d’un budget d’émissions totales de GES (i.e. en utilisant des résultats de scénarios qui manquaient en 2007). Cette probabilisation correspond à la prise en compte des incertitudes relatives à chacun des très nombreux paramètres qui déterminent la réponse du climat à une concentration en GES. Ces paramètres influent également sur la concentration en GES, en fonction des émissions, par l’intermédiaire de phénomènes de rétroactions positives ou négatives (réduction de l’absorption du CO2 par les océans à cause de l’acidification…).

Les résultats

Afin d’avoir une chance sur deux de ne pas dépasser +2°C, il faut limiter l’ensemble des émissions de GES (des six gaz inclus dans le protocole de Kyoto) à 1500 Gt eq. CO2 émis entre 2000 et 2050. Avec un budget de 2000 Gt eq. CO2 les chances de ne pas dépasser +2°C ne sont plus que de 25%.

On peut traduire cela en termes d’émissions en 2050. Une division par deux des émissions mondiales de GES par rapport à 1990 (soit 18 Gt eq. CO2 par an) offre une probabilité de 79% de ne pas dépasser l’objectif du +2°C. Mais la probabilité doit être remise dans son contexte : elle varie en fonction du chemin suivi pour diminuer les émissions entre 55% et 88%.

Les données en termes d’émissions en 2020 sont nettement moins certaines au plan géophysique ; pour voir les probabilités associées, se reporter au tableau ci-dessous.

Pour l’objectif en 2020, on note la très forte probabilité (74%) de dépasser l’objectif de 2°C si les émissions sont de 50 Gt CO2 eq. par an en 2020.

A titre de repère, en 2005, les seules émissions de CO2 étaient de 27,5 Gt (source : WRI). En 2007, les émissions (tous gaz) des pays industrialisés (source : UNFCCC) représentaient de l’ordre de 18 Gt eq. CO2.

Conclusions

Les chiffres utilisés dans les médias et, de fait, dans les négociations sont globalement corrects pour conduire vers une augmentation maximale de 2°C (proba de 79% pour le chiffre de 2050). Cependant, ces « points de passage » en 2020 et 2050 ne sont pas suffisants puisqu’ils ne disent rien sur la concentration et une réflexion en termes de « budget global » à se partager serait plus pertinente et moins incertaine. En choisissant ou refusant certaines cibles intermédiaires, les Etats pourraient faire chuter jusqu’à 55% la probabilité d’atteindre l’objectif du +2°C.

Référence : Meinshausen, M. et al., (2009) Greenhouse-gas emission targets for
limiting global warming to 2°C. Nature 458, 1158-1162.

Engagments chiffrés de la Chine sur la réductions des gaz à effet de serre : éléments d’analyse

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La Chine a annoncé, hier jeudi 26, des engagements chiffrés pour les réductions d’émissions de gaz à effet de serre. Parvenant peu de temps après l’annonce des Etats-Unis d’engagement chiffrés, elle-même parvenant après le renforcement des engagements de la Russie -voir le post-, cet engagement chinois a été largement salué sur la scène internationale. Mais que signifie cet engagement ?

L’annonce

L’annonce faite par Hu Jintao est la réduction de l’intensité carbone de l’économie chinoise de 40 à 45% d’ici 2020 par rapport à 2020.  Rappelons que l’intensité carbone d’une économie se définit comme la quantité moyenne de carbone nécessaire pour produire une unité de PIB. A titre de comparaison, l’intensité carbone de l’économie chinoise (2,68 kgCO2/US$) est à peu près dix fois supérieure à celle de la France (0,26 kgCO2/US$) et 5 fois supérieure à celle des Etats-Unis (0,51 kgCO2/US$).

Ce choix d’un chiffre relatif à l’activité économique s’explique par la volonté de ne pas accepter un volume fixe d’émissions à un horizon donné, qui impliquerait potentiellement de sacrifier de la croissance si celle-ci était très forte. L’incertitude concernant la croissance future de la Chine (contexte de crise, croissance démographique) pousse les décideurs à ne pas s’engager sur des scénarios de croissance et donc à refuser tout engagement en valeur absolue. Mais que signifie cet engagement ?

Ce que la Chine pourrait faire

L’excellent document d’analyse du Centre d’Analyse Stratégique cite lui-même un rapport de l’Académie Chinoise des Sciences qui propose le scénario suivant:

-une croissance  constante de 6,8% par an entre 2005 et 2020

-une réduction de l’intensité carbone de 50% en 2020 par rapport à 2005

-un renforcement de l’efficacité énergétique de +40 à +60%, accompagné de transferts de technologies

Résultat : en 2020, les émissions chinoises augmenteraient de 34% (seulement) par rapport à 2005. Ceci est nettement moins qu’une demande de l’UE qui, par modélisation, arrive à une augmentation de 55% en 2020. On voit sur le graphique ci-dessous que le scénario « business as usual » conduirait à une augmentation de quasiment 100% en 2020 par rapport à 2005.

Le scénario proposé par l’Académie Chinoise des Sciences serait donc très satisfaisant, puisque la condition à remplir pour atteindre l’objectif « +2°C » d’après le GIEC est une « déviation substantielle » (on considère 15 à 30%) par rapport à la trajectoire Business As Usual.

On se permettra néanmoins de remettre (partiellement au moins) en question la pertinence des objectifs fixés par le GIEC en 2007, au regard des nouvelles données, qui tendent plutôt à faire croire que des objectifs encore plus ambitieux à l’échelle mondiale seraient nécessaire.

Ce que la Chine annonce qu’elle fera

Evidemment, ce scénario ne correspond pas à la proposition de Hu Jintao qui évoque une réduction de l’intensité carbone moindre. Mais cette dernière reste très significative et peut paraître assez satisfaisante.

Concernant la réduction de l’intensité énergétique, la Chine s’est déjà fixé des objectifs (ambitieux) dans le 11ème plan quinquennal : -20% en 2010 par rapport à 2005. Cependant cet objectif ne sera probablement pas atteint, puisque la baisse de l’intensité énergétique n’était que de 3,3% en 2008. Nul doute que la Chine prendra de nouveaux engagements internes sur cet indicateur lors de son prochain plan quinquennal. Reste à savoir combien à quel niveau et s’ils seront atteints.

Concernant les transferts de technologie, tout dépend de l’accord international (cela ne dépend pas de la Chine).  Pékin est progressivement en train de revoir sa position, même si elle soutien toujours les propositions du G77. La Chine considère de plus en plus sa capacité propre à l’innovation, ce qui l’oblige à avoir un nouveau regard sur les droits de propriété intellectuelle.

Le problème de fixer à la Chine un objectif en termes d’intensité carbone est que cela ne permet pas la comparaison des efforts entre pays, ce qui est pourtant un point important pour un accord international. Cela pourrait conduire indirectement à des injustices (inéquités), en fonction de la répartition de la croissance entre les pays.

La Chine fait déjà beaucoup

Occidentaux que nous sommes, nous avons facilement tendance à taper sur les méchants chinois pollueurs. Pourtant, Yvo de Boer (peu suspect de faire des déclarations intéressées ou influencées) a souligné, il a quelques semaines, l’extrême engagement des dirigeants chinois et l’importance des mesures nationales prises par la Chine.

L’action politique du gouvernement central est réelle, même s’il doit régulièrement faire face à des difficultés d’application des politiques puisque les gouvernements locaux sont généralement peu enclins, eux, à établir des mesures de protection de l’environnement.

Nous oublions également facilement que la pollution chinoise, ou comptabilisée comme telle, est en bonne partie due à des production de biens consommés par les occidentaux. Nous avons délocalisés nos pollutions en même temps que nos emplois.

Quelques réflexions

Les choses avancent avec les déclarations russes, américaines et chinoises.  Il manque l’Inde. Cependant, les avancées restent relativement limitées, car ce sont des annonces qu’on pouvait raisonnablement espérer. Si c’est une anticipation d’annonces encore plus ambitieuses à Copenhague, alors on peut se réjouir. En revanche, si chacun abat ses cartes de manière définitive, alors l’accord restera très difficile.

On peut espérer qu’il s’agisse de la première option puisque, par exemple, les Etats-Unis pourraient revoir sérieusement leurs objectifs à la hausse (à un niveau permettant un accord), s’ils incluent certains mécanismes de flexibilité. Mais là encore, cela pose de nouvelles questions : ces mécanismes de flexibilité seront-ils fiables ?

Et quel que soit l’accord, il ne faudra pas oublier de le remettre dans son contexte : la géophysique. S’il ne peut pas permettre d’atteindre le +2°C (ce qu’on peut sérieusement craindre, même dans le cas d’un accord jugé « ambitieux » en termes de relations internationales), il faudra l’assumer.

Bref, la porte de Copenhague ne s’est pas définitivement fermée, elle s’est même un peu rouverte.

EDIT : Le WRI semble tirer un constat similaire : lannonce de la Chine est relativement satisfaisante.

Afrique : déclaration finale de Ouagadougou 11 octobre 2009

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Six chefs d’Etat africains se sont accordés sur cette déclaration finale :

FORUM MONDIAL DU DEVELOPPEMENT DURABLE

REUNION DES CHEFS D’ETAT ET DE GOUVERNEMENT

DECLARATION DE OUAGADOUGOU

OUAGADOUGOU LE 11 OCTOBRE 2009

NOUS,

Chefs d’Etat et de Gouvernement, réunis au Forum Mondial du Développement Durable de Ouagadougou, le 11 octobre 2009.  Considérant que la quinzième Conférence des Parties (COP-15) à la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques constitue une étape cruciale pour l’établissement d’un nouveau régime climat (post-Kyoto 2012). Prenant en compte la déclaration ministérielle de New Dehli sur les changements climatiques et le développement durable à l’occasion de la huitième Conférence des Parties (COP-8) à la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques tenue, du 23 octobre au 1er novembre 2002. Considérant les grandes orientations de la feuille de route de Bali de 2007. Prenant en compte la conférence ministérielle sur la santé et l’environnement en Afrique, tenue à Libreville en 2008. Prenant en compte la plateforme d’Alger de novembre 2008, ainsi que la déclaration de Nairobi de mai 2009 sur le processus africain de lutte contre les changements climatiques. Considérant la création de la conférence des Chefs d’Etat africains sur les changements climatiques par l’Assemblée de l’Union Africaine à Syrte en juillet 2009. Considérant les recommandations de la déclaration de Dakar de mai 2009 adoptée par la conférence des Ministres africains chargés de la lutte contre l’érosion côtière. Reconnaissant que les changements climatiques constituent un défi  majeur  de l’humanité pour l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Etant entendu que la vulnérabilité à la fois à la variabilité du climat et aux changements climatiques influence fortement les capacités des pays, des individus et des systèmes de production à atteindre leurs objectifs de développement durable. Considérant la fréquence et la sévérité des événements climatiques extrêmes et leurs effets sociaux notamment les migrations, les conflits et les problèmes sanitaires. Considérant que l’énorme potentiel dont recèle l’Afrique en matière d’énergies renouvelables insuffisamment exploité, peut satisfaire largement ses besoins énergétiques. Notant que les importants efforts consentis au niveau international pour éliminer les substances appauvrissant la couche d’ozone en rapport avec les changements climatiques demeurent insuffisants. Considérant la nécessité pour les pays africains de saisir les opportunités de financement et d’investissements directs liés au marché offertes notamment par le Mécanisme pour un Développement Propre (MDP). Considérant que l’accès et la mobilisation des financements est une condition indispensable pour la mise en œuvre des actions d’atténuation et d’adaptation. Considérant que la coopération Sud-Sud assure aussi un transfert de technologies qu’il appartient aux pays africains de renforcer. Considérant que le transfert de technologies est reconnu comme une condition indispensable aussi bien pour les actions d’atténuation que d’adaptation. Considérant la décision des Chefs d’Etat de l’Union Africaine relative à l’application des conclusions du 1er Forum Mondial du Développement Durable de l’Afrique, tenu à Brazzaville en octobre 2008. Considérant la nécessité d’intégrer les groupes vulnérables, notamment les femmes et les jeunes dans les stratégies nationales de développement durable. Prenant acte de la volonté de la communauté internationale de réduire de manière  significative les émissions de gaz à effet de serre et leurs effets sur le climat.

DECIDONS

1.  De promouvoir l’intégration de  l’adaptation aux changements climatiques dans les politiques, programmes et stratégies de développement aux niveaux local, national et régional afin d’apporter une réponse globale aux défis posés par les changements climatiques et de saisir les opportunités offertes par ces derniers en termes de développement durable. 2.             De renforcer davantage les capacités des populations et des institutions à travers l’échange et la promotion d’expériences positives dans le cadre d’un partenariat capitalisant  l’expertise existante et la diffusion des bonnes pratiques 3.  De soutenir la feuille de route  de Bali qui vise à inclure dans les traités sur le climat post-Kyoto 2012, un mécanisme permettant de prendre en compte la Réduction des Emissions dues à la Dégradation et à la Déforestation des forêts (REDD) et plus récemment encore, les négociations incluant la gestion durable des forêts (REDD+), sous forme de financements directs des politiques nationales basées sur une approche sectorielle, avec la création d’un fonds intérimaire spécial principalement alimenté par les contributions des pays développés. 4.D’accroitre les puits de carbone à travers un vaste programme de reboisement et de conservation des écosystèmes forestiers. 5. De faire une réévaluation stratégique du soutien à l’agriculture africaine avant l’échéance des Objectifs du Millénaire pour le Développement, en vue d’une gestion durable des terres, des ressources en eau, des ressources animales et la promotion de l’agriculture écologiquement durable. 6. D’inscrire dans les options d’adaptation, des actions visant le renversement des tendances à la dégradation des ressources hydrauliques et terrestres, des bassins fluviaux et lacustres. 7.  De lancer un appel pour un soutien vigoureux à la lutte contre l’érosion côtière en Afrique 8. De renforcer les capacités locales, nationales et régionales en matière de gestion des substances appauvrissant la couche d’ozone et la  mise en place d’un observatoire africain sur le mouvement transfrontalier des déchets dangereux. 9.D’appuyer la position africaine qui préconise fortement le maintien des acquis de la Convention et du protocole de Kyoto, surtout sur les engagements chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre des pays développés et l’appui aux pays en développement pour l’adaptation, l’atténuation, l’accès à l’énergie propre, le transfert de technologie, le renforcement des capacités et les financements, à travers des projets  et des actions concrètes. 10.  De soutenir la prise des engagements chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40% d’ici 2020 par rapport au niveau de 1990 pour les pays industrialisés ainsi que l’adoption d’actions nationales appropriées d`atténuation pour les pays en développement. 11. De lancer un appel pour l’allègement des procédures et l’assouplissement des conditions d’accès des pays africains aux ressources du Mécanisme pour un Développement Propre afin de favoriser l’émergence d’une masse critique de projets appropriés. 12.  D’affirmer la position commune africaine qui plaide pour l’assouplissement des conditionnalités de financement, la rationalisation des fonds, la facilitation de l’accès direct et rapide aux ressources par les Gouvernements Parties en développement et la promotion d’un système d’allocation individuelle aux pays 13.  D’accélérer la création de la facilité africaine pour l’Environnement au niveau de la Banque Africaine de Développement (BAD) pour mobiliser les ressources destinées à l’adaptation et à l’atténuation. 14.  De mettre en œuvre la décision de l’Union Africaine qui recommandait à la Banque Africaine de Développement d’accélérer les études de faisabilité du Secrétariat Permanent et du Fonds Africain de Développement durable. 15.  D’insister sur la nécessité du financement du coût total des Programmes d’Actions Nationaux d’Adaptation (PANA) et de leur extension aux autres pays africains. 16.  D’accorder une attention particulière à la prise en charge des flux migratoires et la résorption des conflits sociaux consécutifs aux changements climatiques, à travers la mise en place de programmes locaux, nationaux et régionaux y relatifs. 17.  De soutenir la production massive d’énergies solaire, hydroélectrique et éolienne pour couvrir les besoins énergétiques de l’Afrique d’ici 2030. 18.  De privilégier des modes de transport moins émetteurs de gaz à effet de serre 19.        De promouvoir les modes de production et de consommation durable dans les secteurs de développement et particulièrement dans l’agriculture, les transports, la gestion des produits chimiques. 20.   De promouvoir l’utilisation  de technologies propres. 21.  D’engager rapidement des négociations pour un assouplissement des conditions d’accès aux technologies d’atténuation et d’adaptation sous brevets. 22.  D’identifier et mettre en œuvre de nouveaux types de projets susceptibles d’attirer les investissements et les financements innovants. 23. D’œuvrer à la mise en place d’une agence internationale d’assurance sur le climat dotée d’un mécanisme de financement pour la gestion des effets négatifs des phénomènes climatiques, sur la base de contributions volontaires. 24.   De lancer un appel à la communauté internationale pour soutenir le New Green Deal ou Nouveau Pacte Vert pour l’Afrique et les programmes de reverdissement et de reboisement de nos pays. 25. De lancer un appel au pays du Nord pour qu’ils contribuent davantage à la promotion des énergies à faible émission de carbone et le transfert de technologies propres, pour soutenir les pays les plus vulnérables aux changements climatiques, notamment ceux de l’Afrique. 26.   De s’engager à s’approprier le Forum Mondial du développement Durable, conformément à la résolution prise par l’Union Africaine en 2009.

DESIGNONS

Son Excellence Blaise COMPAORE, Président du Faso, pour prendre les dispositions nécessaires afin que cette déclaration alimente effectivement les discussions de la quinzième conférence des Parties à la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques. Invitons le Burkina Faso à envisager dès 2010 et dans l’accompagnement du Forum Mondial du Développement Durable de Ouagadougou, la tenue d’assises financières africaines à même de faire émerger les régulations économiques et les compensations indispensables à un développement durable du continent. Fait à Ouagadougou, BURKINA FASO

Le 11 octobre 2009

Written by ToM

12 octobre 2009 at 11 h 27 mi