Changements Climatiques

Les changements du monde par le climat

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En route vers Copenhague : suivi des positions (5)

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Voir les épisodes précédents : (1), (2), (3), (4), post sur la position de l’Afrique.

En résumé : Copenhague ? C’est foutu pour un accord global, préparons tout le monde à cela.

Malgré les appels à un succès à Copenhague de la part de quelques négociateurs de pays développés pro-actifs (tel celui de David Miliband), il faut commencer désormais à préparer l’opinion : Copenhague sera un échec. Ou plus exactement, ce ne sera pas un succès, c’est à dire un accord global permettant d’organiser l’action humaine sur les prochaines décennies. Des accords semi-satisfaisants sont encore possibles et restent de l’ordre du très probable : accords multilatéral pour repousser l’échéance des négociations, accords entre les volontaires, accords bilatéraux/multilatéraux..

Pour illustrer cette quasi-certitude, Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la convention des Nations unies sur les Changements Climatiques, a fait une annonce dans ce sens (dernière déclaration en date) : la réalisation d’un accord « complet » (« comprehensive » in english) n’est plus possible dans le temps qu’il reste pour négocier. Mais ce n’est pas « nécessaire » d’après lui… bien qu’il se soit battu depuis le début pour cela.

Parallèlement, Yvo de Boer appelle toujours à un leadership plus engagé de la part des pays industrialisés, se félicitant d’avancées grâce à l’alternance au Japon, à l’engagement de l’UE, aux discussions bilatérales de la Chine et des Etats-Unis. Yvo de Boer affirme qu’il n’y a pas assez d’argent mis sur la table par les pays développés en faveur des pays en développement.

Cette analyse d’une impossibilité d’avoir un accord global est partagée par la plupart des personnes qui sont engagées dans le suivi des négociations (j’ai eu l’occasion d’en discuter rapidement à l’IDDRI ou avec Pierre Radanne par exemple).

Faisons le point sur quelques éléments sur les positions des pays pour prendre la température du « moral international »…

  • Union européenne et pays membres

Alors qu’il se débattait su la taxe carbone interne, l’annonce par Nicolas Sarkozy de vouloir imposer une taxe aux frontières de l’UE sur les émissions de carbone des produits importés a jeté le froid dans la communauté internationale… Cela pourrait très bien bloquer les négociations, puisque ce serait un dispositif qui désavantageraient les pays émergents, alors que ceux-ci exigent toujours des engagements plus importants de la part des pays industrialisés -dont l’UE- afin de pouvoir atteindre l’objectif de « maximum +2°C ».

L’UE met la pression sur l’Afrique du Sud pour que la nation arc-en-ciel  les pays émergents à réduire leurs émissions… et s’inquiète de l’aboutissement de Copenhague.

L’UE a annoncé la semaine dernière qu’elle pourrait apporter 15 milliards d’Euros par an aux pays en développement. Cette offre est le premier élément chiffré dde soutien de la part de pays industrialisés. Mais cette annonce est loin de sembler suffisante (il n’y a qu’à voir les demandes de l’Afrique…), et elle est en recul par rapport au plan précédent (qui prévoyait 24 milliards par an), comme l’ont souligné WWF, Greenpeace ou Oxfam.

  • Etats-Unis

Les débats font toujours rage autours de la loi sur l’énergie. Le lobby énergétique (charbonnier principalement) offre des repas, des concerts gratuits afin de gagner l’opinion. Celle-ci reste globalement en faveur d’un système de cap and trade, mais ce n’est pas gagné…

Les avancées semblent faibles dans les discussions au Sénat et tout report de l’adoption de la loi pourrait être catastrophique pour les négociations internationales.

Todd Stern, en charge des négociations pour les Etats-Unis, a fait part des « difficultés » dans le cadre des négociations officielles, notamment par manque de temps.

Cependant, les Etats-Unis soignent leurs relations avec la Chine sur le dossier du climat, Nancy Pelosi déclarant que le monde avait beaucoup à apprendre sur le travail de Pékin concernant le climat (ce qui est sûrement vrai !).

  • Inde

L’Inde est un acteur absolument central des négociations… et continue de souffler le chaud et le froid.

Le gouvernement est prêt à s’engager sur des réductions volontaires, c’est à dire non obligatoires (ie. non sanctionnées en cas de non respect). M. Ramesh, Ministre de l’environnement, répète à l’envie : “we are proactive, constructive, we want a fair and equitable agreement in Copenhagen”. Il est vrai que l’Inde s’est doté de politiques domestiques très offensives, en termes d’énergies renouvelables par exemple. M. Ramesh évoque la possibilité d’une loi nationale afin d’organiser les politiques sectorielles. Mais le refus d’inscrire des obligations nationales dans des engagements internationaux est catégoriques. Ce qui fait dire à M. Ramesh que ce ne serait pas une catastrophe en cas d’échec à Copenhague…

M. Rasmussen, Premier Ministre Danois, a rencontré son homologue Indien (M. Sing) afin d’accentuer la pression diplomatique…

  • Chine

Le Premier Ministre Chinois appelle les Etats-Unis à prendre le leadership dans les négociations, tout en rappelant l’engagement du pays du soleil levant.

Encore et toujours, la Chine appelle les pays développés à se fixer des objectifs de réduction plus ambitieux.

  • Japon

Comme je l’écrivais dans un post précédent, l’alternance au Japon a donné un peu d’air aux négociations… mais insuffisamment pour tout débloquer.

  • Thailande

La Thailande refuse de se fixer des objectifs de réduction d’émission contraignants. Le pays souhaite une approche sectorielle des négociations.

  • Corée du Sud

Le Ministre de l’Environnement, M. Maanee Lee, a déclaré jeudi 10 septembre que Copenhague n’aboutira probablement à un accord, bien que les quatre plus grandes économies asiatiques joueront un rôle majeur de liaisons entre pays développés et en développement.

  • Nouvelle-Zélande

Le gouvernement néozélandais a annoncé une révision du système de permis d’émissions afin de diviser par deux son coût (par rapport au schéma élaboré par le précédent gouvernement dirigé par le Labour), tout en couvrant tous les secteurs et tous les gaz. La réduction des coûts passe par l’application d’une « phase de transition » lors de laquelle les réductions ne seront obligatoires qu’à 50% de ce qu’elles étaient au préalable, et avec un prix d’option fixe (achat de permis à un prix plafond). La réduction des coûts passe donc par une réduction des ambitions environnementales à court/moyen terme. L’objectif du gouvernement est de faire adopter le nouveau plan d’ici Copenhague.

  • Cuba

Cuba annonce son soutien aux positions défendues par les pays émergents (Chine, Inde), c’est à dire des objectifs de réductions de 40% des émissions des pays développés d’ici 2020 par rapport à 1990.

  • Brésil

Le Ministre de l’Environnement brésilien, M. Carlos Minc, a déclaré que les objectifs de réduction des Etats-Unis restent inacceptables et devraient se rapprocher de -20% en 2020 par rapport à 1990 (au lieu de -4%).

Le Ministre a également déclaré qu’il était modérément optimiste et qu’un accord ne serait pas facile.

Parallèlement, le Brésil a annoncé de nouvelle restrictions sur le secteur agricole afin de limiter la destruction de la fôret primaire.

  • Afrique du Sud

Le plan de lutte contre les émissions, annoncé par le gouvernement comme ne remettant pas en cause la croissance du pays,  fait débat et est critiqué par l’Alliance Démocratique.

  • Cameroun

Le Cameroun annonce attendre beaucoup de Copenhague

  • Aviation

L’Organisation Internationale de l’Aviation Civile veut croire en un accord sectoriel possible d’ici un mois (réunion à Montréal le 7-9 octobre).

Prochains RDV cruciaux : la réunion des Nations unies à New-York le 22 septembre ; le G20 de Pittsburg le 23 septembre.

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Position de l’Afrique dans les négociations internationales : position de Zenawi ambitieuse et équilibrée

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Suite à l’article précédent sur la position de l’Afrique dans les négociations internationales.

Comme je l’écrivais et comme cela a été relevé par certains médias, la délégation commune pour l’Afrique a déclaré par l’intermédiaire du premier ministre Ethiopien Zenawy qu’elle serait prête à « quitter les discussions » si celles-ci sont inacceptables pour le continent.

Le discours de M. Zenawy est disponible ici… et le lire en entier donne un meilleur aperçu de la position de l’Afrique pour les discussions, qui est bien plus équilibré que la simple menace de quitter les discussions.

M. Zenawy déclare que, bien qu’ayant conscience de l’absence de responsabilité de l’Afrique dans le réchauffement actuel, la délégation refuse d’adopter une position de défense exclusive des intérêts africains, qui reposerait uniquement sur la réclamation de dédommagement correspondants aux dégats. L’Afrique s’apprête à peser de tout son poids pour atténuer autant que possible le réchauffement, au alentours de 2°C, dans un souci de « destinée commune de l’humanité ».  Si l’Afrique ne peut pas faire grand chose pour atteindre cet objectif, le continent noir refuse de jouer au « passager clandestin » (free riders), et veut agir là où il peut : sauvergarder les forêts équatoriales, replanter les lieux dégradés… Le développement souhaité est directement « vert », grâce à l’adoption des meilleures technologies immédiatement.

Certes, toutes ces paroles sont des déclarations de principes, lors d’un court discours. Mais le positionnement d’un quart des pays des Nations Unies n’est pas si radical et paraît plutôt équilibré au final.

Voir également le « Statement » issu de la réunion et qui sera adressé aux chefs d’Etat lors du prochain G20 à Pittsburg.

Position durcie de l’Afrique dans les négociations internationales sur le climat

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La situation de l’Afrique, dans les négociations internationale, est particulière : principale victime et peu responsable des émissions de gaz à effet de serre (GES), le continent noir vise un accord réellement ambitieux à Copenhague.

  • Lors d’une réunion à Addis Abeba lors de la dernière semaine d’août les gouvernements ont discuté de leurs besoins de financements. Il les estiment à 67 milliards de $ par an pour l’adaptation et à 200 milliards de $ par an pour l’atténuation (développement sans émissions de GES). Mais l’argent ne suffira pas : le transfert de technologie et les capacités de constructions doivent être également comprises dans l’accord, selon l’Union Africaine. Les mécanismes de financements actuels (issus du protocole de Kyoto) ne sont pas adaptés au continent : l’Afrique n’héberge que 32 des 1800 « Mécanismes de développement propres », sensés permettre des transferts de technologie.
  • Comme le rappelle cet article, malgré une position commune, les pays d’Afrique n’ont pas tous les mêmes intérêts. Par exemple, concernant le mécanisme REDD qui vise à permettre des transferts de capitaux en échange de préservation de la forêt, il est évident que le Congo est bien plus concerné que le Soudan… Les gains financiers potentiels découlants de ce mécanisme sont très disparates. Pourtant ils se sont mis d’accord pour une représentation unique afin d’être plus forts, ce qui indique le niveau d’inquiétude du continent.
  • Les données scientifiques en Afrique manquent cruellement : la connaissance des impacts du réchauffement climatique est malheureusement limitée et probablement sous-estimée. Et lorsque les connaissances s’améliorent, ce n’est généralement pas pour rassurer les Africains. Une étude  proposée par une entreprises d’analyse des risques globaux (Maplecroft) a classé les pays selon leur degré de risques liés aux changements climatiques. Sur les 28 pays classés dans « risques extrêmes », 22 sont Africains. En comparaison, la plupart des pays développés (responsables des émissions) sont classés dans les catégories « risques faibles »  ou « très faibles ».
  • Dans ce contexte, les pays africains font monter la pression (voir ici également ou cet article du monde). Lors d’une seconde réunion à Addis Abeba le 3 septembre (Forum de Partenariat Africain), le Premier Ministre Ethiopien Meles Zenawi a prévenu que l’Afrique ne validerait pas un accord ne correspondant pas aux exigences minimales du continent. Il a même menacé de quitter les négociations en cas de discussions dangereuses.

Peu de temps avant, lors d’une réunion spéciale de l’Union Africaine en Libye, les 53 membres de l’UA ont  décidé de confier à Meles Zenawi la direction de la délégation unique qui se rendra à Copenhague. Cette désignation qui devrait renforcer la voix de l’Afrique est le fruit de 7 ans de travail de l’Union Africaine.

La position défendue est celle élaborée depuis quelques mois/semaines :

– réductions des pays développés de 40% de leurs émissions en 2020 et de 80% en 2050 par rapport à 1990. Cette position est en accord avec les exigences portées par la Chine et l’Inde notamment et elle correspond au haut de la fourchette des besoins de réductions d’après le GIEC pour limiter le réchauffement à 2°C.

-67 milliards de dollars par an au titre de l’adaptation. (Pour comparaison, daprès le Graham Research Institute, le changement climatique pourrait coûte 30 milliards de$ par d’ici 2015 et entre 50 et 100 milliards par an d’ici 2030)

-200 milliards de dollars par an au titre de l’atténuation.

-modification du régime de propriété intellectuelle pour le solaire et autres technologies vertes afin de faciliter leur accessibilité.

Ces revendications ne semblent pas dépasser les besoins nécessaires, au regard des connaissances actuelles.

  • L’Afrique du Sud est en train d’élaborer sa stratégie de lutte contre le changement climatique (atténuation et adapation), qui sera progressivement mise en place entre 2010 et 2012.

Vers Copenhague : suivi des positions (4)

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Voir les épisodes précédents : (1), (2)(3).

  • Afrique. Lors d’une réunion qui se tiendra en Libye la semaine prochaine, les leaders africains se pencheront sur une position commune élaborée par l’Union Africaine qui demande au minimum 67 milliards de dollars par an (0.5% du PIB des pays industrialisés) afin d’aider à l’adaptation. Parallèlement les pays industrialisés devraient réduire leurs émissions de 40% en 2020 par rapport à 1990.

Voir également ici.

  • Inde et Chine. Toujours dans une position ferme sur la scène internationale, le ministre indien de l’environnement -Jairam Ramesh- lors d’une rencontre avec le leader chinois des négociations -Xie Zhenhua- a déclaré que l’Inde et la Chine ne sont pas des forces « négatives et obstructives », mais qu’elles souhaitent un accord international à Copenhague. Il a déclaré que les deux pays ont conscience de « faire partie de la solution » et qu’ils sauront « répondre très positivement » à tout changement de position de la part des pays industrialisés qui irait dans le sens des exigences de deux pays (revendication centrale : -40% d’émissions en 2020 par rapport à 1990).

Les deux pays discutent de savoir quand leurs émissions pourraient atteindre leur maximum.

Par ailleurs, l’Inde aurait besoin de 5 millards de $ par an entre 2012 et 2017, en plus de son plan d’investissement actuel, pour permettre une transition vers une économie décarbonée (étude de l’UNDP).

La Chine a commencé à travailler mardi dernier sur une résolution relative au climat qui pourrait accélérer l’action positive du gouvernement chinois. Bien que les termes soient très généraux pour l’instant, on peut espérer que ce sera l’occasion pour le Congrès National du Peuple de prendre en considération l’étude publiée il y a deux semaine (voir ici), indiquant que la Chine pourrait très bien voir ses émissions atteindre leur maximum en 2030.

  • Etats-Unis. La plus grande « organisation de business » demande à l’EPA (agence national pour l’environnement) de lancer un grande débat sur les fondements scientifiques concernant le changement climatique. Cette demande (qui pourrait donner lieu à un conflit devant les tribunaux) fait suite à la déclaration en Avril dernier par l’EPA que les gaz à effet de serre sont néfastes pour la santé et le bien-être publics.

Parallèlement, la mobilisation s’organise pour essayer de renforcer la loi sur le Climat, qui sera examinée prochainement par le Sénat américain. La pression internationale augmente également, avec les déclarations du ministre suédois de l’Environnement -Andrea Carlgren- qui souligne la nécessité que le Congrès valide la loi du le climat, afin de permettre l’avancée dans les négociations internationales.

  • France. Lors de la conférence annuelle des Ambassadeurs de France, Nicolas Sarkozy a rappelé l’importance d’une action forte des pays industrialisés pour permettre un accord à Copenhague (en nommant les Etats-Unis). Il a appelé à la création d’une Organisation Mondiale de l’Environnement. Sur la question énergétique, il s’est (encore et toujours) fait le chantre du nucléaire civil.
  • Suisse. La Suisse a annoncé mercredi son engagement à une réduction de 20% de ses émissions en 2020 par rapport à 2050 et à 30% en cas d’accord international. En gros : la Suisse s’aligne sur l’Union Européenne. Et encore une fois, on peut dire : peut mieux faire (l’objectif des pays industrialisés devrait être fixé entre 25 et 40% de réductions afin d’atteindre l’objectif de max +2°C).

Une solution toute hélvétique serait la mobilisation massive de l’opinion publique (qui peut exiger la réalisation d’un référendum avec 100 000 signatures).

Edit :

  • Japon. La victoire historique des démocrates au Japon est de bon augure pour la politique nippone sur le climat : voir le post sur le sujet. On attend maintenant les prises de décisions…

Négociations internationales vers Copenhague : suivi des positions (3)

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Voir les épisodes précédents : (1), (2). Voir les posts sur les discussions à Bonn : 1, 2

  • Australie : une semaine après l’échec de la loi fixant des objectifs de réduction d’émissions (voir ici), le Sénat australien a accepté la loi sur les énergies renouvelables. La loi fixe un objectif de 20% d’électricité d’origine renouvelable d’ici 2020, contre 8% actuellement. La loi doit maintenant être acceptée par la Chambre Basse. Si la nouvelle est plutôt bonne, elle reste modest puisque seule l’électricité est concernée (et pas la production énergétique dans son ensemble.
  • Maldives. Dommage collatéral de la crise financière : le Président des Maldives ne participera pas aux négociations de Copenhague, afin de réduire les dépenses du gouvernement. On peut vraiment dire que les petits Etats-îles paient la double peine infligée par les pays occidentaux (crise financière + crise climatique).
  • Toujours les suites de Bonn : l’UNFCCC s’inquiète du manque de temps pour boucler les discussions avant Copenhague (15 jours de négo restants). Cependant, contrairement aux réunions de juin, il semble que les Etats-Unis entrent véritablement dans la danse, ce qui pourrait faire changer le rythme des discussions.
  • Pays les moins avancés. A l’occasion d’un groupe de travail organisé en Éthiopie, les pays les moins avancés rappellent qu’ils ne peuvent mettre en place leur plan nationaux d’adaptation (pourtant prêts) faute de moyens… moyens qui devaient pourtant être fournis par les pays industrialisés.

Une nouvelle étude analyse les risques d’accroissement de la pauvreté sur certaines populations (urbaine des pays pauvres surtout) du fait du changement climatique.

  • Chine : suite au rapport publié la semaine dernière (voir ici) qui indique que les émissions chinoises pourraient atteindre leur maximum d’ici 2030, les officiels chinois envisagent la rédaction d’une résolution très prochainement sur le sujet. Si la Chine se fixait une trajectoire d’émission, cela pourrait faire substantiellement avancer les négociations. Enfin une bonne nouvelle (enfin on attend le texte…).

La motivation des gouvernants vient peut-être de cette étude actualisée qui souligne l’intérêt pour la Chine du marché des technologies à faible intensité carbone.

  • Inde & USA : Clinton est optimiste sur le fait que les Etats-Unis et l’Inde pourront trouver un accord sur un plan « pour changer drastiquement la façon de produire, consommer et stocker l’énergie » et plus généralement sur la réussite de Copenhague. Pendant ce temps, la loi sur les émissions de CO2 se fait sérieusement chahuter par les Sénateurs. Même With, démocrate et ancien négociateur sur le climat dans l’administration Clinton, critique la loi car elle aurait un impact trop large sur l’économie ; elle mériterait d’être revue à la baisse. Pourtant certaines grandes entreprises prennent cette affirmation à contre-pied et appellent à la mise en place d’une législation, afin de pouvoir préparer les investissements…
  • Travailleurs du monde : lors d’une réunion de la Confédération Internationale des Syndicats, les syndicats du monde ont formulé un avis qui supporte une très forte réduction des émissions de GES et la mutation vers une économie décarbonée. Bien que des débats existent, un consensus a été trouvé notamment grâce au fait qu’une économie décarbonée pourrait être l’occasion de créer de nombreux emplois et d’améliorer les conditions de travail.
  • Insuffisant : l’agence ClimateWorks qui réalise des analyses pour les Nations Unies prévient que les engagements financiers des gouvernements sont actuellement insuffisants. Elle estime qu’il faudra mobiliser entre 95 et 130 milliards d’euros par an entre 2010 et 2020. Ce chiffre est proche de l’analyse du WWF (112 milliards d’euros par an).

En route vers Copenhague : suite aux discussions de Bonn

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Quelques mots rapides pour compléter que les discussions à Bonn… rien de très positif.

  • Comme le disent les Nations unies (si si), les discussions ont faiblement progressé, les engagements des pays développés sont trop faibles et il est nécessaires qu’ils soient significativement accrus afin de pouvoir débloquer la situation (comme déjà écrit ici). Pas grand chose à ajouter.
  • La Chine annonce par la voix de Su Wei, officiel Chinois auprès du Financial Time, qu’elle est prête à faire en sorte que ses émissions « piquent » (atteignent leur maximum) d’ici 2050. La Chine refuse toujours de se voir astreindre à des contraintes chiffrées de limitations pour l’instant. On peut penser que cette position serait susceptible de changer à condition que les pays industrialisés se fixent des objectifs plus ambitieux (au moins 40% de réductions en 2020 par rapport à 2050).

Rappelons que, afin d’atteindre -potentiellement- l’objectif de maximum +2°C en 2100, il est nécessaire que les émissions mondiales atteignent leur maximum avant 2015, d’après le GIEC (voir groupe 3), et que la Chine est le premier émetteur en valeur absolue (depuis mi 2007)… autant dire que le « +2°c » est mal engagé.

Cette annonce de Su Wei est faite en même temps qu’une étude est publiée, indiquant qu’il serait tout à fait possible pour la Chine de voir ses émissions atteindre leur maximum d’ici 2030… soit un scénario bien plus compatible avec l’objectif « +2°C ».Voir la dépêche de Reuters sur la publication [après courte recherche sur google, je n’ai pas trouvé l’étude…].

Une autre étude (que je n’ai pas encore lue) publiée par le Tyndall Center for Climate Change Research, issue de 3 ans de recherches, montre qu’il serait possible pour la Chine de mener une politique qui permette d’atteindre l’objectif mondial de 450 ppm (objectif 2°C) tout en préservant le développement économique.

En route vers Copenhague : fin des discussions à Bonn

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L’UNFCCC vient de publier un communiqué de presse, lors de la conclusion de la semaine de discussions informelles à Bonn. Le mot d’Yvo de Boer, pour le moins mitigé, indique la situation inquiétante dans laquelle nous sommes actuellement. Il est désormais très probable qu’un accord à la hauteur des enjeux ne soit pas conclu à Copenhague en décembre prochain…

PRESS RELEASE

Negotiators Get Down to Practicalities at Bonn UNFCCC Meeting,
But Negotiations Have Yet to Pick up Speed

(Bonn, 14 August 2009) – A week-long informal negotiating session toward a new global
response to climate change concluded in Bonn Friday. The consultations, attended by around
2400 participants, were part of a series of UNFCCC gatherings this year designed to culminate in
an ambitious and effective international climate change deal in Copenhagen in December. The
Copenhagen outcome is to follow on the first phase of the Kyoto Protocol, which expires at the
end of 2012.

“At this meeting, only limited progress was made, although governments did get down to
some practicalities in the areas of adaptation, technology and capacity building,” said Yvo de
Boer, Executive Secretary of the UN Climate Change Secretariat. “So with only 15 days of
negotiating time left before Copenhagen, negotiations will need to considerably pick up speed for
the world to achieve a successful result at Copenhagen,” he added.

Whilst some progress in Bonn was made in narrowing down options in the negotiating
text, governments also discussed technical issues such as how mid-term (2020) emission
reduction pledges of industrialised countries could be translated into legally binding targets as a
key component of the Copenhagen deal.

“Industrialised countries need to show a greater level of ambition in agreeing to
meaningful mid-term emission reduction targets. The present level of ambition can be raised
domestically and by making use of international cooperation,” the UN’s top climate change official
said.” “We also need a clear indication of the finance and technology industrialised countries are
ready to provide to help developing countries green their economic growth and adapt to the
impacts of climate change.”

“In the context of the G8 and Major Economies Forum, I see a group of countries
considering actions that would allow them to profit from the boom in clean technology,” said Yvo
de Boer. “The question is how all nations can profit from this development. Poorer countries risk
being left by the wayside without access to technology and finance. International cooperation
needs to provide them with the means to enable them to green their economies and to adapt to
the inevitable effects of climate change. In order for that support to be financed, I believe that
countries need to be more specific about what they want supported and how,” he added.

Following the meeting in Bonn, work on the negotiating text will continue on 28
September in Bangkok at a two-week negotiating session. Delegates will then assemble for five
days of pre-Copenhagen negotiations in Barcelona 2 November.

A major opportunity for all Heads of State and Government of the world to provide clear
political guidance to negotiators ahead of the UN Climate Change Conference in Copenhagen will
be The UN Secretary-General’s Climate Change Summit for world leaders 22 September in New
York. The New York meeting will assemble Heads of State and Government  from all 192 Parties
to the UNFCCC.

Further upcoming UNFCCC meetings

Bangkok Climate Change Negotiations 2009
9th session of the AWG-KP and 7th session of the AWG-LCA – Monday, 28 September to Friday,
9 October 2009 United Nations Conference Centre (UNCC) of the United Nations Economic and
Social Commission for Asia and the Pacific (UNESCAP), Bangkok, Thailand. Full media facilities
and numerous press conferences. No side events (due to space limitations).

Barcelona Climate Change Negotiations
Resumed Seventh session of the AWG-LCA and resumed Ninth session of the AWG-KP – 2 to 6
November 2009  Barcelona, Spain, Fira Barcelona. Full media facilities, around 100 side events.

United Nations Climate Change Conference Copenhagen
COP 15 and CMP 5 – 7 to 8 December 2009, Bella Center, Copenhagen, Denmark. Numerous
press conferences, more than 200 side events.

Ajout : la version française ici

Sur le même sujet :

-Un article de libé : http://environnement.blogs.liberation.fr/noualhat/2009/08/climat-vers-un-ratage-total-%C3%A0-copenhague.html

-Un article du monde : http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/08/14/pour-greenpeace-le-risque-qu-aucun-accord-ne-soit-signe-a-copenhague-est-reel_1228671_3244.html