Changements Climatiques

Les changements du monde par le climat

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Afrique : déclaration finale de Ouagadougou 11 octobre 2009

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Six chefs d’Etat africains se sont accordés sur cette déclaration finale :

FORUM MONDIAL DU DEVELOPPEMENT DURABLE

REUNION DES CHEFS D’ETAT ET DE GOUVERNEMENT

DECLARATION DE OUAGADOUGOU

OUAGADOUGOU LE 11 OCTOBRE 2009

NOUS,

Chefs d’Etat et de Gouvernement, réunis au Forum Mondial du Développement Durable de Ouagadougou, le 11 octobre 2009.  Considérant que la quinzième Conférence des Parties (COP-15) à la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques constitue une étape cruciale pour l’établissement d’un nouveau régime climat (post-Kyoto 2012). Prenant en compte la déclaration ministérielle de New Dehli sur les changements climatiques et le développement durable à l’occasion de la huitième Conférence des Parties (COP-8) à la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques tenue, du 23 octobre au 1er novembre 2002. Considérant les grandes orientations de la feuille de route de Bali de 2007. Prenant en compte la conférence ministérielle sur la santé et l’environnement en Afrique, tenue à Libreville en 2008. Prenant en compte la plateforme d’Alger de novembre 2008, ainsi que la déclaration de Nairobi de mai 2009 sur le processus africain de lutte contre les changements climatiques. Considérant la création de la conférence des Chefs d’Etat africains sur les changements climatiques par l’Assemblée de l’Union Africaine à Syrte en juillet 2009. Considérant les recommandations de la déclaration de Dakar de mai 2009 adoptée par la conférence des Ministres africains chargés de la lutte contre l’érosion côtière. Reconnaissant que les changements climatiques constituent un défi  majeur  de l’humanité pour l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Etant entendu que la vulnérabilité à la fois à la variabilité du climat et aux changements climatiques influence fortement les capacités des pays, des individus et des systèmes de production à atteindre leurs objectifs de développement durable. Considérant la fréquence et la sévérité des événements climatiques extrêmes et leurs effets sociaux notamment les migrations, les conflits et les problèmes sanitaires. Considérant que l’énorme potentiel dont recèle l’Afrique en matière d’énergies renouvelables insuffisamment exploité, peut satisfaire largement ses besoins énergétiques. Notant que les importants efforts consentis au niveau international pour éliminer les substances appauvrissant la couche d’ozone en rapport avec les changements climatiques demeurent insuffisants. Considérant la nécessité pour les pays africains de saisir les opportunités de financement et d’investissements directs liés au marché offertes notamment par le Mécanisme pour un Développement Propre (MDP). Considérant que l’accès et la mobilisation des financements est une condition indispensable pour la mise en œuvre des actions d’atténuation et d’adaptation. Considérant que la coopération Sud-Sud assure aussi un transfert de technologies qu’il appartient aux pays africains de renforcer. Considérant que le transfert de technologies est reconnu comme une condition indispensable aussi bien pour les actions d’atténuation que d’adaptation. Considérant la décision des Chefs d’Etat de l’Union Africaine relative à l’application des conclusions du 1er Forum Mondial du Développement Durable de l’Afrique, tenu à Brazzaville en octobre 2008. Considérant la nécessité d’intégrer les groupes vulnérables, notamment les femmes et les jeunes dans les stratégies nationales de développement durable. Prenant acte de la volonté de la communauté internationale de réduire de manière  significative les émissions de gaz à effet de serre et leurs effets sur le climat.

DECIDONS

1.  De promouvoir l’intégration de  l’adaptation aux changements climatiques dans les politiques, programmes et stratégies de développement aux niveaux local, national et régional afin d’apporter une réponse globale aux défis posés par les changements climatiques et de saisir les opportunités offertes par ces derniers en termes de développement durable. 2.             De renforcer davantage les capacités des populations et des institutions à travers l’échange et la promotion d’expériences positives dans le cadre d’un partenariat capitalisant  l’expertise existante et la diffusion des bonnes pratiques 3.  De soutenir la feuille de route  de Bali qui vise à inclure dans les traités sur le climat post-Kyoto 2012, un mécanisme permettant de prendre en compte la Réduction des Emissions dues à la Dégradation et à la Déforestation des forêts (REDD) et plus récemment encore, les négociations incluant la gestion durable des forêts (REDD+), sous forme de financements directs des politiques nationales basées sur une approche sectorielle, avec la création d’un fonds intérimaire spécial principalement alimenté par les contributions des pays développés. 4.D’accroitre les puits de carbone à travers un vaste programme de reboisement et de conservation des écosystèmes forestiers. 5. De faire une réévaluation stratégique du soutien à l’agriculture africaine avant l’échéance des Objectifs du Millénaire pour le Développement, en vue d’une gestion durable des terres, des ressources en eau, des ressources animales et la promotion de l’agriculture écologiquement durable. 6. D’inscrire dans les options d’adaptation, des actions visant le renversement des tendances à la dégradation des ressources hydrauliques et terrestres, des bassins fluviaux et lacustres. 7.  De lancer un appel pour un soutien vigoureux à la lutte contre l’érosion côtière en Afrique 8. De renforcer les capacités locales, nationales et régionales en matière de gestion des substances appauvrissant la couche d’ozone et la  mise en place d’un observatoire africain sur le mouvement transfrontalier des déchets dangereux. 9.D’appuyer la position africaine qui préconise fortement le maintien des acquis de la Convention et du protocole de Kyoto, surtout sur les engagements chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre des pays développés et l’appui aux pays en développement pour l’adaptation, l’atténuation, l’accès à l’énergie propre, le transfert de technologie, le renforcement des capacités et les financements, à travers des projets  et des actions concrètes. 10.  De soutenir la prise des engagements chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40% d’ici 2020 par rapport au niveau de 1990 pour les pays industrialisés ainsi que l’adoption d’actions nationales appropriées d`atténuation pour les pays en développement. 11. De lancer un appel pour l’allègement des procédures et l’assouplissement des conditions d’accès des pays africains aux ressources du Mécanisme pour un Développement Propre afin de favoriser l’émergence d’une masse critique de projets appropriés. 12.  D’affirmer la position commune africaine qui plaide pour l’assouplissement des conditionnalités de financement, la rationalisation des fonds, la facilitation de l’accès direct et rapide aux ressources par les Gouvernements Parties en développement et la promotion d’un système d’allocation individuelle aux pays 13.  D’accélérer la création de la facilité africaine pour l’Environnement au niveau de la Banque Africaine de Développement (BAD) pour mobiliser les ressources destinées à l’adaptation et à l’atténuation. 14.  De mettre en œuvre la décision de l’Union Africaine qui recommandait à la Banque Africaine de Développement d’accélérer les études de faisabilité du Secrétariat Permanent et du Fonds Africain de Développement durable. 15.  D’insister sur la nécessité du financement du coût total des Programmes d’Actions Nationaux d’Adaptation (PANA) et de leur extension aux autres pays africains. 16.  D’accorder une attention particulière à la prise en charge des flux migratoires et la résorption des conflits sociaux consécutifs aux changements climatiques, à travers la mise en place de programmes locaux, nationaux et régionaux y relatifs. 17.  De soutenir la production massive d’énergies solaire, hydroélectrique et éolienne pour couvrir les besoins énergétiques de l’Afrique d’ici 2030. 18.  De privilégier des modes de transport moins émetteurs de gaz à effet de serre 19.        De promouvoir les modes de production et de consommation durable dans les secteurs de développement et particulièrement dans l’agriculture, les transports, la gestion des produits chimiques. 20.   De promouvoir l’utilisation  de technologies propres. 21.  D’engager rapidement des négociations pour un assouplissement des conditions d’accès aux technologies d’atténuation et d’adaptation sous brevets. 22.  D’identifier et mettre en œuvre de nouveaux types de projets susceptibles d’attirer les investissements et les financements innovants. 23. D’œuvrer à la mise en place d’une agence internationale d’assurance sur le climat dotée d’un mécanisme de financement pour la gestion des effets négatifs des phénomènes climatiques, sur la base de contributions volontaires. 24.   De lancer un appel à la communauté internationale pour soutenir le New Green Deal ou Nouveau Pacte Vert pour l’Afrique et les programmes de reverdissement et de reboisement de nos pays. 25. De lancer un appel au pays du Nord pour qu’ils contribuent davantage à la promotion des énergies à faible émission de carbone et le transfert de technologies propres, pour soutenir les pays les plus vulnérables aux changements climatiques, notamment ceux de l’Afrique. 26.   De s’engager à s’approprier le Forum Mondial du développement Durable, conformément à la résolution prise par l’Union Africaine en 2009.

DESIGNONS

Son Excellence Blaise COMPAORE, Président du Faso, pour prendre les dispositions nécessaires afin que cette déclaration alimente effectivement les discussions de la quinzième conférence des Parties à la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques. Invitons le Burkina Faso à envisager dès 2010 et dans l’accompagnement du Forum Mondial du Développement Durable de Ouagadougou, la tenue d’assises financières africaines à même de faire émerger les régulations économiques et les compensations indispensables à un développement durable du continent. Fait à Ouagadougou, BURKINA FASO

Le 11 octobre 2009

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Written by ToM

12 octobre 2009 at 11 h 27 mi

Négociations sur le climat pour Copenhague (10) : l’Europe provoque un dangereux psychodrame à Bangkok

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La conférence internationale de négociations internationale sur les changements climatique de Bangkok s’est clôturée aujourd’hui. Que retenir à l’issue des conférences de presse finales de l’UNFCCC, de l’Inde, de la Chine, de l’UE, des Etats-Unis (vidéo ici) ?

  • L’Union Européenne veut « tuer » le protocole de Kyoto : « totalement inacceptable »

La structure juridique qui contiendra un éventuel accord à Copenhague est problématique et fait l’objet d’une vive polémique, dangereuse.

En effet, à Copenhague, l’accord pourra se trouver de trois manières possibles (d’après Yvo de Boer, secrétaire général de l’UNFCCC) :

– des engagements dans le cadre du PK sur la seconde période (qui débute en 2013) et l’inclusion des Etats-Unis (comment ?)

– un nouveau traité dans le cadre de l’UNFCCC, à l’image du Protocole de Kyoto (PK)

– la Conférence des Parties de l’UNFCCC réunie à Copenhague (COP15) prend une série de décisions visant à lancer des politiques

Si l’UNFCCC rappelle que ce qui est important ce sont les objectifs fixés et non le cadre légal, l’annonce par l’Union Européenne qu’elle voulait « move away » (s’éloigner) du PK a eu l’effet d’une bombe.

En effet, le PK est considéré par la plupart des pays (en particulier les pays émergents, qui sont parties au traité même s’ils n’ont pas de contraintes de réductions actuellement) comme le seul cadre légal contraignant existant et possible pour réguler le climat. Le problème majeur est que les Etats-Unis ne l’ont pas ratifié et le ratifieront pas…

Ce qui fait dire à l’Union Européenne qu’il faut passer à autre chose. Elle affirme qu’elle veut « garder la structure » du PK mais aller vers une structure plus large et  renforcée pour avoir un « accord unique ». Mais cela est vécu comme une remise en question de certains acquis du PK, puisqu’il serait tout à fait possible de modifier le PK plutôt de créer un autre protocole. L’annonce est également vécue comme une trahison car l’UE a annoncé que cette décision a été prise il y a plus d’un an… mais n’a été explicitement révélée qu’hier.

Le G77 et la Chine sont très remontés et se disent « extrêmement inquiets » par cette annonce. La délégation indienne indique que les discussions dans le cadre du groupe AWG-KP (groupe de discussion sur le Protocole de Kyoto) se sont mal passées, du fait de manque de volonté de la part de certains pays développés. Le refus de la part des pays développés d’accepter de discuter de chiffres de réductions de leurs émissions pour la seconde période d’engagement du protocole de Kyoto est vécu comme totalement « inacceptable » et un signe de la volonté d’abandon du PK.

L’UNFCCC considère le protocole de Kyoto comme indispensable.

  • Emissions per capita : l’UE encore fautive

La délégation de l’UE a déclaré il y a quelques jours que se focaliser sur des objectifs d’émissions par tête à long terme n’était pas une bonne façon de procéder (c’est pourtant un principe généralement accepté, position officielle défendue par la France par exemple). Questionné sur ce sujet, Yvo de Boer déclare qu’il ne partage pas cette position.

Ca fait beaucoup de provocations pour une seule délégation, non ? De surcroît, inutiles puisqu’elles ne font pas avancer le fond des discussions (financement, répartition de l’atténuation…).

  • Technologies et adaptation, sources de satisfaction et de signes encourageants

La délégation indienne indique sa satisfaction au regard de certaines avancées relatives à deux des cinq chapitres de la « feuille de route de Bali » à savoir l’adaptation et les technologies. Ces deux chapitres ont fait l’objet d’avancées importantes sur les textes, même s’il reste beaucoup à faire. Ce constat est partagé par le secrétariat de l’UNFCCC, très satisfaite que les questions de technologies soient pleinement rentrées dans les négociations depuis quelques années et qu’elles avancent vite.

Pour l’UNFCCC toujours, de nombreuses discussions ont eu lieu, ce qui a permis de clarifier des éléments tels que les classifications des pays (pays développés, pays développés émergents etc.). Les débats ne sont pas clos mais ont permis de clarifier la situation.

Les Etats-Unis estiment que les avancées sur les textes sont limitées mais que les discussions de fond ont été bonnes. Pour l’Union Européenne, c’est exactement l’inverse des progrès sur le texte, mais pas sur le fond. No comment.

  • Pas de chiffrages pour l’atténuation et les financements

Le président du groupe AWG-KP avait annoncé qu’il n’y aurait pas d’avancée majeure à Bangkok sur les chiffrages de l’atténuation et du financement, deux éléments clé mais douloureux. Il faut pour cela une volonté politique que les délégations nationales de négociateurs n’ont pas. Contrairement à l’Inde et au G77 il n’est donc pas inquiet de ce constat et estime que cela pourra évoluer à Barcelone (novembre) puis à Copenhague, avec la présence des leaders politiques.

L’Union Européenne demande aux pays émergents de montrer leurs cartes, afin de pouvoir avancer sur les chiffrages : combien sont-ils prêts à dévier de leur trajectoire ? Pour le moment, à part l’Indonésie, personne n’a annoncé de chiffre agrégé.

Pour Yvo de Boer (secrétaire général de l’UNFCCC), tous les ingrédients sont sur la table pour réussir un accord à Copenhague… Il faut maintenant que les leaders politiques choisissent l’action pour débloquer la situation.

La Norvège a annoncé qu’en cas d’accord international, elle relèverait son objectif de réduction à -40% en 2020 par rapport à 1990. Déclaration très appréciée.

  • Inde et Etats-Unis : la souveraineté nationale exacerbée

L’Inde a mis en place de nombreuses politiques nationales très ambitieuses concernant l’atténuation des émissions dans une perspective de développement, dotées d’objectifs chiffrés contraignants… Mais pas question pour l’Inde de formuler un chiffre unique d’atténuation nationale qui pourrait être inscrit dans un accord international contraignant. L’Inde refuse catégoriquement d’établir des accords bilatéraux en substitution à un accord global.

En réalité, la rhétorique indienne est très similaire à celle des Etats-Unis.  Lorsqu’elle parle politiques climatiques, la délégation américaine se place au niveau national en rappelant que l’action doit relever de la volonté interne. Mais bon, la souveraineté des pays en développement a ses limites : les USA exigent que tous les NAMAs (plans d’atténuation nationaux) fassent l’objet d’une vérification internationale, alors que l’UNFCCC indique que seuls les NAMAs financés par l’extérieur devraient faire l’objet de vérification extérieures.

Les Etats-Unis rappellent volontiers que leur projet de loi est bien plus puissant que les accords internationaux (perspective 2050, outils de contraintes…).

  • Copenhague suspendu à la bonne volonté du Sénat américain ?

Yvo de Boer croit, sur indication de J. Kerry, qu’il est possible que les Etats-Unis soient associés à un accord international même si la loi Waxman-Markey n’est pas encore adoptée par le Sénat. Ce serait très rassurant, puisque des officiels américains ont indiqué qu’il sera fort probable que la loi ne soit pas examinée avant Copenhague…

Petit problème : la délégation américaine dit exactement le contraire. Elle estime que si la loi n’est pas passée d’ici Copenhague, ce sera « nettement plus compliqué », notamment parce que les Etats-Unis ne pourront pas mettre de chiffres sur la table.

En conclusion, le G77 et la Chine appellent les citoyens européens et occidentaux en général à se mobiliser pour obliger leurs dirigeants à plus d’ambitions pour débloquer les négociations.

Dates à venir signalées :

– 21 oct. : réunion des ministres de l’économie et des finances de l’UE

– 22 oct. : réunion des ministres de l’environnement de l’UE

– 29 oct. : réunion des chefs d’Etat et de gouvernements de l’UE

Voir les épisodes précédents : (1), (2), (3), (4), (5), (6), (7), (8), (9).

En route vers Copenhague (9) : discussions à Bangkok

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Voir les épisodes précédents : (1), (2), (3), (4), (5), (6), (7), (8)

Les négociations continuent à Bangkok, dans les deux groupes de discussions parallèles (AWG-KP qui s’intéresse au protocole de Kyoto et AWG-LCA qui s’intéresse aux engagements des pays dans le cadre de la Convention cadre des Nations unies). Les échanges deviennent de plus en plus conflictuels.

  • Passe d’armes publique inhabituelle (d’après l’agence de presse AP) entre les Etats-Unis et l’Union Européennes d’une part, et la Chine d’autre part lors d’une conférence de presse (voir la vidéo ici et ici).

L’échange a eu lieu sur la question de l’atténuation et de la répartition du fardeau. La Chine rappelle que l’équite oblige à ne pas envisager que tout le monde supporte le fardeau (argument de la responsabilité historique) ; l’UE et les US répondent qu’il ne sert à rien de parler ainsi et que les pays émergents doivent s’engager également. La position de Falkenberg (directeur général de l’environnement de la Commission) est surprenante :

« We know that consequences of climate change are seen more dramatically as of now in the developing world so continuing to argue (there is) almost a human right to pollution as I heard from my Chinese colleague is not the way we need to go about it, »

car cela revient à envisager une convergence des émissions per capita, solution qui semble pourtant la plus équitable. Inquiétant.

  • La veille, mardi soir tard, les représentants du G77 ont quitté un groupe de discussion informel rattaché au AWG-KP. Ils refusaient d’envisager la mort du protocole de Kyoto, solution promue par les pays développés (car cela remet à plat les choses… et permettrait d’intégrer les Etats-Unis). Là encore la position de l’UE est inquiétante :

« When looking at Kyoto, it has all the signs of being legally binding internationally but unfortunately the outcome is that since its entry into force we have seen emissions increase, » senior European Commission delegate Karl Falkenberg told reporters. « So Kyoto has not delivered the substantive results that we want. We can all continue to argue in favour of maintaining Kyoto. We think that’s not enough. We need to have a wider participation. We’re not convinced we will get this into the Kyoto Protocol as we know it. »

« If all we get is a second commitment period to the Kyoto Protocol, that’s all that’s on the table, there’s no balancing legally binding agreement from developing countries and the United States, then the risk will be that those countries inside the protocol with a commitment will either weaken their commitment, not take a commitment or not ratify. »

Qu’un accord plus large que le Kyoto actule soit conclu semble certes nécessaire, mais cela n’implique pas de refuser définitivement le cadre du protocole de Kyoto. Cette position de l’UE est d’autant plus étrange que c’est l’une des rares parties au Protocole a avoir satisfait ses objectifs de réductions. L’UE jouerait-elle le jeu des Etats-Unis ?… C’est ce que dit également le représentant du G77 dans une conférence de presse : il faut que les pays développés engagés (UE, Japon, Australie…) aident à élever les débats et non pas à se rapprocher des Etats-Unis.

Yvo de Boer a répondu rapidement en appelant à garder le protocole de Kyoto et à continuer de travailler dessus.

  • Les Etats-Unis sont fortement critiqués car ils n’avancent pas sur leurs engagements d’atténuation. Le Mexique accuse les US d’être un obstacle aux avancées.

Rapport AIE publié à Bangkok pour un scénario énergétique « 450 ppm-compatible » : tromperie ?

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Afin de stimuler les négociations à Bangkok, l’Agence Internationale de l’Energie a publié mardi 6 octobre une version abrégée de son rapport annuel (World Energy Outlook). Dans ce pre-rapport (How the energy sector can deliver on a climate agreement in Copenhagen), l’AIE expose un scénario énergétique qui permettrait d’atteindre l’objectif de stabilisation à 450 ppm eq. CO2, considéré comme compatible avec l’objectif de limitation du réchauffement à +2°C en 2100 par rapport à la période pré-industrielle.

Les conclusions de cette modélisations révèlent ce qu’on sait déjà : l’investissement doit être massif, ce sont les économies d’énergies et les énergies renouvelables qui seront les très loin largement les deux premières sources d’atténuation des émissions. Le nucléaire voit son développement atténué par rapport au scénario de référence du fait des politiques d’économies d’énergie. Mais là n’est pas le plus important.

AIE2009-1

Dans les quelques éléments de méthodologie proposés dans le document (on ne pourra voir le détail des informations que lors de la publication intégrale en novembre), voici ce qu’on peut lire :

The trajectory is an overshoot trajectory, i.e. concentrations peak at 510 ppm in 2035, they stay steady for around 10 years and the decline then decline to 450 ppm. Our analysis focuses on energy-related CO2 emissions to 2030, which peak just before 2020 at 30.9 Gt and decline steadily thereafter, reaching 26.4 Gt in 2030.

Là il y a un petit problème. Le scénario choisi par l’AIE n’est pas un scénario de stabilisation des émissions comme envisagé par le GIEC dans son dernier rapport, mais un scénario « overshoot » c’est à dire de dépassement temporaire de la concentration en GES. Ce n’est pas la même notion. Plusieurs questions en découlent :

  • Quel est l’horizon du retour à 450 ppm ? L’AIE ne dit rien, si ce n’est que la concentration est stabilisée à 510 ppm entre 2035 et 2045. Le retour à 450 ppm est peut-être envisageable à l’horizon 2100… mais ca mériterait quelques explications !
  • Dans quelle mesure ce scénario de retour à 450 ppm est-il réalisable au plan de la géophysique ? On sait qu’environ 50% du CO2 est absorbé par l’océan (et enlevé de l’atmosphère) en 30 ans environ, qu’il faut plusieurs siècles pour retirer 30% supplémentaires et plusieurs millénaires pour les derniers 20% (voir cet article qui résume la problématique). Un scénario d’overshoot implique donc une chute drastique des émissions afin de pouvoir avoir une « diminution » du stock de CO2. De plus, on ne connait pas les hypothèses retenues pour les GES d’origine non énergétiques.
  • Mais surtout, en admettant que ce scénario soit géophysiquement possible, est-ce que cela correspond aux recommandations du GIEC pour l’objectif de température ? On peut avoir de sérieux doutes, car en dépassant 450 ppm on dépasse le facteur Pouvoir de Réchauffement Global qui y est associé (utilisé par le GIEC pour ses recommandations), donc on franchit potentiellement des seuils qui activent des rétroactions positives.

Je serais intéressé pour avoir des commentaires sur le sujet et plus généralement sur la notion de « overshoot scenario »…

Et j’ai quelques doutes dans le fait que ce scénario puisse changer quelque chose dans les négo, puisque ce qui bloque est la répartition du fardeau (que les efforts soient faits dans les pays ou à l’étranger par l’intermédiaire des mécanismes de flexibilité). Répartition que l’AIE se garde bien de proposer !

En route vers Copenhague : suivi des positions (8), discussions à Bangkok

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Voir les épisodes précédents : (1), (2), (3), (4), (5),  (6), (7)

Mauvaises nouvelles

  • Banque Mondiale : rapport sur les impacts des Changements climatiques sur les pays plus pauvres. Rien de bien réjouissant.
  • USA : d’après un officiel de l’administration américaine, il ne sera pas possible de faire passer la loi sur le climat et l’énergie aux Etats-Unis (dite Waxman-Markey) d’ici la fin de l’année 2009.

Cette déclaration intervient alors que deux bonnes nouvelles étaient annoncées peu avant. Les sénateurs Kerry et Boxer avaient annoncé vouloir que les objectifs de la loi soient relevés de 17% de réduction à 20% de réduction en 2020 par rapport à 2005. L’effort reste faible au regard de ce qui serait souhaitable dans l’absolu, mais il va dans le bon sens.

Parallèlement, l’agence fédérale de l’environnement -EPA- annonçait envisager de réglementer les émissions des plus gros pollueurs, comme il lui a été indirectement permis depuis un arrêt de la Court Suprême de 2007. L’EPA envisage d’obliger les gros émetteurs (+ 25 000 t CO2 par an) de se doter obligatoirement d’un permis d’exploitation, lequel ne serait délivré qu’à condition que les exploitations utilisent les meilleures technologies disponibles en termes d’atténuation des émissions. Ce qui est particulièrement drôle est que l’EPA propose une solution de réglementation drastique (il ne s’agit pas de décourager, par exemple par la mise en place d’une taxe mais d’interdire purement et simplement). Cette réglementation directe par les pouvoirs publics généralement qualifiée de « command and control », avec généralement un sens péjoratif car la solution est considérée aux Etats-Unis comme liberticide… La proposition d’une taxe aurait été très critiquée, alors que dire d’interdictions administratives ! La proposition de l’EPA vient donc fortement relativiser la critique des Conservateurs qui s’attaquent à la proposition de loi issue de la Maison blanche (sous le slogan « cap and tax », qui est dérivé du principe original de « cap and trade »).

L’annonce de l’impossibilité de faire passer la loi Waxman-Markey d’ici fin 2009 ne change pas fondamentalement les choses dans les discussions internationales : les Etats-Unis se disent toujours pro-actifs et les chiffres de réduction des émissions sont toujours les mêmes. Mais l’échec serait symbolique…

Obama annonçait lundi 5 oct. avoir ordonné à toutes les agences fédérales de prévoir un plan d’atténuation de leurs émissions à l’horizon 2020. Cette mesure est également à caractère symbolique… mais on a de quoi s’inquiéter de symboles si faibles  à quelque semaines de Copenhague.

Bonnes nouvelles

  • Grande-Bretagne : un Forum des Economies Majeures (MEF) se tiendra en Grande-Bretagne le 18 et 19 octobre prochain. Ceci ajoute une occasion potentielle pour les leaders politiques d’approfondir leurs engagements et de faire des annonces.

Discussions à Bangkok

A lieu jusqu’à vendredi la conférence de Bangkok, sous l’égide de l’UNFCCC, qui apporte le cadre des négociations internationales sur le climat.

En regardant les vidéos des séances plénières des deux groupes de négociations (AWG-KP et AWG-LCA) -vendredi 2 oct, à la fin de la première semaine de discussion-, on constate que certains rapporteurs sont relativement optimistes car font état de progrès substantiels dans les discussions (voir le communiqué officiel de l’UNFCCC).

Cependant, ce relatif optimisme est largement compensé par les inquiétudes des nombres de parties : les plus pauvres rappellent qu’en l’Etat les discussions ne permettront pas d’aboutir à un accord à la hauteur des enjeux, la Chine et d’autres s’interrogent sur la volonté politique réelle…

Depuis la Chine a réaffirmé ses inquiétudes en accusant les pays industrialisés de chercher à démanteler le protocole de Kyoto (PK) et modifier les règles (le principe de responsabilité partagée mais différenciée, obligation légale internationale…), alors qu’ils devraient avancer sur les chiffres de l’atténuation. Rappelons que les Etats-Unis ne sont pas Partie au PK et qu’il est très probable qu’ils ne le ratifieront pas. Donc un accord international pour Copenhague ne pourrait avoir lieu dans le cadre du PK (mais plutot dans le cadre d’un autre protocole par exemple). La forme juridique de l’accord à venir est toujours en débat.

Malgré certaines avancées techniques, on reste sur le problème majeur de l’atténuation : les efforts des pays industrialisés ne permettraient pour l’instant qu’une atténuation de 11 à 18% de leurs émissions en 2020 apr rapport à 1990… alors que ce l’objectif de 2°C maximum requiert une atténuation de 25 à 40% (préférablement 40%). Toujours et encore le même problème.

Le Conseil d’Analyse Stratégique, dans sa dernière note sur le sujet -très intéressante-,  propose un scénario de sortie positive où les Etats-Unis accepteraient une atténuation de 23% en 2020 par rapport à 1990 (au lieu d’environ 4 à 5% dans le projet de loi actuel), grâce à l’utilisation de moyen de compensation internationaux.

Remarquons que cette solution n’est viable pour l’environnement qu’à condition que les atténuations effectuées à l’étranger par les pays développés (dont les PED) soient additionnelles d’une trajectoire d’émissions qui permette déjà une déviation des pays émergents par rapport à leur tendance actuelle (condition pour qu’on atteigne l’objectif du +2°C d’après le GIEC). Il faudrait donc que les pays émergents s’engagent sur une trajectoire ambitieuse… tout en sachant qu’ils devront faire encore plus (même si aidés par les pays développés). Mais les émergents refusent de se voir soumis à contrainte tant que les pays développés ne s’engagent pas davantage dans leurs réductions. Le serpent se mort la queue… Sans compter qu’il faut que les engagements internationaux soient validés par les instances internes du pays (problème majeure de l’administration d’Obama actuellement… alors même que le texte prévoit une atténuation de 4 à 5%, très loin des -23% requis).

Tant que ce point crucial de l’atténuation ne sera pas réglé, malgré des avancées sectorielles et importantes, aucun accord ne pourra être conclu. On est donc suspendu au groupe de travail sur cette question (dans le cadre de l’AWG-LCA, pour inclure les USA) ; vendredi, la question des chiffres détaillés n’avait toujours pas été posée sur la table.

Des analyses plus fines sur les résultats de Bangkok à venir (fin de semaine).
Article rédigé depuis le Mali.

En route vers Copenhague : suivi des positions (5)

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Voir les épisodes précédents : (1), (2), (3), (4), post sur la position de l’Afrique.

En résumé : Copenhague ? C’est foutu pour un accord global, préparons tout le monde à cela.

Malgré les appels à un succès à Copenhague de la part de quelques négociateurs de pays développés pro-actifs (tel celui de David Miliband), il faut commencer désormais à préparer l’opinion : Copenhague sera un échec. Ou plus exactement, ce ne sera pas un succès, c’est à dire un accord global permettant d’organiser l’action humaine sur les prochaines décennies. Des accords semi-satisfaisants sont encore possibles et restent de l’ordre du très probable : accords multilatéral pour repousser l’échéance des négociations, accords entre les volontaires, accords bilatéraux/multilatéraux..

Pour illustrer cette quasi-certitude, Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la convention des Nations unies sur les Changements Climatiques, a fait une annonce dans ce sens (dernière déclaration en date) : la réalisation d’un accord « complet » (« comprehensive » in english) n’est plus possible dans le temps qu’il reste pour négocier. Mais ce n’est pas « nécessaire » d’après lui… bien qu’il se soit battu depuis le début pour cela.

Parallèlement, Yvo de Boer appelle toujours à un leadership plus engagé de la part des pays industrialisés, se félicitant d’avancées grâce à l’alternance au Japon, à l’engagement de l’UE, aux discussions bilatérales de la Chine et des Etats-Unis. Yvo de Boer affirme qu’il n’y a pas assez d’argent mis sur la table par les pays développés en faveur des pays en développement.

Cette analyse d’une impossibilité d’avoir un accord global est partagée par la plupart des personnes qui sont engagées dans le suivi des négociations (j’ai eu l’occasion d’en discuter rapidement à l’IDDRI ou avec Pierre Radanne par exemple).

Faisons le point sur quelques éléments sur les positions des pays pour prendre la température du « moral international »…

  • Union européenne et pays membres

Alors qu’il se débattait su la taxe carbone interne, l’annonce par Nicolas Sarkozy de vouloir imposer une taxe aux frontières de l’UE sur les émissions de carbone des produits importés a jeté le froid dans la communauté internationale… Cela pourrait très bien bloquer les négociations, puisque ce serait un dispositif qui désavantageraient les pays émergents, alors que ceux-ci exigent toujours des engagements plus importants de la part des pays industrialisés -dont l’UE- afin de pouvoir atteindre l’objectif de « maximum +2°C ».

L’UE met la pression sur l’Afrique du Sud pour que la nation arc-en-ciel  les pays émergents à réduire leurs émissions… et s’inquiète de l’aboutissement de Copenhague.

L’UE a annoncé la semaine dernière qu’elle pourrait apporter 15 milliards d’Euros par an aux pays en développement. Cette offre est le premier élément chiffré dde soutien de la part de pays industrialisés. Mais cette annonce est loin de sembler suffisante (il n’y a qu’à voir les demandes de l’Afrique…), et elle est en recul par rapport au plan précédent (qui prévoyait 24 milliards par an), comme l’ont souligné WWF, Greenpeace ou Oxfam.

  • Etats-Unis

Les débats font toujours rage autours de la loi sur l’énergie. Le lobby énergétique (charbonnier principalement) offre des repas, des concerts gratuits afin de gagner l’opinion. Celle-ci reste globalement en faveur d’un système de cap and trade, mais ce n’est pas gagné…

Les avancées semblent faibles dans les discussions au Sénat et tout report de l’adoption de la loi pourrait être catastrophique pour les négociations internationales.

Todd Stern, en charge des négociations pour les Etats-Unis, a fait part des « difficultés » dans le cadre des négociations officielles, notamment par manque de temps.

Cependant, les Etats-Unis soignent leurs relations avec la Chine sur le dossier du climat, Nancy Pelosi déclarant que le monde avait beaucoup à apprendre sur le travail de Pékin concernant le climat (ce qui est sûrement vrai !).

  • Inde

L’Inde est un acteur absolument central des négociations… et continue de souffler le chaud et le froid.

Le gouvernement est prêt à s’engager sur des réductions volontaires, c’est à dire non obligatoires (ie. non sanctionnées en cas de non respect). M. Ramesh, Ministre de l’environnement, répète à l’envie : “we are proactive, constructive, we want a fair and equitable agreement in Copenhagen”. Il est vrai que l’Inde s’est doté de politiques domestiques très offensives, en termes d’énergies renouvelables par exemple. M. Ramesh évoque la possibilité d’une loi nationale afin d’organiser les politiques sectorielles. Mais le refus d’inscrire des obligations nationales dans des engagements internationaux est catégoriques. Ce qui fait dire à M. Ramesh que ce ne serait pas une catastrophe en cas d’échec à Copenhague…

M. Rasmussen, Premier Ministre Danois, a rencontré son homologue Indien (M. Sing) afin d’accentuer la pression diplomatique…

  • Chine

Le Premier Ministre Chinois appelle les Etats-Unis à prendre le leadership dans les négociations, tout en rappelant l’engagement du pays du soleil levant.

Encore et toujours, la Chine appelle les pays développés à se fixer des objectifs de réduction plus ambitieux.

  • Japon

Comme je l’écrivais dans un post précédent, l’alternance au Japon a donné un peu d’air aux négociations… mais insuffisamment pour tout débloquer.

  • Thailande

La Thailande refuse de se fixer des objectifs de réduction d’émission contraignants. Le pays souhaite une approche sectorielle des négociations.

  • Corée du Sud

Le Ministre de l’Environnement, M. Maanee Lee, a déclaré jeudi 10 septembre que Copenhague n’aboutira probablement à un accord, bien que les quatre plus grandes économies asiatiques joueront un rôle majeur de liaisons entre pays développés et en développement.

  • Nouvelle-Zélande

Le gouvernement néozélandais a annoncé une révision du système de permis d’émissions afin de diviser par deux son coût (par rapport au schéma élaboré par le précédent gouvernement dirigé par le Labour), tout en couvrant tous les secteurs et tous les gaz. La réduction des coûts passe par l’application d’une « phase de transition » lors de laquelle les réductions ne seront obligatoires qu’à 50% de ce qu’elles étaient au préalable, et avec un prix d’option fixe (achat de permis à un prix plafond). La réduction des coûts passe donc par une réduction des ambitions environnementales à court/moyen terme. L’objectif du gouvernement est de faire adopter le nouveau plan d’ici Copenhague.

  • Cuba

Cuba annonce son soutien aux positions défendues par les pays émergents (Chine, Inde), c’est à dire des objectifs de réductions de 40% des émissions des pays développés d’ici 2020 par rapport à 1990.

  • Brésil

Le Ministre de l’Environnement brésilien, M. Carlos Minc, a déclaré que les objectifs de réduction des Etats-Unis restent inacceptables et devraient se rapprocher de -20% en 2020 par rapport à 1990 (au lieu de -4%).

Le Ministre a également déclaré qu’il était modérément optimiste et qu’un accord ne serait pas facile.

Parallèlement, le Brésil a annoncé de nouvelle restrictions sur le secteur agricole afin de limiter la destruction de la fôret primaire.

  • Afrique du Sud

Le plan de lutte contre les émissions, annoncé par le gouvernement comme ne remettant pas en cause la croissance du pays,  fait débat et est critiqué par l’Alliance Démocratique.

  • Cameroun

Le Cameroun annonce attendre beaucoup de Copenhague

  • Aviation

L’Organisation Internationale de l’Aviation Civile veut croire en un accord sectoriel possible d’ici un mois (réunion à Montréal le 7-9 octobre).

Prochains RDV cruciaux : la réunion des Nations unies à New-York le 22 septembre ; le G20 de Pittsburg le 23 septembre.

Vers Copenhague : suivi des positions (4)

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Voir les épisodes précédents : (1), (2)(3).

  • Afrique. Lors d’une réunion qui se tiendra en Libye la semaine prochaine, les leaders africains se pencheront sur une position commune élaborée par l’Union Africaine qui demande au minimum 67 milliards de dollars par an (0.5% du PIB des pays industrialisés) afin d’aider à l’adaptation. Parallèlement les pays industrialisés devraient réduire leurs émissions de 40% en 2020 par rapport à 1990.

Voir également ici.

  • Inde et Chine. Toujours dans une position ferme sur la scène internationale, le ministre indien de l’environnement -Jairam Ramesh- lors d’une rencontre avec le leader chinois des négociations -Xie Zhenhua- a déclaré que l’Inde et la Chine ne sont pas des forces « négatives et obstructives », mais qu’elles souhaitent un accord international à Copenhague. Il a déclaré que les deux pays ont conscience de « faire partie de la solution » et qu’ils sauront « répondre très positivement » à tout changement de position de la part des pays industrialisés qui irait dans le sens des exigences de deux pays (revendication centrale : -40% d’émissions en 2020 par rapport à 1990).

Les deux pays discutent de savoir quand leurs émissions pourraient atteindre leur maximum.

Par ailleurs, l’Inde aurait besoin de 5 millards de $ par an entre 2012 et 2017, en plus de son plan d’investissement actuel, pour permettre une transition vers une économie décarbonée (étude de l’UNDP).

La Chine a commencé à travailler mardi dernier sur une résolution relative au climat qui pourrait accélérer l’action positive du gouvernement chinois. Bien que les termes soient très généraux pour l’instant, on peut espérer que ce sera l’occasion pour le Congrès National du Peuple de prendre en considération l’étude publiée il y a deux semaine (voir ici), indiquant que la Chine pourrait très bien voir ses émissions atteindre leur maximum en 2030.

  • Etats-Unis. La plus grande « organisation de business » demande à l’EPA (agence national pour l’environnement) de lancer un grande débat sur les fondements scientifiques concernant le changement climatique. Cette demande (qui pourrait donner lieu à un conflit devant les tribunaux) fait suite à la déclaration en Avril dernier par l’EPA que les gaz à effet de serre sont néfastes pour la santé et le bien-être publics.

Parallèlement, la mobilisation s’organise pour essayer de renforcer la loi sur le Climat, qui sera examinée prochainement par le Sénat américain. La pression internationale augmente également, avec les déclarations du ministre suédois de l’Environnement -Andrea Carlgren- qui souligne la nécessité que le Congrès valide la loi du le climat, afin de permettre l’avancée dans les négociations internationales.

  • France. Lors de la conférence annuelle des Ambassadeurs de France, Nicolas Sarkozy a rappelé l’importance d’une action forte des pays industrialisés pour permettre un accord à Copenhague (en nommant les Etats-Unis). Il a appelé à la création d’une Organisation Mondiale de l’Environnement. Sur la question énergétique, il s’est (encore et toujours) fait le chantre du nucléaire civil.
  • Suisse. La Suisse a annoncé mercredi son engagement à une réduction de 20% de ses émissions en 2020 par rapport à 2050 et à 30% en cas d’accord international. En gros : la Suisse s’aligne sur l’Union Européenne. Et encore une fois, on peut dire : peut mieux faire (l’objectif des pays industrialisés devrait être fixé entre 25 et 40% de réductions afin d’atteindre l’objectif de max +2°C).

Une solution toute hélvétique serait la mobilisation massive de l’opinion publique (qui peut exiger la réalisation d’un référendum avec 100 000 signatures).

Edit :

  • Japon. La victoire historique des démocrates au Japon est de bon augure pour la politique nippone sur le climat : voir le post sur le sujet. On attend maintenant les prises de décisions…