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Rapport : l’avenir du photovoltaïque en Inde… et dans le monde

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Une bonne, une excellente nouvelle ! Dans un article du Monde, on apprend que l’Inde prévoit le développement massif du solaire photovoltaïque avec un plan de grand ampleur programmé à l’horizon 2050. Il n’est pas la peine de disserter plus, puisque le rapport n’est pas encore public -vivement septembre- ; l’article se suffit à lui-même !

L’Inde veut devenir un géant de l’énergie solaire

LE MONDE | 06.08.09 | 14h51  •  Mis à jour le 06.08.09 | 20h43

L’Inde pourrait investir 19 milliards de dollars (13 milliards d’euros) au cours des trente prochaines années pour accroître sa production d’énergie solaire. Un rapport, remis, lundi 3 août, au premier ministre Manmohan Singh, et auquel Le Monde a eu accès, fixe des objectifs de production de 20 000 mégawatts (MW) en 2020 et 200 000 MW en 2050, contre seulement 51 MW en 2009.

Le plan devrait être dévoilé en septembre, quelques semaines avant la conférence internationale de Copenhague sur le changement climatique, qui se tiendra en décembre. L’Inde, quatrième producteur mondial d’énergie éolienne, ne fournit que 0,1 % de l’énergie solaire du monde. Le pays, qui bénéficie pourtant de conditions d’ensoleillement avantageuses, produit ainsi cinquante fois moins d’énergie solaire que l’Allemagne, le leader mondial.

New Delhi n’encourage encore que timidement la promotion de l’énergie solaire. Le ministère indien des énergies renouvelables se contente actuellement de soutenir financièrement la construction de centrales solaires d’une capacité minimale de 50 MW. Le rapport remis au premier ministre préconise plutôt une politique de subvention des tarifs de rachat de l’énergie solaire, jusqu’à ce que ceux-ci se rapprochent de ceux du pétrole ou du charbon. Il est prévu qu’entre 2009 et 2020, le prix du kilowattheure solaire passe de 16 à 3 roupies (0,23 à 0,04 euro).

L’achat d’équipements solaires sera exempté de taxes, et les centrales solaires ne paieront pas d’impôts pendant dix ans. Les mesures prévues ne sont pas qu’incitatives : les grands complexes immobiliers auront l’obligation de s’équiper de panneaux solaires. Si les maisons individuelles choisissent cette alternative, l’Etat leur garantirait le rachat de leur surplus d’énergie. En cas de pannes de courant, fréquentes en Inde, les panneaux solaires pourraient alimenter les générateurs et faire économiser plus de 2 milliards de litres de diesel et de kérosène, par an. Un million de toits et 20 millions de foyers pourraient être équipés d’ici 2020.

Le solaire permettra de fournir de l’électricité à moindre coût aux populations isolées. Plus de la moitié des Indiens s’éclairent encore à la bougie ou aux générateurs. Et il est plus coûteux de raccorder un village isolé au réseau électrique que d’y installer une unité de production d’énergie solaire. Le gouvernement a promis d’électrifier l’ensemble du pays d’ici à 2012.

La Mission nationale solaire sera l’autorité centrale chargée de mettre en oeuvre cette nouvelle politique. Elle serait alimentée, dans un premier temps, par le budget de l’Etat, avant d’être financée directement par une taxe sur la vente d’énergies fossiles, comme le charbon ou le pétrole. Le gouvernement central compte aussi sur les Etats régionaux pour subventionner les tarifs de l’énergie solaire à hauteur de 30 %. Ils devront, sous peine d’amende, assurer une part plancher de leur consommation énergétique par le solaire. Tout dépassement de ce quota pourra être revendu à des Etats voisins sous forme de certificats.

Avec une prévision de ses besoins en électricité de l’ordre de 240 000 MW en 2020, l’Inde devrait couvrir 8,3 % du total de sa consommation grâce au solaire. Le pays, qui est actuellement le quatrième pollueur de la planète et tire 60 % de son énergie du charbon, réduirait ainsi sa production annuelle de dioxyde de carbone de 42 millions de tonnes d’ici à 2020. En 2007, il en a produit 430 millions de tonnes.

Avec l’avènement du solaire, la technologie deviendra le nerf de la guerre. Pour atteindre ses objectifs, l’Inde devra former environ 100 000 ingénieurs et techniciens. Le pays, déjà dépendant des importations de pétrole, ne veut pas se retrouver dans une nouvelle dépendance, à l’égard des brevets étrangers, cette fois.

En créant des parcs technologiques et en soutenant la recherche, la Mission nationale solaire veut encourager la naissance de champions nationaux, comme il en existe déjà dans l’éolien, avec Suzlon, cinquième constructeur mondial d’éoliennes. Douze entreprises, dont une filiale de Tata, devraient investir 11,4 milliards d’euros au cours des dix prochaines années, d’après les estimations du cabinet d’études RNCOS, basé à New Delhi.

« La réussite de ce plan va dépendre beaucoup de son financement. L’accès aux technologies solaires performantes risque de coûter cher. Nous avons besoin de l’assistance financière des pays riches », explique Sunita Narain, membre du Conseil indien du changement climatique.

Au sommet de Copenhague, l’Inde plaidera donc en faveur d’accords de transfert de technologie entre pays du Nord et du Sud, ceci afin de réussir sa reconversion dans les énergies propres. En revanche, New Delhi veut à tout prix éviter un engagement chiffré de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre.

Julien Bouissou

Article paru dans l’édition du 07.08.09.

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Rapport : l’avenir du photovoltaïque en France

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Le député Serge Poignant a rendu public un rapport sur l’énergie photovoltaïque dans le cadre de la commission des affaires économiques de l’Assemblée Nationale en date du 16 juillet 2009.

Après avoir rappelé le gigantesque potentiel de cette énergie (le schéma ci-dessous est explicite !), le député propose 10 bonnes raisons pour développer le photovoltaïque.

Les 10 raisons de développer le PV selon M Poignant :

1. Son carburant est gratuit. Le soleil est la seule ressource dont a besoin un panneau solaire. Et le soleil brillera jusqu’à la fin des temps. De plus, la plupart des cellules photovoltaïques sont fabriquées à base de silicium, un matériau abondant et non toxique (second matériau le plus abondant sur Terre).

2. L’énergie solaire photovoltaïque ne génère ni bruit, ni émissions nocives, ni gaz polluants.

La combustion de ressources naturelles pour fabriquer de l’énergie engendre de la fumée, provoque des pluies acides, pollue l’eau et l’air. Cela génère aussi du dioxyde de carbone (CO2), l’un des principaux gaz à effet de serre. L’électricité solaire utilise seulement l’énergie du soleil comme carburant. Elle ne crée aucun co-produit nocif et contribue activement à réduire le réchauffement climatique.

3. Les systèmes photovoltaïques sont très sûrs et d’une grande fiabilité. L’espérance de vie d’un module solaire est d’environ 30 ans. La performance des cellules photovoltaïques est généralement garantie par les fabricants pour une durée de 20 à 25 ans. Au-delà, la puissance d’une cellule reste néanmoins supérieure à 80 % de la puissance initiale. Le photovoltaïque est donc une technologie fiable sur le long terme. De plus, la fiabilité des produits est garantie aux consommateurs par des standards de qualité très élevés au niveau européen.

4. Les modules photovoltaïques sont recyclables et les matériaux utilisés pour leur production (silicium, verre, aluminium, etc.) peuvent être réutilisés. Le recyclage n’est pas seulement bénéfique pour l’environnement, il contribue également à réduire l’énergie nécessaire pour produire ces matériaux et ainsi à réduire leur coût de fabrication.

5. L’énergie solaire photovoltaïque exige peu de maintenance. Les modules solaires ne nécessitent pratiquement aucune maintenance et sont faciles à installer.

6. L’énergie solaire photovoltaïque fournit de l’électricité aux zones rurales les plus isolées. Les systèmes photovoltaïques apportent une valeur ajoutée aux zones rurales (en particulier dans les pays en développement où il n’y a pas de réseau électrique disponible). L’éclairage domestique, les systèmes de réfrigération des hôpitaux et le pompage de l’eau font partie des nombreuses applications possibles des systèmes non connectés au réseau. Les systèmes de télécommunications en zones isolées utilisent également des panneaux solaires.

7. L’énergie solaire photovoltaïque peut être intégrée de manière esthétique dans les bâtiments. Les modules solaires peuvent couvrir toits et façades, contribuant ainsi à l’autonomie énergétique des bâtiments. Ils sont silencieux et peuvent être intégrés de manière très esthétique. Les législations européennes sur les bâtiments sont en cours de révision afin d’intégrer des impératifs d’énergies renouvelables pour les édifices publics et les logements. Celles-ci permettent d’accélérer le développement des éco-bâtiments et des bâtiments à énergie positive et ouvrent la voie vers une meilleure intégration des systèmes photovoltaïques dans le bâti.

8. Le temps de retour énergétique d’un module diminue constamment. Cela signifie que le temps mis par un module photovoltaïque pour générer autant d’énergie qu’il en a fallu pour le produire est très court ; il varie entre 1,5 et 3 ans. Sur sa durée de vie, un module produit donc entre 6 et 18 fois plus d’énergie qu’il n’en faut pour le fabriquer

9. L’énergie solaire photovoltaïque permet la création de milliers d’emplois. Avec une croissance annuelle moyenne de 40 % ces dernières années, le secteur photovoltaïque contribue de plus en plus à la création de milliers d’emplois en Europe et dans le monde.

10. L’énergie solaire photovoltaïque contribue à améliorer la sécurité de l’approvisionnement énergétique de l’Europe. Pour répondre à 100 % de la demande européenne en électricité, il suffirait de recouvrir 2 % de la superficie totale de l’Europe de panneaux solaires. Le photovoltaïque peut donc jouer un rôle important dans l’amélioration de la sécurité de l’approvisionnement énergétique de l’Europe.

Afin de développer la filière en France, le rapport propose 9 lignes directrices :

NEUF LIGNES DIRECTRICES POUR UN PROGRAMME NATIONAL DE DÉVELOPPEMENT DE LA FILIÈRE PHOTOVOLTAÏQUE

1. Préparer l’échéance de la parité réseau

o Tracer dans la loi des axes stratégiques ambitieux et réalistes et confier au règlement la fixation des différents tarifs d’achat

o Poser une règle de dégressivité des tarifs et de correction automatique en fonction du volume de marché et de l’approche de la parité réseau

o Maintenir un statu quo tarifaire en Corse et dans les départements d’outre-mer

2. Prévenir les conflits d’usage et la captation des terres arables par des centrales solaires

o Faire établir par l’ADEME une liste des terres éligibles à l’installation de fermes solaires

o Exiger que les projets de fermes solaires aient un impact environnemental positif

o Instaurer une caution foncière pour éviter la spéculation

3. Intégrer à l’économie du secteur une réflexion sur l’aménagement du territoire

o Régionaliser le tarif d’achat en fonction de la variable d’ensoleillement

o Répartir les fermes solaires sur l’ensemble du territoire national

4. Miser sur l’intégration au bâti pour positionner la filière française

o Conserver les principes de fonctionnement du tarif d’achat et le seuil des 3 kWc

o Définir au niveau national des critères objectifs et précis « d’intégration au bâti »

o Instaurer un tarif d’achat intermédiaire pour l’équipement des bâtiments sans intégration

o Réfléchir à une définition juridique de l’intégration architecturale dans l’optique d’un bonus tarifaire

o Créer une commission de qualification des équipements

5. Adapter le cadre administratif au dynamisme du secteur

o Simplifier les formalités de raccordement et accélérer les délais exigés par ERDF

o Faire perdurer les dispositifs fiscaux de soutien à la filière

o Clarifier le régime administratif et fiscal des fermes solaires

o Instaurer des contrôles pour éviter des fraudes massives généralisées

6. Donner à la recherche française les moyens de la performance

o Privilégier l’énergie solaire dans les investissements publics en faveur des énergies nouvelles

o Soutenir l’ensemble des filières technologiques silicium, CIS et polymères

o Améliorer le passage de la recherche à l’application industrielle

o Coupler les recherches sur le photovoltaïque avec celles sur le stockage

o Poursuivre les recherches sur les concentrateurs et explorer leurs modalités d’exploitation

7. Assurer la consolidation du secteur industriel français

o Engager les fleurons nationaux de l’énergie et des matériaux à investir le secteur

o Faire émerger des entreprises françaises sur la totalité de la filière

o Edicter des normes exigeantes de qualité sur les équipements photovoltaïques

o Accentuer les investissements dans les capacités productives pour combler le retard français

o Mobiliser les crédits issus du grand emprunt national et du Fonds stratégique d’investissement

8. Mettre l’énergie photovoltaïque à disposition du grand public

o Poursuivre la tâche d’information et de communication entreprise par l’ADEME

o Mobiliser les compétences des métiers du bâtiment

o Ouvrir des formations qualifiantes, initiales et continues, à destination des professionnels

o Lier la production et la consommation d’électricité photovoltaïque aux progrès de la domotique

o Observer la bonne couverture des risques par les compagnies d’assurance

9. Introduire une composante photovoltaïque forte dans le plan solaire méditerranéen

Commentaires rapides

Heureux de voir un rapport officiel rappeler cette évidence pourtant généralement refusée : le photovoltaïque est l’énergie du futur, à marier avec d’autres renouvelables, mais qui pourra constituer le socle d’un système énergétique véritablement durable.

Pour ce que j’en ai lu, je n’ai rien à reprocher à ce rapport…

Article sur le rapport : actu-environnement